Direction le Wyoming

Publié 15/07/2016 par Morgane
Catégories : Polar

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Cette fin de semaine, j’avais décidé de m’isoler dans le bois ! Bon, pas totalement sauvage non plus, quoique… j’ai passé quelques heures avec les tamias pour seuls compagnons dans ma marche solitaire.

Et bien sûr, il me fallait de la lecture pour la soirée. Comme d’habitude, avant chaque départ, question suprême : quel livre se prêtera le mieux à l’humeur du voyage ?

Réponse facile dans ce cas-là, je venais de recevoir le dernier Craig Johnson ! Des étendues du Wyoming aux arbres du Parc national de la Mauricie, il n’y a qu’un pas, enfin presque.

À vol d'oiseauWalt Longmire n’est pas au travail. Et il préférerait probablement y être ! Parce que trouver un lieu idéal dans la réserve pour le mariage de sa fille Cady n’est pas chose aisée. Alors qu’il cherche l’endroit parfait avec son meilleur ami Henry Standing Bear, il assiste à un étrange suicide d’une mère portant son bébé. L’affaire dépend de la police tribale, mais la nouvelle chef est très jeune et pourrait bénéficier de l’expérience de Walt. Le voilà donc embarqué dans une enquête, qui, comme d’habitude, le dépasse, mais qu’il sera assez buté pour mener jusqu’au bout.

À vol d’oiseau n’est peut-être pas le meilleur de la série Longmire. Mais quand on aime, on pardonne tout ou presque ! Les faiblesses d’abord, comme une intrigue un peu légère peut-être avec cette jeune femme à l’apparent suicide, qui se révèle bien sûr un meurtre déguisé. Les enquêteurs se promènent de suspect en suspect, mais leur avancée ne m’a pas convaincue. Et puis il y a tous ces personnages absents et qui m’ont manqué : Vic (partie suivre un séminaire de relations publiques !), Ruby, les adjoints, Cady et tous les autres. Mais bon, c’est de la fidélité à outrance.

J’ai retrouvé quand même dans cet opus ce que j’apprécie de Craig Johnson. En premier lieu, l’humour, à la fois noir et décalé, surtout dans les dialogues, qui fait qu’on sourit, même en étant seule dans un bistrot de Mauricie, en se retenant un peu pour ne pas avoir l’air bizarre.

J’aime aussi toujours autant cette manière qu’il a d’alterner légèreté et moments plus dramatiques ou presque poétiques ; sa description de la vision de Walt après qu’il a consommé du peyotl par exemple ou encore la vigie de Chien auprès du bébé blessé. Enfin, ses romans font chaque fois un portrait très humain d’une population, d’une manière de vivre, marquée par les éléments et la nature du Wyoming. On se retrouve entre traditions et modernité, où le diable bat sa femme lorsqu’il va pleuvoir, où certaines voitures n’ont ni clés ni marche avant, mais où la famille passe avant tout, surtout quand on marie sa fille.

Donc en résumé, pas le meilleur Craig Johnson, mais on prend toujours plaisir à retrouver Walt Longmire et sa bande et, avec eux, les grands espaces américains.

Craig Johnson, À vol d’oiseau, Gallmeister, 2016 (As the Crow Flies, 2012) traduit de l’anglais par Sophie Aslanides.

Une traversée des États-Unis

Publié 20/06/2016 par Morgane
Catégories : C'est du noir

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Il y a des livres qu’on lit un peu par hasard, parce que quelqu’un nous en a parlé, mais en termes plutôt vagues. C’est ce qui s’est passé avec Dodgers de Bill Beverly publié au Seuil. Le titre ne me disait rien (désolée, je ne suis pas une amatrice de baseball !), je n’aurai donc pas pris la peine d’ouvrir le livre. Ce qui aurait été dommage pour moi.

DodgersOn y découvre East, 15 ans. On est loin de l’adolescence habituelle, pas d’école, de filles, de problème avec les parents. East n’a que sa mère, avec qui il ne vit plus de toute façon. Il bosse pour son oncle, et il a une équipe à ses ordres. Leur boulot ? Surveiller une maison où on vend de la drogue, s’assurer que les flics sont loin, faire le guet. Ils sont bons, mais pas assez ; descente de police, arrestations ; East sait qu’il doit se racheter.

