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Carnets Noirs est de retour en force!

16/03/2015

Ouf, ça fait longtemps ! Je ne sais même pas par où recommencer. Peut-être par expliquer mon absence ? J’avais accepté de donner une formation à des libraires : 2 sessions de 2 heures sur le roman policier. Pas si terrible, me direz-vous. Exact, mais quand on est une stressée chronique, angoissée patentée, cela signifie des heures de lectures-procrastination-Facebook, quelques grosses remises en question et un emploi du temps presque exclusivement consacré à faire semblant de ne pas y penser et à ne rien faire. Pathologique, vous croyez ? Mais voilà, ça y est, c’est terminé depuis trois semaines. A suivi une visite familiale pour montrer à des Français que quand je dis qu’il fait froid à Montréal, ce n’est pas une exagération et un séjour à New York pour aller voir les voisins américains.

Maintenant, je me pose, je respire et je repars. D’accord, mais dans quel sens ? Peut-être par un récapitulatif rapide de mes livres des derniers mois ; parce que bien évidemment, je lisais moins, mais je lisais encore. Une dizaine de romans se sont donc accumulés sur mon bureau, attendant des jours meilleurs et un retour au clavier. Donc, je me lance, critique en quelques phrases.

Dans Repentir(s)les noms que j’ai revu avec toujours autant de plaisir, il y a Richard Ste-Marie et son Repentir(s) aux éditions Alire, une lecture que j’ai faite il y a un moment déjà, mais dont je voulais vraiment vous parler. On y retrouve son détective Francis Pagliaro confronté cette fois-ci au monde de l’art. Une belle manière de découvrir un milieu que Ste-Marie connaît bien. C’est aussi le roman le plus noir de la série et cela convient parfaitement à l’auteur et à son écriture. Pour en savoir plus, j’avais réalisé pendant l’été une entrevue pour Les libraires.

Ver à soiePlus sombre également que le précédent, mais toujours bon, il y a eu le titre de Robert Galbraith, J.K. Rowling quand elle se met au polar, Le ver à soie. Retour là encore de Cormoran Strike, le privé ancien militaire. Son enquête le mène dans l’univers de l’édition lorsqu’un auteur aussi doué que détestable disparaît. J’ai une nouvelle fois embarqué à la suite de ce détective peut-être classique, mais qui possède tous les atouts qu’on apprécie. Et puis il y a la description de ce monde littéraire impitoyable où les mots coûtent cher et la critique peut tuer. Cela ne pouvait que me plaire.

Cannibale de Crumlin RoadJe suis restée chez les Anglo-saxons avec Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar. J’avais beaucoup aimé Les chiens de Belfast et je renouvelle le plaisir avec celui-ci. Karl Kane est toujours bourru et il ne choisit jamais le chemin conventionnel pour mener une enquête à bien. Cette fois-ci, il se lance à la recherche de la sœur de sa cliente, ce qui prendra un tour beaucoup plus personnel que le détective ne l’avait prévu. C’est à la fois noir, violent et pourtant plein d’humour dans les dialogues, un mélange très irish ! En cette période de Saint-Patrick, cela semble tout à fait conseillé.

YeruldelggerMieux vaut tard que jamais, j’ai enfin lu le polar dont tout le monde parlait l’an dernier, Yeruldelgger de Ian Manook et je n’ai pas été déçue. Le flic Yeruldelgger est du genre qu’on aime : méthode très particulière, vie personnelle compliquée et en conflit avec sa hiérarchie. En plus, pour ceux qui veulent du roman anthropologique, on s’offre un voyage en Mongolie. Deux affaires au programme, les meurtres de trois Chinois et la découverte du corps d’une petite fille dans la steppe. Mais cela ne restera pas impuni, parole de commissaire ! L’histoire est prenante, les personnages attachants et le dépaysement garanti. J’ai hâte de voir de deuxième.

