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Les Printemps meurtriers, des prix et des finalistes

21/04/2016

Après la découverte du programme et des invités des Printemps meurtriers, c’est le moment de l’annonce des finalistes du Tenebris. Il s’agit du prix remis à la fin du festival, qui récompense le meilleur roman de littérature policière en langue française distribué au Québec (c’est un peu long, on va juste dire Tenebris !).

Cette année, les cinq livres en lice sont :

Du sang sur ses lèvres, Isabelle Gagnon, Héliotrope

L’affaire Myosotis, Luc Chartrand, Québec-Amérique

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel

La pieuvre, Jacques Saussey, éditions du Toucan

Faims, Patrick Senécal, Alire

Le prix est assorti d’une bourse de 1500 dollars, ce qui n’est pas négligeable pour les auteurs. De mon côté, j’en connais trois sur les cinq. À mes lectures, donc, si je veux me faire un avis complet.

Cette année verra aussi une nouveauté : le prix spécial du jury, qui sera donné à un polar québécois ayant retenu l’attention des jurés par sa qualité.

Et enfin, on remettra comme chaque fois le prix du meilleur vendeur québécois.

Toutes ces réponses, le dimanche 22 mai à la soirée de clôture du festival. Je me ferai un plaisir d’y être pour vous annoncer les gagnants !

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Un dernier petit tour et puis s’en va

04/01/2016

Ça y est, on y est. 2016, nouvelle année, nouvelle vie, nouvelles résolutions. C’est juste une date dans le calendrier ? Allez, laissez-moi rêver, quoi ! J’efface l’ardoise et je recommence.

Dans mon cas, ça veut dire que je reviens et que j’essaye de rester. Vade retro, procrastination ! Parce que j’aime ça, parce que ça me manque et parce que les lectures n’ont pas cessé, elles.

Mais bon, avant de tourner définitivement la page sur 2015 et de rentrer de plain-pied dans l’année qui débute, je me donne le droit de faire un retour sur les 12 mois précédents.

Qu’en restera-t-il dans mes annales personnelles ? Littérairement polar parlant bien sûr. Voici mon top 5, aussi juste que peut le permettre une mémoire de poisson rouge :

— Le petit dernier de Benoît Bouthillette, L’heure sans ombre, aux Éditions Druide. On l’a attendu 10 ans, il est enfin arrivé, et cela m’a ravi. Benjamin Sioui, son enquêteur, est au sommet de sa forme (ce qui dans son cas veut parfois dire légèrement délirant) et on visite Cuba en sa compagnie.

— Pour voyager encore plus loin, Les temps sauvages de Ian Manook chez Albin Michel. Le retour de Yeruldelgger, son policier mongol. Comme dans le premier, une intrigue solide, de l’action au bon endroit, des personnages originaux et qu’on a envie de suivre au bout de la steppe. En plus, le livre a remporté le prix Polar des libraires du Québec, l’auteur est très sympa et je sais maintenant écrire le nom de son flic sans vérifier trois fois ! Que demander de plus ?

— Direction la France avec une de mes auteures fétiches, Dominique Sylvain, et L’archange du chaos, chez Viviane Hamy. On aimait déjà ses duos précédents, on adopte les petits nouveaux immédiatement. Elle est plus classique puisqu’on suit des flics avec tout ce qui vient avec, mais cela ne veut certainement pas dire moins bon. C’est, je pense, un de ses romans les plus noirs, mais aussi un de ses plus prenants. Pourvu que l’équipe Carat revienne bientôt.

— On reste en France avec Elsa Marpeau pour Et ils oublieront la colère à la Série Noire. Une enquête de nos jours qui plongera une gendarme un peu particulière dans le passé de la France pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un magnifique roman sur la culpabilité et les secrets de famille.

— Pourquoi ne pas aller voir du côté de la BD, sans m’éloigner trop non plus ? Chose faite avec Chicagoland, publié chez Delcourt, l’adaptation d’une nouvelle de R.J. Ellory par Fabrice Colin et Sacha Goerg. Un crime, différents points de vue, qui a la vérité et sera-t-elle jamais révélée ?