Sa prochaine mission est claire : avec trois autres jeunes, ils doivent rouler jusque dans le Wisconsin pour tuer un juge, témoin gênant dans une affaire contre Fin, leur boss.

La situation aurait de quoi faire rire : trois gamins noirs et un étudiant blanc habillés de t-shirts des Dodgers pour passer inaperçus, conduisant un monospace familial pour un road trip à travers les États-Unis. Mais le sourire est crispé, car les personnalités pourraient être conflictuelles et le voyage va être long.

On suit donc ce jeune, dans sa volonté de bien faire son travail, de gérer cette équipe de bric et de broc ; entre un blanc dealer à l’université, un petit gros plus futé qu’il ne le paraît et le frère d’East, Ty, treize ans et passablement tordu. East sait qu’il ne peut pas lui faire confiance, que tout peut déraper en quelques secondes. Leurs papiers sont faux et ils ne sont même pas armés. Chaque étape les rapproche d’un but qu’ils ne comprennent pas vraiment.

Et les occasions de dérapages seront nombreuses entre Los Angeles et les Grands Lacs. Surtout quand on pense que ces jeunes ne sont jamais vraiment sortis de leur ghetto. Première neige, première campagne, premier désert, première fois qu’ils sont les seuls noirs du coin. Dans l’avancée du voyage, East se rend compte que les autres en savent plus que lui et que le but de l’équipée n’est peut-être pas ce qu’on a bien voulu lui dire.

C’est aussi l’occasion pour lui de mûrir, de devenir adulte en quelque sorte, même si on se dit que ses quinze ans l’ont plus fait grandir que n’importe lequel d’entre nous.

Ce roman est donc un voyage : à travers les États-Unis, d’État en État ; dans la mécanique d’un gang quand ses membres les plus influents sont arrêtés ; dans une famille dysfonctionnelle avec la relation entre Ty et son frère ; et surtout dans la vie de ce jeune, East, dans son parcours vers, peut-être, une certaine liberté.

Et ce qui est particulièrement intéressant dans le roman de Bill Beverly, c’est justement le manque de réponses à toutes ses questions. Il nous montre le trajet sans vraiment nous donner ni le départ, ni l’arrivée, ni les détours d’ailleurs. Cela pourrait être frustrant et c’est en fait bien mieux comme ça, tout est ouvert, même si on a tous les éléments pour trouver les solutions. À nous de voir.

Tout cela en ferait un roman noir parfait, si ce n’était de la traduction, décidément trop française. J’essaye d’être tolérante et en général de me laisser porter par l’histoire, mais sur ce livre-là, cela m’a souvent heurtée, surtout quand il était évident que le texte en français n’avait aucun rapport avec l’original.

Dommage, donc, car il s’agit au-delà de cela d’un roman noir particulièrement chouette et on se laisse embarquer dans les rebondissements et les arrêts dans ce road trip aux allures de dernier voyage !

Bill Beverly, Dodgers, Seuil, 2016 (Dodgers, 2016) traduit de l’anglais par Samuel Todd.

Les lectures de mes Printemps

Publié 15/06/2016 par Morgane
Catégories : Polar

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J’ai lu ce livre il y a quelques semaines déjà. Juste avant les Printemps meurtriers en fait, puisque je savais que j’allais y croiser l’auteur, le recevoir à la radio, lui poser des questions et que je voulais avoir l’intrigue en tête. Seul hic, ma mémoire étant celle d’un poisson rouge légèrement Alzheimer, lorsqu’arrive le temps d’écrire cet article, cela complique un peu ma tâche.

Loup peintPar contre, j’avais quand même envie de parler du nouveau livre de Jacques Saussey, Le loup peint. Alors, je replonge dans quelques pages et je me lance. Cette fois-ci, pas de Lisa Heslin ou de Daniel Magne, les héros récurrents de l’auteur français. On découvre ici Vincent Galtier, un vétérinaire de campagne, près d’Auxerre. Sur le chemin de la maison, après avoir rendu visite à sa maîtresse, il se fait tirer dessus. Il arrive à s’échapper, mais ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers. Sa femme a été assassinée, son assistant aussi et il est le principal suspect de l’équipe de policiers particulièrement incompétente qui enquête.

