Le Queensland en Australie, Brisbane sa capitale, ou comment des hommes avides de pouvoir peuvent pourrir un état et une ville. Cela, George ne le sait que trop bien pour l’avoir vu des années plus tôt et avoir été au centre de cela ou plutôt il s’en souvient vaguement car il a tout vécu à travers les brumes de l’alcool et les soûleries. Le scandale date de dix ans auparavant, au moment de la Grande Enquête. Elle a changé la face du Queensland, du moins en apparence. Elle a fait tombée des politiciens pourris, des flics corrompus, des patrons de bars et de bordels. Parmi tous ceux-là, les proches de George, ses partenaires de beuveries, son meilleur ami Charlie et sa femme May qui était aussi sa maîtresse.
Il s’est alors réfugié dans la montagne. Il a arrêté de boire et il essaye de vivre une vie tranquille avec un petit boulot de journaliste. Et pourtant, c’est le genre de passé qui vous rattrape toujours. Une nuit, un corps est découvert près du village. Il s’agit de Charlie, son associé d’autrefois, et il a été assassiné. En retournant à Brisbane pour organiser les funérailles, George va devoir affronter ses vieux démons et essayer de comprendre ce qui est arrivé.
Comme le titre l’indique l’alcool est au centre de ce polar, comment il façonne ceux qui succombent, comment on s’en sort ou pas. C’est l’alcool qui réunit pour la première fois les deux amis, c’est lui qui accroche May et c’est lui qui les entraîne vers l’illégalité. Le dernier verre de l’alcoolique n’est pas toujours vraiment son dernier, la tentation est là toujours très puissante et elle n’attend qu’un incident de parcours. Cela donne des passages très forts de débauches, de déchéances ou encore des combats internes qui peuvent se livrer pour lutter. Derniers verres, c’est le parcours d’un homme, ni héros, ni lâche tout à fait non plus. George oscille entre la fuite perpétuelle et l’affrontement. Il a vécu des années d’excès sans se poser de questions, en prenant ce qu’il voulait au passage. Pas un gros joueur, non, juste bien entouré, sans grande moralité ni loyauté même pour son meilleur ami. Le récit alterne entre le retour de George à Brisbane, son enquête et ses souvenirs de sa vie d’autrefois, comment ils en sont arrivés là.
Andrew McGahan écrit avec beaucoup de talent la déchéance de l’homme, les jeux de pouvoir et les interrogations personnelles. La tension est présente tout au long du roman, le suspense s’installe au fil de la lecture. C’est un roman très noir, il n’y a pas un personnage meilleur que l’autre, tous succombent à un moment donné et dans la majorité des cas, l’alcool est leur poison.
Même s’il s’agit d’un roman, McGahan s’est inspiré d’un fait authentique, l’enquête Fitzgerald, il nous transporte dans une région très éloignée de notre réalité et pourtant, la corruption peut être partout la même.
Une lecture très forte qui nous laisse l’impression d’une sale gueule de bois.
Derniers verres aura été mon étape pour l’Océanie dans le défi Littérature policière sur les 5 continents.
Andrew McGahan, Derniers verres, Actes Sud, 2007 (Last Drinks, 2000) traduit de l’anglais (Australie) par Pierre Furlan.
Comme toujours avec Lansdale, on va croiser des personnages plus bizarres les uns que les autres. En vrac, un nain en costume de cow-boy, une bande de motards complètement timbrés, les Banditos Supremes et Bob le tatou qui va adopter Leonard.
On retrouve tous les membres de l’équipe de Carol Jordan avec beaucoup de plaisir: Paula qui essaye de garder son équilibre après l’épreuve de sa dernière mission, Sam qui continue de la jouer solo ou encore Stacey qui observe. Mais surtout, on en apprend encore un peu plus sur Tony et son passé, assez pour mieux saisir ce qui l’a conduit à être psychiatre et ce qui le rapproche de ses patient. Et on avance dans la relation confuse qu’il entretient avec Carol, le tout sans jamais tomber dans un romantisme facile ou une analyse trop simple qui gâcherait l’atmosphère définitivement polar.
Trente cinq ans plus tard, ils essayent de réussir leur vie, plus ou moins bien selon les cas. L’incident est ancré en eux. Leurs chemins vont se croiser à nouveau et ils n’auront pas le choix d’affronter leur passé pour pouvoir continuer à vivre.
Un pêcheur trouve le corps d’une petite fille noyée et Patrick Hedström, le conjoint d’Erica, est envoyé sur place. Lorsque le médecin légiste découvre de l’eau douce dans ses poumons, le meurtre ne fait plus de doute. L’enquête prend un tour très personnel puisqu’il s’agit de Sara, la fille d’une amie d’Erica. Le meurtrier se trouve-t-il au sein de la famille même ou venait-il de l’extérieur?
Jean Lemieux écrit également pour la jeunesse et il avait déjà quelques polars à son actif que je n’ai pas encore lu. Je devrais peut-être.
Il s’agissait de Arthur & George de Julian Barnes. Deux prénoms seuls formant un titre pour nous attirer. Arthur? Mais c’est élémentaire mon cher Watson, il s’agit d’Arthur Conan Doyle. Et George?
le du lien ambigu que Doyle entretient avec son célèbre héros, celui-ci lui ayant donné gloire et reconnaissance et en même temps l’empêchant d’écrire autre chose puisque ces lecteurs le pressent de ne pas s’arrêter. C’est aussi la découverte du spiritisme dont il sera jusqu’à la fin un ardent défenseur.