Et finalement, mon collègue (c’est le top que j’ai fait pour le travail) aime bien nous permettre de rattraper un oubli de l’an dernier, avec un format poche. Dans mon cas, ce sera la découverte de l’espagnol Toni Hill avec L’été des jouets morts chez J’ai lu. Un libraire barcelonais m’avait parlé de cet auteur lors de mon passage dans sa ville, j’avais d’ailleurs acheté le roman en espagnol, mais je ne m’étais pas lancé. J’ai apprécié, avec donc un peu de retard, ce flic buté, un peu hors-norme et qui peut s’attacher à un crime comme seuls le font les détectives de papier. Là encore, une histoire qui revient sur le passé.

Si je récapitule, mon top 2015 est très francophone, principalement de France, avec un petit détour par le voisin ibérique. Aurais-je le mal du pays ou serais-je devenu patriotique ? Non, c’est simplement qu’ils sont très bons !

Je n’ai plus le choix, le regard vers l’arrière est fait, il faut me tourner définitivement vers le futur. On se revoit plus souvent en 2016 ?

De retour du Bas-du-Fleuve

08/10/2015

Je reviens d’une fin de semaine parfaite, comme chaque année, bien sûr. Aller à Saint-Pacôme, c’est aussi retrouver les amis le temps d’un week-end d’automne, que demander de mieux ?IMG_1049

Et puis, on sentait une effervescence supplémentaire cette année, la volonté d’être plus actifs et d’offrir plus d’événements.

L’après-midi a débuté par un hommage à Jacques Mayer, le fondateur de la Société du roman policier de Saint-Pacôme, qui est décédé il y a quelques semaines. On y présentait son premier livre, qu’il n’aura malheureusement pas eu l’occasion de voir, intitulé Le retraité qui voulait écrire un polar. Les discours se sont succédé, tous touchants, même pour moi qui n’avais fait que croiser l’homme. L’ambiance était à l’émotion, mais certainement pas à la tristesse et nous avons continué sur le thème qui nous réunissait avec une discussion sur le meilleur polar du monde. Vaste débat, me direz-vous, mais on a de l’ambition à Saint-Pacôme. Des lecteurs et des auteurs avaient envoyé dans les semaines précédentes des listes de cinq titres. Norbert Spehner les a compilées et nous avons pu échanger nos points de vue. Résultats des votes : Les dix petits nègres d’Agatha Christie est le polar qui semble avoir le plus marqué les esprits. Il n’est peut-être pas le meilleur, mais il a certainement été lu par le plus grand nombre et nous avons tous été bluffés dans notre enfance par la solution apportée par la Dame du polar.

IMG_1036La suite de l’après-midi a été encore plus animée avec un quiz. Deux équipes de quatre personnes se sont affrontées pour répondre aux questions préparées par les organisateurs et posées par Éliane Vincent. Les auteurs présents n’avaient pas eu le choix de se joindre au jeu : Luc Chartrand, Guillaume Morrissette et Anna Raymonde Gazaille ont dû prouver qu’ils avaient bien leur place dans le monde polar ; le président d’honneur, Marcel Leboeuf, a lui aussi participé. Le tout dans la bonne humeur et avec beaucoup d’humour.

Il ne restait plus qu’à se préparer pour le gala. La salle avait été décorée pour nous rappeler les traversées en Orient-Express et l’omniprésente Agatha Christie et nous avons effectivement beaucoup voyagé, des steppes mongoles aux territoires palestiniens en passant par chez nous, à travers les livres qui ont été récompensés ce soir-là :

— Prix Saint-Pacôme du premier polar : L’affaire Mélodie Cormier de Guillaume Morrissette (Guy Saint-Jean)

— Prix coup de cœur : L’affaire Mélodie Cormier de Guillaume Morrissette (Guy Saint-Jean)

— Prix international du roman policier de Saint-Pacôme : Les temps sauvages de Ian Manook (Albin Michel)

— Prix Saint-Pacôme : L’affaire Myosotis de Luc Chartrand (Québec-Amérique)

Les gagnants, hormis pour l’étranger, étant présents, ils ont pu remercier eux-mêmes le jury et leurs lecteurs. J’ai été pour ma part très heureuse de monter sur scène en compagnie de Dominique Lemieux, le directeur général des Librairies indépendantes du Québec, pour annoncer le premier prix international. Ian Manook le méritait amplement.

Il était temps de terminer la soirée après toutes ces émotions et ces rencontres. J’en ai profité pour regarder les étoiles sur le porche de la petite maison qui m’accueillait, en compagnie de Milord le chat, elles sont tellement plus lumineuses que dans le ciel de Montréal. Un week-end parfait, je vous assure.