Incorrigible monsieur BuanUn autre commissaire, Lucien Workan, le flic d’Hugo Buan avec L’incorrigible monsieur William. Des assassinats en série, des menhirs, y a-t-il un druide dans la salle ? Workan n’y croit pas et il va prouver qu’il a raison. J’avais déjà lu deux enquêtes du flic rennais et j’aime assez l’atmosphère installée par Hugo Buan. Les dialogues sont savoureux et la situation aussi improbable que bizarre, mais bon, on s’en fout, ça marche !

Celle qui a tous les donsEt puis une découverte personnelle : j’ai dévoré un livre de zombie. Si, si, c’est vrai, je vous jure. Pourtant, je ne l’aurai jamais cru. Mélanie va à l’école, elle aime sa maîtresse et apprend bien ses leçons. Mais Mélanie est une petite fille particulière dans un monde d’apocalypse. Elle est Celle qui a tous les dons. L’écriture parvient à installer l’univers créé par M.R. Carey, j’ai apprécié ses personnages, jamais caricaturaux, et sa réflexion sur une société qui se détruit de l’intérieur et qui cherche le remède à sa disparition. Merci à l’Atalante de m’avoir envoyé ce roman que je n’aurai pas choisi, mais qui m’a ouvert une porte vers autre chose.

Enfin, finissons par les corrects sans plus et les déceptions, juste en quelques mots. L’inconnu du grand canal n’est pas un mauvais Donna Leon, pas un excellent non plus selon moi, ou alors, c’est simplement que je me suis lassée de son Brunetti. Je reconnais la qualité et les bonnes intentions, mais cela ne fonctionne plus aussi bien qu’au début. Ce qui est toujours mieux que ce que j’ai pensé du Marchand de sable de Lars Kepler. Je m’étais peut-être levée du pied gauche lorsque j’ai lu cette enquête de Joona Linna, mais je n’ai pas réussi à embarquer dans cette histoire de tueur en série enfermé qui continue à terroriser ses victimes et la fin m’a paru décevante en me laissant un léger goût de tricherie. Mais je dois admettre que je ne suis pas une fan de thriller et c’est probablement là que le bât blesse.

Huit titres en chronique éclair qui me permettent en même temps de fêter les 6 ans de ce blog, qui après une passe difficile, reprendra, je l’espère, une vitesse de croisière régulière. À très bientôt, donc !

Richard Ste-Marie, Repentir(s), Alire, 2014.

Robert Galbraith, Le ver à soie, Grasset, 2014 (The Silkworm, 2014) traduit de l’anglais par Florianne Vidal.

Sam Millar, Le cannibale de Crumlin Road, Seuil, 2015 (The Dark Place, 2010) traduit de l’anglais par Patrick Raynal.

Ian Manook, Yeruldelgger, Albin Michel, 2013.

Hugo Buan, L’incorrigible monsieur William, Éditions du Palémon, 2014.

M.R. Carey, Celle qui a tous les dons, L’Atalante, 2014 (The Girl With All The Gifts, 2012) traduit de l’anglais par Nathalie Mège.

Donna Leon, L’inconnu du Grand Canal, Calmann-Lévy, 2014 (Beastly Things, 2012) traduit de l’anglais par Gabriella Zimmermann.

Lars Kepler, Le marchand de sable, Actes Sud, 2014 (Sandmannen, 2012) traduit du suédois par Lena Grumbach.

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Mes entrevues aux Printemps meurtriers, tome 4

09/07/2013

On reste chez les Québécois pour cette quatrième entrevue. Richard Ste-Marie s’est fait connaître avec son titre L’inaveu publié aux éditions Alire. Il a reçu pour ce roman le prix Coup de coeur de Saint-Pacôme l’an dernier et il était finaliste au prix Arthur-Ellis en 2013.