En parallèle, on lit le parcours de celle par qui tout arrive. Le portrait d’une fille sûre d’elle, prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut, quitte à laisser quelques victimes sur son chemin.

Le loup peint joue sur plusieurs tableaux. On y suit la fuite éperdue de Vincent Galtier, puis celle, beaucoup plus calculée de Sophie. Le rythme s’accélère et on se demande qui sera capable d’arrêter cette femme vindicative. Mais il s’agit aussi d’un roman beaucoup plus politique, puisque Jacques Saussey utilise son histoire pour traiter de terrorisme et d’arme bactériologique. Et puis, il y a cette équipe de flics, bien différente de ses héros habituels, pas particulièrement efficace, ni astucieuse. Ce qui nous change un peu, avouons-le. Un polar multiple, qui ne m’a pas tout à fait permis d’oublier Lisa et Daniel (que voulez-vous, j’aime les héros récurrents !), mais qui se laisse dévorer, comme tout bon thriller. Et si vous avez envie d’en savoir un peu plus sur l’auteur, allez donc lire l’entrevue qu’il m’a accordée pour la revue Les libraires. En plus, j’aime beaucoup le titre (je peux le dire, il n’est pas de moi !).

RinzenEt puisqu’on parle des Printemps meurtriers, pourquoi ne pas discuter du petit dernier de sa fondatrice, Johanne Seymour, Rinzen et l’homme perdu ? Fini les Cantons-de-l’Est, on retourne à Montréal avec deux enquêteurs du bureau des crimes majeurs. Rien ne les réunit. Luc Paradis est célibataire, il passe ses nuits en quête de rencontres faciles dans le quartier gay, quand il n’est pas en train de taper sur un sac de boxe. Rinzen Gyatso, elle, ne ressemble à personne. Née au Québec de parents tibétains ayant fui les exactions chinoises, elle vit encore avec eux et son fils. Alors que Luc réagit vite et dans l’émotion, Rinzen, la bouddhiste, observe le monde pour mieux l’expliquer.

Ils sont chargés de découvrir qui a assassiné un vieux prêtre à la retraite. Alors que les victimes se succèdent sans rapport évident entre elles, ils devront travailler en équipe avec leur supérieur et utiliser les forces de chacun afin de comprendre les motifs du coupable.

J’ai rencontré avec grand plaisir les nouveaux personnages de Johanne Seymour. Le changement est radical par rapport à sa Kate McDougall et cela donne un tournant intéressant. Rinzen n’est pas alcoolique ni torturée (Luc suffit pour les problèmes), elle est au contraire l’équilibre parfait, même si elle se demande parfois comment faire cohabiter sa culture québécoise et celle tibétaine de ses parents. C’est d’ailleurs la particularité de ce roman de nous montrer le visage multiculturel de Montréal, avec une réflexion sur comment s’intégrer sans oublier son lieu d’origine. Quant à Luc, il est facile de s’y attacher et de vouloir que les choses s’arrangent pour cet homme qu’on sent marqué par un drame. Mais c’est peut-être mon cœur tendre qui parle !

Le coupable se dessine au fil des pages et on devine peu à peu sa personnalité et ses démons, puisque Johanne Seymour a décidé de nous faire suivre à la fois le point de vie de l’enquêteur et celui d’un homme qu’on ne connaît pas et qui observe. Ce qui nous permet de mieux comprendre la progression du récit, mais également d’être embarqué dans une course vers la vérité, qui nous oblige à accélérer notre lecture, chapitre après chapitre.

Avec une fin qui laisse présager, enfin, je l’espère, un retour probable de Rinzen et Luc.

Jacques Saussey, Le loup peint, Toucan, 2016.

Johanne Seymour, Rinzen et l’homme perdu, Libre expression, 2016.

 

Un été en librairie sous le signe du polar !

Publié 09/06/2016 par Morgane
Catégories : News

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Avec mes collègues de la librairie Monet, nous avons décidé qu’il n’y avait rien de mieux que l’été pour mettre en avant le roman policier. Pour les trois mois à venir, nous avons donc préparé une salle entièrement consacrée au genre qui, je l’espère, satisfera même les lecteurs les plus exigeants. Vous trouverez une large sélection de romans, et surtout, nous avons décidé d’inclure tous les styles puisque le polar jeunesse est bien présent ainsi que la bande dessinée.

