Il n’y a pas que des banques à Zurich !

Nous sommes déjà en 2018 ? Vraiment ? Mince, j’ai loupé les derniers mois sur Carnets Noirs.
Il faut dire que depuis que je ne suis plus libraire, j’ai fait l’école buissonnière littérairement parlant. N’étant plus habitée par un sentiment d’obligation professionnelle de lire des nouveautés, ni même de l’adulte, je me suis baladée à la bibliothèque, rattrapant quelques envies (Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, génial, pas déçue un instant !), retombant dans mes classiques (je ne me lasse pas du juge Ti de Van Gulik). J’avais besoin d’une récréation.

Mais voilà, l’envie est revenue, intacte, et avec elle, l’envie de partager mes lectures, que ce soit ici ou sur Facebook.

Fête des lumièresEt je voulais commencer mon année critique par une découverte; merci d’ailleurs à la libraire (qui est aussi la traductrice) qui me l’a offert. Je ne me serai pas aventurée sans elle dans l’univers du polar suisse et je n’aurai pas rencontré Vijay Kumar. Je m’excuse d’avance auprès des lecteurs québécois, vous ne trouverez pas ce livre près de chez vous. Mais rien n’empêche de le commander en Suisse !

Donc, Vijay Kumar ! Ce jeune détective privé a ouvert son agence, mais pour l’instant, le succès n’est pas au rendez-vous. Il partage donc son temps entre son bureau et sa bouteille d’amrut, un whisky indien, et ses soirées avec ses deux amis, José, un journaliste, et Miranda, fille de joie pour faire dans l’euphémisme. Lors d’une de ses sorties arrosées, le trio s’embarque dans une bagarre de rue à défendre un jeune qui se fait tabasser. Rien de bien extraordinaire, à Zurich aussi, les nuits peuvent être chaudes, pourtant Vijay flaire l’affaire louche.

Lorsqu’un magnat de la presse locale l’embauche pour retrouver sa femme de ménage en lui offrant un montant exorbitant, il se dit que, vraiment, quelque chose de tourne pas rond. Et il n’a peut-être pas tort. Et quand la politique s’en mêle, il n’y a qu’à bien se tenir!

Belle découverte donc, que ce Fête des lumières de Sunil Mann publié dans la maison suisse Éditions des sauvages. Alors qu’on part d’une intrigue qui semble un peu facile, tout se complexifie rapidement et nous mène jusqu’à un dénouement surprenant. Mais au-delà de l’histoire, c’est le contexte qui m’a particulièrement plu. Peut-être parce que j’ai toujours aimé le polar politique et que l’auteur se plaît à nous montrer comment les villes et les quartiers se font et se défont au gré des spéculateurs immobiliers. À cela s’ajoute la dimension de l’immigration, car on voit très vite que les populations qui habitent ces immeubles appelés à être rénovés ne sont pas toutes nées en Suisse. Cela permet à Sunil Mann de faire réfléchir son héros sur sa condition de citoyen de deuxième génération, alors qu’il est tiraillé entre deux cultures, qui sont pourtant les deux siennes.

Finalement, c’est l’humour omniprésent qui m’a séduite. Que ce soit par ses personnages extrêmes (Miranda et ses talons hauts !), ses dialogues ironiques ou bien ses situations saugrenues, Fête des lumières a souvent réussi à me faire sourire, même si on espère que Zurich ne cédera pas aux spéculateurs !

Sunil Mann, Fête des lumières, Éditions des sauvages, 2013 (Lichterfest, 2011) traduit de l’allemand par Anne Dürr.

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