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Rentrée des classes et prix Saint-Pacôme

23/08/2017

C’est la rentrée des classes ! La mienne du moins. Il était temps, je m’ennuyais du clavier sans m’y mettre pour autant. Ah, procrastination, quand tu nous tiens !

Et puis, il y a aussi le fait que la libraire ne l’est plus, libraire ! Ce qui me donnera d’autant plus envie de partager mes lectures puisque j’aurai moins l’occasion de le faire tous les jours. Mais je ne quitte pas le monde du livre et on risque de me croiser dans les salons, principalement de l’autre côté de l’océan pour discuter de littérature québécoise (et de polar, of course !) avec les lecteurs européens.

Donc, voilà, nouvelle vie ! Mais assez sur moi, parlons bien, parlons noir.

On connaît depuis quelques jours les finalistes du Prix Saint-Pacôme. Il s’agit de :

– Frères d’infortune, Marie-Ève Bourassa, VLB.

– Où le soleil s’éteint, Jacques Côté, Alire.

– L’autre reflet, Patrick Senécal, Alire.

Je ne peux pas juger, je n’ai lu que le roman de Marie-Ève Bourassa, que j’avais beaucoup aimé d’ailleurs. Et vous ?

Aura également lieu la remise du prix Saint-Pacôme international décerné par les libraires du Québec. Les trois finalistes 2017 sont :

– Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly, Seuil.

– Quand sort la recluse, Fred Vargas, Flammarion.

– Cartel, Don Winslow, Seuil.

Puisque je ne fais plus partie du jury, je peux ouvertement avouer que mon cœur balance pour Cartel de Don Winslow, qui a été une de mes claques de l’année. Mais je suis certaine que mes anciens collègues choisiront bien !

Le gala de Saint-Pacôme est aussi l’occasion d’autres prix, comme le prix Saint-Pacôme jeunesse, le Prix Jacques-Meyer du premier polar (que Marie-Ève Bourassa avait déjà reçu), ainsi que des prix de nouvelles.

Enfin, on y remet le prix Coup de cœur des amis du polar. La nouveauté cette année (qui, d’ailleurs m’avait échappé) est que le public peut voter en ligne. Vous avez jusqu’au 15 septembre pour participer. Il vous suffit d’aller sur le site.

Les lauréats seront comme d’habitude annoncés lors du gala qui aura lieu le 7 octobre. En attendant ? Lisons donc ces polars québécois !

Et pour ceux qui auraient envie d’aller promener dans le bas du fleuve, la fin de semaine polar commencera dès le vendredi soir avec une conférence, puis un salon du livre en journée le samedi avec des animations. Surveillez la page Facebook de la Société du roman policier de Saint-Pacôme !

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Les prix Tenebris

08/06/2016

Et voilà, encore un long silence ! Pourtant, les mots s’accumulent sur mon ordinateur. C’est simplement qu’ils sont publiés ailleurs. Surveillez donc les prochains numéros de la revue Les libraires et d’Alibis et vous verrez ce que j’ai rapporté des Printemps meurtriers de Knowlton.

En attendant, et très en retard, il était temps que je communique les vainqueurs des prix qui ont été remis cette fin de semaine là pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore.

Heure sans ombreLe premier à avoir été annoncé était une primeur qui a surpris le public présent au souper : le prix du meilleur roman policier québécois. Cette nouvelle distinction permettra chaque année au jury de récompenser un livre d’ici dans cette sélection internationale. Celui-ci est allé à Benoit Bouthillette pour L’heure sans ombre chez Druide. L’auteur était visiblement ravi et très ému et vous devez vous douter de ma joie, puisque ce roman a été un énorme coup de cœur pour moi l’an dernier.

Il y a eu ensuite le prix du meilleur vendeur québécois. Il est calculé selon le système Gaspard qui recense les ventes de la plupart des librairies. Ayant été remis tout d’abord à Chrystine Brouillet pour 6 minutes chez Druide, un deuxième lauréat a été récompensé après une reclassification, Faims de Patrick Senécal, chez Alire. C’est donc un duo de gagnants cette année.

Le prix Coup de cœur était également une nouveauté de 2016. Ce prix est une manière pour le jury de laisser parler leur impression de lecteur et de présenter un titre qui leur a plu parmi la sélection. Patrick Senécal est reparti avec un deuxième prix pour Faim.

