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Complots à Québec

13/08/2009

Homme trafiqueDepuis que je me suis installée à Montréal, je ne m’étais pas encore attaquée au polar québécois. J’y avais fait quelques timides incursions dont je ne parlerais pas ici car elles avaient été plutôt décevantes. Cela m’avait refroidie et j’en étais restée là en me promettant d’y revenir voir un jour. Un été pluvieux et un collègue prêteur (un autre que pour le Philip Kerr, les libraires sont généreux de leurs lectures) m’offrent l’occasion de me lancer. Jean-Jacques Pelletier est ici une valeur sûre, ses lecteurs attendent avec impatience la sortie de son nouveau volume repoussé chaque année mais qui s’annonce enfin pour l’automne. Il me faisait un peu peur avec ses six ou sept titres mais il ne sera pas dit que je suis frileuse!  Et heureusement car j’ai lu avec plaisir les deux premiers volumes qui mettent en place cette saga qui se poursuit par Blunt. Les treize jours puis la tétralogie des Gestionnaires de l’Apocalypse.

L’homme trafiqué nous raconte l’histoire de Karl Adamas Thornburn, lexicographe (celui qui écrit des dictionnaires) et spécialiste en diamant. Quand les ennuis commencent à arriver sous forme de chien empoisonné et de corps dans sa cave, il se doute que cela a un lien avec son passé. Seul problème, il ne s’en souvient pas, amnésie partielle de quelques années de sa vie. Il va se lancer dans l’enquête pour se défendre mais aussi mieux se comprendre. L’homme trafiqué car rien de ce qu’il vit n’est peut-être réel. Jusqu’à quel point est-il manipulé en coulisse par cet homme que l’on ne voit pas surnommé le Rabbin? Pour qui travaillait-il vraiment et que lui est-il arrivé de si traumatisant pour que son esprit l’occulte?
Femme trop tardLe deuxième volume, La femme trop tard, reprend dans la même veine avec d’autres personnages. On y retrouve toutefois F, la femme de l’ombre, qui avait été présentée dans L’homme trafiqué et qui sera le pilier central de toute sa série. Claudia voit son amant assassiné sous ses yeux et tout change pour elle. Poursuivie, harcelée, elle décide prendre les devants et de se défendre. Là aussi on se demande: vers qui peut-elle se tourner? Qui sont ses alliés et qui se sert d ‘elle?

Jean-Jacques Pelletier installe avec facilité un univers de complots internationaux et de groupes terroristes. A la fois réaliste sans s’éloigner de la fiction, il nous promène entre agences adverses prêtes à tout pour arriver à leurs fins. Bien plus espionnage que polar, il résiste à la facilité du stéréotype de l’agent secret et du gadget en tout genre.
Il y a bien sûr, à mon avis, quelques maladresses (est-ce que j’ai déjà dit qu’il y avait toujours un ou deux « mais » avec moi?), il s’agit tout de même de ses premiers romans. L’impression générale a quand même été très positive, il y a là un vrai talent à raconter et à mettre en place une intrigue qui se tient.
Il ne me reste plus qu’à me lancer sérieusement dans les romans suivants pour être prête à l’automne quand le prochain sortira. Plus de détails sont disponibles sur son site internet et sur le site de son éditeur Alire , l’une des seules maisons d’édition spécialisées en littératures de genre au Québec.

Jean-Jacques Pelletier, L’homme trafiqué, Alire, 2000. (publié pour la première fois en 1987 aux éditions Le Préambule)
Jean-Jacques Pelletier, La femme trop tard, Alire, 2001.(publié pour la première fois en 1994 aux éditions Québec Amérique)

S’il y a des conseils de polar québécois à me donner, je serais enchantée d’en découvrir un peu plus,  une libraire adore écouter aussi!

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