Son livre Un ménage rouge est paru il y a quelques mois, toujours chez Alire. Il s’agit en fait d’une réécriture d’un texte publié quelques années auparavant. J’en avais fait la critique ici. Vous pouvez également lire ses nouvelles dans la revue Alibis à laquelle il participe régulièrement.

Il nous dit cela et bien d’autres choses dans l’entretien qui suit. Merci à lui qui a accepté très gentiment d’être mon cobaye dans le maniement des micros-cravates et des divers branchements d’une machine qui m’intimidait encore un peu.

Comme je le mentionne à chaque fois, j’ai fait ses entrevues en collaboration avec mes collègues d’Airelibre.tv, une web télé culturelle. N’hésitez pas à aller voir sur leur site, vous y trouverez les entretiens que j’avais faits l’an dernier aux Printemps ainsi que de nombreuses autres émissions!

Il est revenu le temps des printemps!

05/05/2013

C’est les printemps!! Quoi, LE printemps? Je sais bien que c’est le printemps, j’ai déjà ressorti mon vélo et fait un pique-nique. Moi, je parle DES printemps, ceux qui sont meurtriers, à Knowlton.

Le festival est de retour pour sa deuxième année. Et ça promet d’être aussi chouette que l’an dernier. Si en plus, dame nature nous offre le même soleil resplendissant, on aura certainement droit à un nouveau succès.

Printemps meurtriers 2013

Au rendez-vous, des auteurs d’ici et d’ailleurs. Commençons par ceux qui viennent de loin. Le premier s’est tellement plu à la première édition qu’il a décidé de revenir, il s’agit de R.J.Ellory bien sûr. Et il y a un petit oiseau qui m’a dit qu’il ferait probablement un détour par une librairie que je connais bien, mais chut, on en saura plus bientôt. Les invités suivants nous viennent de France: Jacques Saussey et Karine Giébel. Pour les auteurs de chez nous, les noms sont familiers, mais toujours aussi agréables à entendre: Martin Michaud, Johanne Seymour, Richard Ste-Marie, Jean-Jacques Pelletier, André Jacques et quelques autres.

Comme pour l’édition précédente, le programme est varié et il y en a pour tous les goûts. Vous vous voyez en écrivain, essayez l’atelier d’écriture de Martin Winckler; vous êtes plutôt un enquêteur né, allez donc tout apprendre de l’ADN ou les projections de sang avec François Julien ou encore partez avec lui sur les traces d’un meurtrier. Et sinon, beaucoup de tables rondes sur différents sujets. Sylvie Lauzon qui avait animé avec talent l’an dernier sera présente, mais cette fois-ci, elle sera aidée de François Lévesque et Chrystine Brouillet.

Il y aura également un cabaret avec lectures publiques en musique et même les jeunes seront de la partie puisque Laurent Chabin fera des ateliers dans une école.

Tout un programme que vous pourrez découvrir ici.

Le dimanche soir aura lieu la remise du prix Tenebris, qui récompense le meilleur roman policier de langue française distribué au Québec. Les finalistes ont été annoncés il y a quelques jours:

La vérité sur l’affaire Harry Québert, Joël Dicker (éditions de Fallois)

Newton. La science du complot, Matthew Farnsworth (Québec Amérique)

Mapuche, Caryl Ferey, (Gallimard)

La vie comme avec toi, Geneviève Lefebvre (Libre expression)

Je me souviens, Martin Michaud (Goélette)

Il y a là quelques noms que je serai contente de voir gagner. Rendez-vous le 19 mai pour connaître le vainqueur.

Bien sûr, je serai à Knowlton pour profiter de cette occasion de rencontrer des auteurs et les écouter parler de leur passion. Et promis, je vous raconterai ça en direct sur Facebook et Twitter et à mon retour ici (oui, la blogueuse est branchée!). Il y aura peut-être même quelques entrevues comme celles que j’avais faites l’an dernier, je travaille là-dessus.

Une très belle fin de semaine en perspective. On se voit là-bas?