Et enfin, bien sûr, c’était la remise du Tenebris, qui récompense le meilleur roman policier de langue française distribué au Québec. Je rappelle que les 5 finalistes étaient :

Affaire Myosotis

Du sang sur ses lèvres, Isabelle Gagnon, Héliotrope

L’affaire Myosotis, Luc Chartrand, Québec-Amérique

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel

La pieuvre, Jacques Saussey, éditions du Toucan

Faims, Patrick Senécal, Alire

Et le gagnant est L’affaire Myosotis. Ce roman cumule les récompenses puisque Luc Chartrand avait déjà reçu le prix Saint-Pacôme à l’automne dernier et qu’il a remporté depuis le prix Arthur Ellis. Et dire que je ne l’ai même pas encore lu, il serait temps que je me rattrape.

Cette soirée marquait la fin d’un festival riche en rencontres. Une belle manière de fêter le polar d’ici et d’ailleurs.

Les Printemps meurtriers, des prix et des finalistes

21/04/2016

Après la découverte du programme et des invités des Printemps meurtriers, c’est le moment de l’annonce des finalistes du Tenebris. Il s’agit du prix remis à la fin du festival, qui récompense le meilleur roman de littérature policière en langue française distribué au Québec (c’est un peu long, on va juste dire Tenebris !).

Cette année, les cinq livres en lice sont :

Du sang sur ses lèvres, Isabelle Gagnon, Héliotrope

L’affaire Myosotis, Luc Chartrand, Québec-Amérique

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel

La pieuvre, Jacques Saussey, éditions du Toucan

Faims, Patrick Senécal, Alire

Le prix est assorti d’une bourse de 1500 dollars, ce qui n’est pas négligeable pour les auteurs. De mon côté, j’en connais trois sur les cinq. À mes lectures, donc, si je veux me faire un avis complet.

Cette année verra aussi une nouveauté : le prix spécial du jury, qui sera donné à un polar québécois ayant retenu l’attention des jurés par sa qualité.

Et enfin, on remettra comme chaque fois le prix du meilleur vendeur québécois.

Toutes ces réponses, le dimanche 22 mai à la soirée de clôture du festival. Je me ferai un plaisir d’y être pour vous annoncer les gagnants !

La librairie, lieu de crimes ?

31/03/2014

C’est lundi soir et je suis très fatiguée et ravie en même temps. Parce que ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance d’interviewer à la fois un ami et des auteurs que j’aime. Il y avait comme une certaine nervosité de ma part, pourvu que je sois à la hauteur. Heureusement, je n’étais pas seule, Éric était là aussi.

Nous faisions donc une émission spéciale d’une heure de Mission encre noire en compagnie de Martin Michaud, Patrick Senécal et Richard Migneault pour souligner la parution du livre Crimes à la librairie aux Éditions Druide.

Pour les écouter parler du projet en lui-même, de leurs nouvelles respectives et du monde du polar québécois, l’émission est déjà en ligne et en baladodiffusion sur le site de Choq.ca.

J’ai même eu droit à une info hors ondes que les lecteurs français apprécieront (maman, tu peux aller demander à ton libraire sous peu), les romans de Martin Michaud seront bientôt disponibles de l’autre côté de l’Atlantique aux éditions Kennes.

Crimes_a_la_librairieJe voulais quand même en dire un peu plus sur le recueil en question sur Carnets Noirs. Tout est parti de l’envie de Richard Migneault, du blog Polar, noir et blanc, de mieux faire connaître le polar d’ici. Il a donc contacté des auteurs et un éditeur, et 18 mois plus tard, sort le fameux livre aux Éditions Druide. Crimes à la librairie regroupe 16 écrivains autour d’un même thème, qui, je pense, a dû demander beaucoup d’imagination. Comment créer des histoires de crimes dans un lieu si tranquille ? Ils ne savent probablement pas tout ce qui se passe dans la tête d’une libraire passionnée de polar !

Cela donne 16 nouvelles, toutes très différentes, qui vous permettront de retrouver des auteurs très connus et d’autres que vous découvrirez peut-être, mais avec grand plaisir. Le très bon côté de l’ouvrage, c’est qu’il y en a pour tous les goûts : horreur, avec une pointe de fantastique, enquête, noir, humour noir, plus engagé ou pas, demandez et vous serez servis !