Il a fallu repartir le lendemain, en se disant qu’on se croiserait sûrement bientôt, ici ou là, puisque nous avons tous une passion commune, le polar. J’ai de mon côté pris les chemins de traverse et en allant voir le fleuve pour ne pas rentrer trop vite. C’est quand l’année prochaine ?

Et pour finir en souriant, voici la vidéo que Ian Manook a eu la gentillesse de nous envoyer pour la remise du prix.

Saint Pacôme from Françoise Manoukian on Vimeo.

Retour sur les Printemps à Mission encre noire

26/05/2015

J’ai toujours l’impression après les Printemps meurtriers que c’est les Printemps encore longtemps. Parce que ce n’est pas tout de s’amuser une fin de semaine, mais il faut bien se mettre au travail en revenant, avec tout ce matériel accumulé. Après les auteurs, c’est au tour des chroniqueurs de faire leur boulot. Donc, retour sur le festival à Mission encre noire avec Éric.

J’y raconte rapidement pourquoi c’était bien, très bien, trop bien, comme d’hab’ quoi !

Mais surtout, je laisse la parole à deux auteurs rencontrés là-bas : Ghislain Taschereau qui m’en dit un peu plus sur son dernier roman Tag et Ian Manook qui me parle de son Yeruldelgger mongol, que j’avais beaucoup aimé.

Ça passe définitivement trop vite trente minutes d’antenne.

Pour écouter, à vos balados ou cliquez sur le joli logo !

mission encre noire mini

Carnets Noirs est de retour en force!

16/03/2015

Ouf, ça fait longtemps ! Je ne sais même pas par où recommencer. Peut-être par expliquer mon absence ? J’avais accepté de donner une formation à des libraires : 2 sessions de 2 heures sur le roman policier. Pas si terrible, me direz-vous. Exact, mais quand on est une stressée chronique, angoissée patentée, cela signifie des heures de lectures-procrastination-Facebook, quelques grosses remises en question et un emploi du temps presque exclusivement consacré à faire semblant de ne pas y penser et à ne rien faire. Pathologique, vous croyez ? Mais voilà, ça y est, c’est terminé depuis trois semaines. A suivi une visite familiale pour montrer à des Français que quand je dis qu’il fait froid à Montréal, ce n’est pas une exagération et un séjour à New York pour aller voir les voisins américains.

Maintenant, je me pose, je respire et je repars. D’accord, mais dans quel sens ? Peut-être par un récapitulatif rapide de mes livres des derniers mois ; parce que bien évidemment, je lisais moins, mais je lisais encore. Une dizaine de romans se sont donc accumulés sur mon bureau, attendant des jours meilleurs et un retour au clavier. Donc, je me lance, critique en quelques phrases.

Dans Repentir(s)les noms que j’ai revu avec toujours autant de plaisir, il y a Richard Ste-Marie et son Repentir(s) aux éditions Alire, une lecture que j’ai faite il y a un moment déjà, mais dont je voulais vraiment vous parler. On y retrouve son détective Francis Pagliaro confronté cette fois-ci au monde de l’art. Une belle manière de découvrir un milieu que Ste-Marie connaît bien. C’est aussi le roman le plus noir de la série et cela convient parfaitement à l’auteur et à son écriture. Pour en savoir plus, j’avais réalisé pendant l’été une entrevue pour Les libraires.

Ver à soiePlus sombre également que le précédent, mais toujours bon, il y a eu le titre de Robert Galbraith, J.K. Rowling quand elle se met au polar, Le ver à soie. Retour là encore de Cormoran Strike, le privé ancien militaire. Son enquête le mène dans l’univers de l’édition lorsqu’un auteur aussi doué que détestable disparaît. J’ai une nouvelle fois embarqué à la suite de ce détective peut-être classique, mais qui possède tous les atouts qu’on apprécie. Et puis il y a la description de ce monde littéraire impitoyable où les mots coûtent cher et la critique peut tuer. Cela ne pouvait que me plaire.

Cannibale de Crumlin RoadJe suis restée chez les Anglo-saxons avec Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar. J’avais beaucoup aimé Les chiens de Belfast et je renouvelle le plaisir avec celui-ci. Karl Kane est toujours bourru et il ne choisit jamais le chemin conventionnel pour mener une enquête à bien. Cette fois-ci, il se lance à la recherche de la sœur de sa cliente, ce qui prendra un tour beaucoup plus personnel que le détective ne l’avait prévu. C’est à la fois noir, violent et pourtant plein d’humour dans les dialogues, un mélange très irish ! En cette période de Saint-Patrick, cela semble tout à fait conseillé.

