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Et à la radio?

24/03/2015

Et bien à la radio, on parle encore de Sam Millar, parce que quand on aime, on ne compte pas ! Donc, pour la carte blanche à Mission encre noire, je suis revenue sur ce Cannibale de Crumlin Road, que j’ai vraiment beaucoup apprécié. Et j’avais des choses à dire que je n’avais pas eu le temps d’écrire dans ma chronique précédente.

Éric, lui, a préféré le soleil de Cuba et le style de Leonardo Padura pour son impressionnant Hérétiques chez Métailié. Un roman qui l’a profondément marqué et qu’il nous conseille.

Alors, pour en savoir plus, à vos balados !

mission encre noire mini

Carnets Noirs est de retour en force!

16/03/2015

Ouf, ça fait longtemps ! Je ne sais même pas par où recommencer. Peut-être par expliquer mon absence ? J’avais accepté de donner une formation à des libraires : 2 sessions de 2 heures sur le roman policier. Pas si terrible, me direz-vous. Exact, mais quand on est une stressée chronique, angoissée patentée, cela signifie des heures de lectures-procrastination-Facebook, quelques grosses remises en question et un emploi du temps presque exclusivement consacré à faire semblant de ne pas y penser et à ne rien faire. Pathologique, vous croyez ? Mais voilà, ça y est, c’est terminé depuis trois semaines. A suivi une visite familiale pour montrer à des Français que quand je dis qu’il fait froid à Montréal, ce n’est pas une exagération et un séjour à New York pour aller voir les voisins américains.

Maintenant, je me pose, je respire et je repars. D’accord, mais dans quel sens ? Peut-être par un récapitulatif rapide de mes livres des derniers mois ; parce que bien évidemment, je lisais moins, mais je lisais encore. Une dizaine de romans se sont donc accumulés sur mon bureau, attendant des jours meilleurs et un retour au clavier. Donc, je me lance, critique en quelques phrases.

Dans Repentir(s)les noms que j’ai revu avec toujours autant de plaisir, il y a Richard Ste-Marie et son Repentir(s) aux éditions Alire, une lecture que j’ai faite il y a un moment déjà, mais dont je voulais vraiment vous parler. On y retrouve son détective Francis Pagliaro confronté cette fois-ci au monde de l’art. Une belle manière de découvrir un milieu que Ste-Marie connaît bien. C’est aussi le roman le plus noir de la série et cela convient parfaitement à l’auteur et à son écriture. Pour en savoir plus, j’avais réalisé pendant l’été une entrevue pour Les libraires.

Ver à soiePlus sombre également que le précédent, mais toujours bon, il y a eu le titre de Robert Galbraith, J.K. Rowling quand elle se met au polar, Le ver à soie. Retour là encore de Cormoran Strike, le privé ancien militaire. Son enquête le mène dans l’univers de l’édition lorsqu’un auteur aussi doué que détestable disparaît. J’ai une nouvelle fois embarqué à la suite de ce détective peut-être classique, mais qui possède tous les atouts qu’on apprécie. Et puis il y a la description de ce monde littéraire impitoyable où les mots coûtent cher et la critique peut tuer. Cela ne pouvait que me plaire.

Cannibale de Crumlin RoadJe suis restée chez les Anglo-saxons avec Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar. J’avais beaucoup aimé Les chiens de Belfast et je renouvelle le plaisir avec celui-ci. Karl Kane est toujours bourru et il ne choisit jamais le chemin conventionnel pour mener une enquête à bien. Cette fois-ci, il se lance à la recherche de la sœur de sa cliente, ce qui prendra un tour beaucoup plus personnel que le détective ne l’avait prévu. C’est à la fois noir, violent et pourtant plein d’humour dans les dialogues, un mélange très irish ! En cette période de Saint-Patrick, cela semble tout à fait conseillé.

YeruldelggerMieux vaut tard que jamais, j’ai enfin lu le polar dont tout le monde parlait l’an dernier, Yeruldelgger de Ian Manook et je n’ai pas été déçue. Le flic Yeruldelgger est du genre qu’on aime : méthode très particulière, vie personnelle compliquée et en conflit avec sa hiérarchie. En plus, pour ceux qui veulent du roman anthropologique, on s’offre un voyage en Mongolie. Deux affaires au programme, les meurtres de trois Chinois et la découverte du corps d’une petite fille dans la steppe. Mais cela ne restera pas impuni, parole de commissaire ! L’histoire est prenante, les personnages attachants et le dépaysement garanti. J’ai hâte de voir de deuxième.

Incorrigible monsieur BuanUn autre commissaire, Lucien Workan, le flic d’Hugo Buan avec L’incorrigible monsieur William. Des assassinats en série, des menhirs, y a-t-il un druide dans la salle ? Workan n’y croit pas et il va prouver qu’il a raison. J’avais déjà lu deux enquêtes du flic rennais et j’aime assez l’atmosphère installée par Hugo Buan. Les dialogues sont savoureux et la situation aussi improbable que bizarre, mais bon, on s’en fout, ça marche !

Celle qui a tous les donsEt puis une découverte personnelle : j’ai dévoré un livre de zombie. Si, si, c’est vrai, je vous jure. Pourtant, je ne l’aurai jamais cru. Mélanie va à l’école, elle aime sa maîtresse et apprend bien ses leçons. Mais Mélanie est une petite fille particulière dans un monde d’apocalypse. Elle est Celle qui a tous les dons. L’écriture parvient à installer l’univers créé par M.R. Carey, j’ai apprécié ses personnages, jamais caricaturaux, et sa réflexion sur une société qui se détruit de l’intérieur et qui cherche le remède à sa disparition. Merci à l’Atalante de m’avoir envoyé ce roman que je n’aurai pas choisi, mais qui m’a ouvert une porte vers autre chose.