Bon, la difficulté maintenant, donner mon avis personnel alors que Richard est mon collègue blogueur et que j’ai l’immense honneur d’avoir mon nom dans les remerciements. En même temps, pas si ardu que ça puisque j’ai aimé toutes les nouvelles. J’en ai bien sûr des favorites, je suis humaine après tout, mais je suis sûre que chaque lecteur y trouvera les siennes. En vrac et dans le désordre :

Ma préférée, s’il en faut une ? Celle de Benoit Bouthillette, Le psaume du psoque, parce que je l’ai trouvé brillante. L’histoire est intelligente, l’écriture aussi, les références sur le polar très chouettes et la réflexion sur la littérature faite avec humour. J’y ai en plus découvert son héros que je ne connaissais pas et que j’ai apprécié immédiatement. Mon coup de cœur, quoi !

En parlant de héros, j’espère bien qu’on reverra passer celle de Geneviève Lefebvre. Elle est différente de ce qu’on lit d’habitude dans le polar québécois et elle ouvre de nombreuses possibilités. Et puis, je ne peux pas dire la fin, mais j’ai beaucoup aimé sa résolution.

Et sinon, il y a bien sûr Martin Michaud qui nous replonge dans l’Amérique. Il joue du thème en trichant presque, mais il s’en sort tellement bien qu’on s’en moque. Vous trouverez dans le recueil des nouvelles qui se concentrent plus sur le milieu littéraire et de la librairie, qu’il n’est pas si difficile de reconnaître ou du moins imaginer; c’est le cas avec Robert Soulières, Jacques Côté et Florence Meney. Johanne Seymour nous étonne jusqu’à la dernière ligne dans sa nouvelle qui nous parle plutôt de la littérature et qui mettra en joie certains lecteurs. Après avoir lu les textes de Richard Ste-Marie, Martine Latulippe et André Jacques, vous vous demanderez ce qui peut bien se passer dans les murs d’une librairie (petite mention spéciale pour celle de Richard Ste-Marie que j’ai vraiment apprécié). Chrystine Brouillet garde Maud Graham pour une enquête dans les livres. Patrick Senécal et Ariane Gélinas vous amèneront sur le chemin du glauque et de l’horreur tandis que Mario Bolduc nous transporte en Croatie dans sa nouvelle Mon combat, un texte avec beaucoup d’humanité sur les sentiments d’un père (une de mes favorites aussi). Camille Bouchard fera plaisir à ceux qui aiment l’humour noir comme moi. Quant à Sylvain Meunier, il met en scène un meurtrier et des victimes que les acteurs du milieu du livre québécois connaissent bien.

On pourrait craindre la répétition. Ce n’est pas le cas, les seize auteurs ont tous trouvé des manières originales d’utiliser le thème pour le mettre à leur style et leur ton. Certains en ont profité pour nous faire sentir leur affection pour leurs librairies, peuplés de gens passionnés et pas des marchands du temple et je suis sûre que tous mes collègues apprécieront. Beaucoup se retrouvent pour parler du pouvoir des mots et de ce qu’ils peuvent provoquer. Une librairie, ce n’est pas seulement des murs, c’est beaucoup de contenu aussi.

Le but de Richard Migneault était de réunir dans un livre certains des auteurs d’ici pour qu’on les connaisse mieux. Mission réussie ! Je suis sûre que cela aidera au Québec, pour permettre de montrer des écrivains que l’on voit moins souvent, mais aussi en France, parce qu’il n’y a pas de raison que notre polar ne perce pas là-bas !

On sent mon enthousiasme ? J’espère bien ! Parce que je ne suis pas normalement une lectrice de nouvelles, mais là, les seize auteurs et leur directeur littéraire ont réussi à m’amener dans seize univers très différents, mais tous aussi prenants. Et je ne dis même pas ça par crainte qu’ils me tuent dans un prochain volume. Et puis, allez donc voir par vous-même si vous pensez que j’exagère !

Pour me faire plaisir, un petit bout de Benoit Bouthillette : « Mais le millénaire a culminé avec Millenium, et le récit policier est devenu extension téléscriptée de CSI. Un divertissement. Les scénaristes se sont approprié le genre et Jack Taylor a cessé de boire. »

Ouf, heureusement, ce n’est pas tout à fait vrai encore, les auteurs de ce recueil le prouvent.

Dirigé par Richard Migneault, Crimes à la librairie, Éditions Druide, 2014.