Donc, Montréalais et visiteurs, n’hésitez pas à venir nous voir d’ici la fin du mois d’août, nous serons là pour vous conseiller et si je suis là, cela me fera très plaisir de discuter polars avec vous!

En plus, même si je vous préviens un peu tard, nous avons aussi des événements !

Le premier se déroulera dès ce soir sur le thème du lieu dans les romans en compagnie de trois auteurs, il y en aura par la suite pour tous les goûts et tous les âges.

Voici le programme ! On s’y voit?

Programmation Monet polar

Les prix Tenebris

Publié 08/06/2016 par Morgane
Catégories : News

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Et voilà, encore un long silence ! Pourtant, les mots s’accumulent sur mon ordinateur. C’est simplement qu’ils sont publiés ailleurs. Surveillez donc les prochains numéros de la revue Les libraires et d’Alibis et vous verrez ce que j’ai rapporté des Printemps meurtriers de Knowlton.

En attendant, et très en retard, il était temps que je communique les vainqueurs des prix qui ont été remis cette fin de semaine là pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore.

Heure sans ombreLe premier à avoir été annoncé était une primeur qui a surpris le public présent au souper : le prix du meilleur roman policier québécois. Cette nouvelle distinction permettra chaque année au jury de récompenser un livre d’ici dans cette sélection internationale. Celui-ci est allé à Benoit Bouthillette pour L’heure sans ombre chez Druide. L’auteur était visiblement ravi et très ému et vous devez vous douter de ma joie, puisque ce roman a été un énorme coup de cœur pour moi l’an dernier.

Il y a eu ensuite le prix du meilleur vendeur québécois. Il est calculé selon le système Gaspard qui recense les ventes de la plupart des librairies. Ayant été remis tout d’abord à Chrystine Brouillet pour 6 minutes chez Druide, un deuxième lauréat a été récompensé après une reclassification, Faims de Patrick Senécal, chez Alire. C’est donc un duo de gagnants cette année.

Le prix Coup de cœur était également une nouveauté de 2016. Ce prix est une manière pour le jury de laisser parler leur impression de lecteur et de présenter un titre qui leur a plu parmi la sélection. Patrick Senécal est reparti avec un deuxième prix pour Faim.

Et enfin, bien sûr, c’était la remise du Tenebris, qui récompense le meilleur roman policier de langue française distribué au Québec. Je rappelle que les 5 finalistes étaient :

Affaire Myosotis

Du sang sur ses lèvres, Isabelle Gagnon, Héliotrope

L’affaire Myosotis, Luc Chartrand, Québec-Amérique

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel

La pieuvre, Jacques Saussey, éditions du Toucan

Faims, Patrick Senécal, Alire

Et le gagnant est L’affaire Myosotis. Ce roman cumule les récompenses puisque Luc Chartrand avait déjà reçu le prix Saint-Pacôme à l’automne dernier et qu’il a remporté depuis le prix Arthur Ellis. Et dire que je ne l’ai même pas encore lu, il serait temps que je me rattrape.

Cette soirée marquait la fin d’un festival riche en rencontres. Une belle manière de fêter le polar d’ici et d’ailleurs.

En attendant les Printemps

Publié 17/05/2016 par Morgane
Catégories : Entrevues et médias

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Plus que quatre jours avant les Printemps meurtriers de Knowlton et nous sommes quelques-uns à attendre la fin de semaine avec impatience. Mais il y a des petits plaisirs avant le grand jour.

Par exemple, retourner à Mission encre noire le temps d’une émission pour parler à Jacques Saussey en compagnie d’Éric.

Bon, nous ne l’avons pas eu directement en studio, l’auteur français aime le Québec et il profite de son séjour pour se balader dans la province. Mais cela ne l’a pas empêché de répondre à nos questions par téléphone.

Si vous voulez en savoir plus sur son dernier roman Le loup peint, son écriture, ses liens avec les autres auteurs et son prochain week-end à Knowlton, à vos balados !

mission encre noire mini

Afrique du Sud ou Montréal en 1893?

Publié 25/04/2016 par Morgane
Catégories : Polar

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Je continue sur ma lancée de rattrapage. Quelles ont été mes lectures des dernières semaines (voire derniers mois) qui méritent que j’en parle ? Ou plutôt qu’est-ce que je pourrais vous conseiller si vous avez envie de polar ?