Enfin, finissons par les corrects sans plus et les déceptions, juste en quelques mots. L’inconnu du grand canal n’est pas un mauvais Donna Leon, pas un excellent non plus selon moi, ou alors, c’est simplement que je me suis lassée de son Brunetti. Je reconnais la qualité et les bonnes intentions, mais cela ne fonctionne plus aussi bien qu’au début. Ce qui est toujours mieux que ce que j’ai pensé du Marchand de sable de Lars Kepler. Je m’étais peut-être levée du pied gauche lorsque j’ai lu cette enquête de Joona Linna, mais je n’ai pas réussi à embarquer dans cette histoire de tueur en série enfermé qui continue à terroriser ses victimes et la fin m’a paru décevante en me laissant un léger goût de tricherie. Mais je dois admettre que je ne suis pas une fan de thriller et c’est probablement là que le bât blesse.

Huit titres en chronique éclair qui me permettent en même temps de fêter les 6 ans de ce blog, qui après une passe difficile, reprendra, je l’espère, une vitesse de croisière régulière. À très bientôt, donc !

Richard Ste-Marie, Repentir(s), Alire, 2014.

Robert Galbraith, Le ver à soie, Grasset, 2014 (The Silkworm, 2014) traduit de l’anglais par Florianne Vidal.

Sam Millar, Le cannibale de Crumlin Road, Seuil, 2015 (The Dark Place, 2010) traduit de l’anglais par Patrick Raynal.

Ian Manook, Yeruldelgger, Albin Michel, 2013.

Hugo Buan, L’incorrigible monsieur William, Éditions du Palémon, 2014.

M.R. Carey, Celle qui a tous les dons, L’Atalante, 2014 (The Girl With All The Gifts, 2012) traduit de l’anglais par Nathalie Mège.

Donna Leon, L’inconnu du Grand Canal, Calmann-Lévy, 2014 (Beastly Things, 2012) traduit de l’anglais par Gabriella Zimmermann.

Lars Kepler, Le marchand de sable, Actes Sud, 2014 (Sandmannen, 2012) traduit du suédois par Lena Grumbach.

Saint-Pacôme, mais avant la Suède et l’Irlande

03/10/2014

Et voilà, j’ai été attaquée par le rhume terrible qui sévit partout sur Montréal et qui refuse de me lâcher la grappe depuis presque trois semaines.

Et puis il y a eu les conférences à la librairie où je travaille. Pas d’auteurs de polar, malheureusement, mais largement de quoi occuper quelques soirées.

Mais ce week-end, c’est polar et rien d’autre puisque c’est enfin Saint-Pacôme. Je pars donc dès demain matin vers le Bas-du-Fleuve admirer les couleurs de saison (pour les Français qui ne seraient jamais venus, le Québec à l’automne est absolument magnifique !) et parler roman policier avec des auteurs et des amateurs.

Pour ceux qui seraient dans le coin, ça commence à 13 h avec une lecture par un conteur et à 14 h, place à la table ronde traditionnelle. Le sujet du jour : Le polar, une question de style ? En plus, j’ai le grand plaisir d’y participer.

Et le soir, gala et dévoilement des prix. Bien sûr, je vous raconterai en direct de là-bas !

Mais en attendant, deux idées de lecture en vitesse rapide.

détroit du loupPour faire suite à une chronique passée où j’annonçais du polar suédois des grands espaces, voici Le détroit du Loup d’Olivier Truc. J’avais assez aimé Le dernier lapon qui présentait Klemet et Nina, enquêteurs de la police des rennes. Ils sont de retour dans ce nouveau roman où l’on se rapproche de la côte, à l’extrême nord de la Laponie. Il n’y a plus l’effet de surprise du premier, découverte d’un monde différent aux règles non écrites et aux conditions difficiles, mais le plaisir demeure. Cette fois-ci, Olivier Truc nous parle de transhumance et d’industrie pétrolière. La rencontre des traditions ancestrales et de l’appât du gain ne se fait jamais facilement. C’est la présentation d’une autre facette du peuple lapon, mais toujours en nous montrant que les lois qui régissent leurs vies se transmettent de génération en génération.

Et en parallèle, on apprend à mieux connaître nos deux héros, en particulier Nina qui devra vivre avec son passé et un père qu’elle redécouvre.

Olivier Truc est non seulement un excellent conteur, mais il arrive également à nous faire réfléchir sur les enjeux là-bas. Et en plus, cela nous prépare à l’hiver qui s’en vient.

Chiens de BelfastDans un tout autre style, direction l’Irlande du Nord avec Les chiens de Belfast de Sam Millar. Karl Kane est détective privé à Belfast et cela n’a rien de glamour. Il va se retrouver entraîné dans une enquête bizarre dont la police n’a rien à faire. L’histoire est tordue à souhait, entre des mains découvertes dans un sanglier et des hommes assassinés alors qu’ils pensaient passer du bon temps en galante compagnie. Au-delà du récit, c’est le ton de Sam Millar que j’apprécie énormément : sordide et violent si nécessaire, mais en conservant toujours cette distance et l’humour noir propre aux écrivains irlandais. La vie est moche, mais ce n’est pas une raison pour ne pas garder le sourire ou du moins sa capacité à répliquer avec talent aux attaques diverses qui attendent Kane.

On finit à la fois dégoûté par le genre humain et enchanté de notre lecture. De l’irlandais, quoi !

Bon allez, direction Saint-Pacôme !

Olivier Truc, Le détroit du Loup, Métailié, 2014.

Sam Millar, Les chiens de Belfast, Seuil, 2014 (Bloodstorm, 2008) traduit de l’anglais par Patrick Raynal.