Posted tagged ‘Dominique Manotti’

Faisons le bilan

17/12/2011

Jingle bells, jingle bells, mon beau sapin, falalalala lalalala

La neige n’est peut-être pas tout à fait au rendez-vous, mais c’est déjà la période des fêtes. Cela veut effectivement dire qu’on entend les mêmes refrains dans tous les commerces (allez j’admets, j’ai une petite faiblesse pour les albums de Noël de Sufjan Stevens), mais pas que. Eh oui, Tops 10, 20 ou 100, faites votre choix, les palmarès de l’année sont partout.

Il n’y avait pas de raison que je n’ajoute pas le mien, surtout après qu’un de mes collègues m’ait obligé à me creuser la tête pour l’afficher en librairie, autant donc l’annoncer ici aussi pour ne pas avoir tant réfléchi pour rien.

L’exercice devait comprendre cinq titres, mais comme certains d’entre nous ont eu du mal à se décider, on s’est permis un sixième. Et puis six, ça sonne bien, c’est un multiple de deux et pourquoi pas, d’abord.

Ce top 6 est bien sûr accompagné des précautions d’usage: ceci est mon choix (copiez pas), il y a sûrement eu d’autres excellents polars dans l’année, seulement je ne les ai pas lus et c’était parfois difficile de trancher, et si vous n’êtes pas d’accord, on en discute, mais cela n’y changera rien! Non, mais!

Après tout ce suspense, voilà dans le désordre:

Les Harmoniques de Marcus Malte chez Gallimard

Le Léopard de Jo Nesbo chez Gallimard

L’Honorable société de Dominique Manotti et DOA chez Gallimard

Désolations de David Vann chez Gallmeister. Comme avec James Ellroy l’année dernière, le fait d’avoir rencontré l’auteur a largement ajouté au plaisir du livre.

Mélanges de sang de Roger Smith chez Calmann-Lévy

Voodoo Land de Nick Stone chez Gallimard

Joyeux Noël à tous et offrez des livres, ça fait toujours plaisir et ça aide les libraires à un peu moins détester les chants de Noël (un libraire Scrooge n’est pas vendeur!). We wish you a merry christmas, lalalala…

Publicités

Les politiques corrompus? Sûrement pas

23/04/2011

Les élections auront lieu en 2012 en France et au Canada le vote se tiendra dans moins de deux semaines. L’Honorable société vient à point nommé nous rappeler la réalité derrière la façade des campagnes électorales.

Le roman pourrait s’accompagner de la mention : « Les personnages et les situations de ce récit sont fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes est entièrement volontaire.»

Lorsque trois jeunes écoterroristes hackent l’ordinateur d’un flic travaillant pour le CEA, le Commissariat de l’Énergie Atomique, leur but est de connaître les dossiers sensibles en cours et de s’en servir pour leur cause, pas de se retrouver témoins de son meurtre. Mais quand on tombe dans l’illégalité, on ne choisit pas toujours et ils vont être transformé en principaux suspects.

Petrus Pâris et son équipe de la Brigade Criminelle sont chargés de l’enquête sur la mort de leur collègue. Ils refusent de s’arrêter aux premières conclusions évidentes et  trouvent rapidement des liens entre leur victime, les enjeux du nucléaire en France et le principal groupe français de BTP. Ils ne vont pas être les seuls à mener l’enquête puisque le père d’un des jeunes, un ancien journaliste d’investigation va reprendre du service pour aider sa fille. Ajoutons que tout cela se passe entre les deux tours des élections présidentielles et que le principal candidat a des intérêts dans le béton. Les alliances se forment, le pouvoir se partage et se vend au plus offrant, les médias entrent dans la danse. L’idée de justice n’a plus vraiment de sens à ce niveau-là même si quelques flics ont encore envie de la défendre.

Manotti et DOA plantent un décor parfaitement crédible, ils nous confrontent à une situation que nous ne voulons pas toujours voir, la démocratie ne se joue pas seulement au moment du vote et nous ne sommes que des pions face aux jeux de pouvoir. Déprimant? Sûrement mais autant regarder la vérité en face pour mieux l’affronter.

Voilà un polar comme je les aime, utilisant le genre pour décrire la réalité, la dénoncer. Et quand ils se mettent à deux, cela fait mal.

Cela ne suffirait pourtant pas à en faire un excellent roman si la forme n’en était pas bonne aussi. L’écriture est parfaitement maitrisée, le récit équilibré. On passe de l’un à l’autre des protagonistes et se dessine devant nous le schéma de toutes les magouilles politiques et financières de ce monde.  Chaque personnage est crédible dans ses nuances et ses faiblesses et on les suit aussi dans leur vie privée. On plonge dans l’histoire en espérant que tout cela finira bien mais on sait pertinemment que  la vérité est sombre et que pour garder le réalisme, il faudra des victimes. Il est nécessaire de l’écrire et encore plus nécessaire de le lire.

Ma lecture suivante a été plus ou moins par hasard un texte écrit en 1888 par Octave Mirbeau publié chez Allia, La Grève des électeurs. Il s’agit d’un texte publié à l’époque dans le Figaro prônant l’abstention car selon Mirbeau le vote ne sert à rien. On y lit : « Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. »

Mais toute ressemblance serait entièrement fortuite…

Dominique Manotti & DOA, L’Honorable société, Gallimard, 2011.

Octave Mirbeau, La Grève des électeurs, Allia, 2009.

Et les prix polar alors?

15/11/2010

Parce que bien sûr, vu mes lectures, ce sont plutôt ceux-là qui m’intéressent. Et justement l’association 813 a annoncé ses trophées 2010.

And the winners are:

Meilleur roman français: Bien connu des services de police de Dominique Manotti en Série Noire.

Meilleur roman étranger: Le camp des morts de Craig Johnson chez Gallmeister.

Meilleur essai: Dictionnaire des personnages de la littérature populaire du XIXe et XXe siècle, sous la direction de Stéfanie Delestré et Hagar Desanti.

Une excellente année pour Gallmeister côté prix donc et selon moi une très bonne récolte pour les autres aussi. J’avoue ne pas encore avoir lu le Dominique Manotti, il est dans ma bibliothèque attendant que je sois prête à affronter son côté noir et son réalisme. Quant au Dictionnaire des personnages de la littérature populaire du XIXe et XXe siècle, cela fait un moment qu’il me fait de l’œil. Un cadeau de noël peut-être.