En vrilleCommençons par un voyage en Afrique du Sud avec Deon Meyer. Benny Griessel est de retour dans En vrille, mais il n’est pas au meilleur de sa forme. Un de ses collègues vient de se suicider, Benny le vit mal et dans ces cas-là, l’alcool lui semble un très bon moyen pour oublier. Ce n’est pourtant pas le moment puisque les Hawks, l’unité spéciale de la police à laquelle il appartient, sont chargés d’une enquête qui promet de faire du bruit. L’homme assassiné s’appelle Ernst Richter, il était à la tête d’un site internet qui fournit de faux alibis aux conjoints adultères. Cela donne beaucoup de suspects avec des raisons de se venger. Très vite apparaissent aussi des irrégularités dans les comptes et la manière dont ce jeune entrepreneur avait réuni l’argent pour créer sa compagnie. Il faudra à l’équipe des Hawks beaucoup de travail pour se faire une idée des véritables raisons du meurtre et ils auront besoin de Benny.

En parallèle, un viticulteur, François du Toit, déroule sa vie devant une avocate.

Comme d’habitude, le talent indéniable de Deon Meyer se niche dans sa manière de raconter deux histoires en même temps, sans nous donner la moindre idée de comment elles se réuniront. On suppose bien entendu, on se dit, c’est évident, même facile. Mais non, ce n’est jamais tout à fait ce qu’on avait imaginé.

Et puis, il dessine par touches l’Afrique du Sud, un pays à la fois ultra moderne, où les start-ups technologiques se multiplient, mais où les questions de couleur de peau et de castes sont toujours aussi présentes. C’est également la description des grands vignobles sud-africains et des familles qui les possèdent.

Finalement, il y a Benny, ce flic compliqué qui se débat avec le démon de l’alcool, en perdant régulièrement le combat. J’ai apprécié la place qu’occupait cette fois-ci son adjoint Cupido, sortant un peu du rôle simpliste qu’on lui donnait, il prend de la matière et cela le rend beaucoup plus intéressant.

En résumé, Deon Meyer est comme toujours une valeur sûre qu’on retrouve avec plaisir.

Un deuxième conseil ? Benjamin d’Hervé Gagnon. Rien à voir bien sûr, mais il faut de la diversité dans nos lectures.

BenjaminC’est le retour de notre journaliste montréalais, Joseph Laflamme. Il s’ennuie, court après l’affaire qui le remettra à la une. Nous sommes en 1893. Dans le château de Ramezay en ruine, on découvre le corps d’un homme. Que faisait-il là en pleine nuit à chercher quelque chose et l’a-t-il trouvé ? Ce sont les questions auxquelles doit répondre l’inspecteur Arcand. Il demandera l’aide de Joseph, trop heureux de pouvoir faire ses preuves à son nouvel employeur, le journal La Patrie. D’indice en indice, la situation va se complexifier avec l’apparition de groupes qui agissent dans l’ombre et d’agents de l’État qui ne veulent rien dire. The plot thickens, comme on dit en anglais.

On retrouve la formule qui plaît tant aux lecteurs d’Hervé Gagnon ; il prend un fait historique établi et installe autour une intrigue policière avec ses héros récurrents. Et cela fonctionne toujours aussi bien. Le récit est effectivement passionnant et on se demande jusqu’au bout quel secret national peut bien se cacher à Montréal.

Mais je prends surtout plaisir à retrouver les personnages qu’il a créés : Joseph Laflamme, le journaliste un peu trop porté sur l’alcool (polar et alcoolisme, on n’en sort pas), sa sœur Emma, sa fiancée Mary et l’anglais George McCreary, ancien de Scotland Yard qui l’aide dans ses aventures. Les deux femmes sont d’ailleurs moins présentes dans ce volume, ce que je regrette un peu puisque je les aime bien.

Mais le tout est très solide, comme d’habitude, et les enquêtes de Joseph Laflamme font partie de ces polars historiques qu’on retrouve avec plaisir à chaque volume.

Envie d’autres suggestions ? Stay tuned, cela viendra bientôt.

Deon Meyer, En vrille, Seuil, 2015 (Ikarus, 2015) traduit de l’afrikaans par Georges Lory.

Hervé Gagnon, Benjamin, Libre expression, 2016.


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