YeruldelggerMieux vaut tard que jamais, j’ai enfin lu le polar dont tout le monde parlait l’an dernier, Yeruldelgger de Ian Manook et je n’ai pas été déçue. Le flic Yeruldelgger est du genre qu’on aime : méthode très particulière, vie personnelle compliquée et en conflit avec sa hiérarchie. En plus, pour ceux qui veulent du roman anthropologique, on s’offre un voyage en Mongolie. Deux affaires au programme, les meurtres de trois Chinois et la découverte du corps d’une petite fille dans la steppe. Mais cela ne restera pas impuni, parole de commissaire ! L’histoire est prenante, les personnages attachants et le dépaysement garanti. J’ai hâte de voir de deuxième.

Incorrigible monsieur BuanUn autre commissaire, Lucien Workan, le flic d’Hugo Buan avec L’incorrigible monsieur William. Des assassinats en série, des menhirs, y a-t-il un druide dans la salle ? Workan n’y croit pas et il va prouver qu’il a raison. J’avais déjà lu deux enquêtes du flic rennais et j’aime assez l’atmosphère installée par Hugo Buan. Les dialogues sont savoureux et la situation aussi improbable que bizarre, mais bon, on s’en fout, ça marche !

Celle qui a tous les donsEt puis une découverte personnelle : j’ai dévoré un livre de zombie. Si, si, c’est vrai, je vous jure. Pourtant, je ne l’aurai jamais cru. Mélanie va à l’école, elle aime sa maîtresse et apprend bien ses leçons. Mais Mélanie est une petite fille particulière dans un monde d’apocalypse. Elle est Celle qui a tous les dons. L’écriture parvient à installer l’univers créé par M.R. Carey, j’ai apprécié ses personnages, jamais caricaturaux, et sa réflexion sur une société qui se détruit de l’intérieur et qui cherche le remède à sa disparition. Merci à l’Atalante de m’avoir envoyé ce roman que je n’aurai pas choisi, mais qui m’a ouvert une porte vers autre chose.

Enfin, finissons par les corrects sans plus et les déceptions, juste en quelques mots. L’inconnu du grand canal n’est pas un mauvais Donna Leon, pas un excellent non plus selon moi, ou alors, c’est simplement que je me suis lassée de son Brunetti. Je reconnais la qualité et les bonnes intentions, mais cela ne fonctionne plus aussi bien qu’au début. Ce qui est toujours mieux que ce que j’ai pensé du Marchand de sable de Lars Kepler. Je m’étais peut-être levée du pied gauche lorsque j’ai lu cette enquête de Joona Linna, mais je n’ai pas réussi à embarquer dans cette histoire de tueur en série enfermé qui continue à terroriser ses victimes et la fin m’a paru décevante en me laissant un léger goût de tricherie. Mais je dois admettre que je ne suis pas une fan de thriller et c’est probablement là que le bât blesse.

Huit titres en chronique éclair qui me permettent en même temps de fêter les 6 ans de ce blog, qui après une passe difficile, reprendra, je l’espère, une vitesse de croisière régulière. À très bientôt, donc !

Richard Ste-Marie, Repentir(s), Alire, 2014.

Robert Galbraith, Le ver à soie, Grasset, 2014 (The Silkworm, 2014) traduit de l’anglais par Florianne Vidal.

Sam Millar, Le cannibale de Crumlin Road, Seuil, 2015 (The Dark Place, 2010) traduit de l’anglais par Patrick Raynal.

Ian Manook, Yeruldelgger, Albin Michel, 2013.

Hugo Buan, L’incorrigible monsieur William, Éditions du Palémon, 2014.

M.R. Carey, Celle qui a tous les dons, L’Atalante, 2014 (The Girl With All The Gifts, 2012) traduit de l’anglais par Nathalie Mège.

Donna Leon, L’inconnu du Grand Canal, Calmann-Lévy, 2014 (Beastly Things, 2012) traduit de l’anglais par Gabriella Zimmermann.

Lars Kepler, Le marchand de sable, Actes Sud, 2014 (Sandmannen, 2012) traduit du suédois par Lena Grumbach.