Les lectures de mes Printemps

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines déjà. Juste avant les Printemps meurtriers en fait, puisque je savais que j’allais y croiser l’auteur, le recevoir à la radio, lui poser des questions et que je voulais avoir l’intrigue en tête. Seul hic, ma mémoire étant celle d’un poisson rouge légèrement Alzheimer, lorsqu’arrive le temps d’écrire cet article, cela complique un peu ma tâche.

Loup peintPar contre, j’avais quand même envie de parler du nouveau livre de Jacques Saussey, Le loup peint. Alors, je replonge dans quelques pages et je me lance. Cette fois-ci, pas de Lisa Heslin ou de Daniel Magne, les héros récurrents de l’auteur français. On découvre ici Vincent Galtier, un vétérinaire de campagne, près d’Auxerre. Sur le chemin de la maison, après avoir rendu visite à sa maîtresse, il se fait tirer dessus. Il arrive à s’échapper, mais ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers. Sa femme a été assassinée, son assistant aussi et il est le principal suspect de l’équipe de policiers particulièrement incompétente qui enquête.

En parallèle, on lit le parcours de celle par qui tout arrive. Le portrait d’une fille sûre d’elle, prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut, quitte à laisser quelques victimes sur son chemin.

Le loup peint joue sur plusieurs tableaux. On y suit la fuite éperdue de Vincent Galtier, puis celle, beaucoup plus calculée de Sophie. Le rythme s’accélère et on se demande qui sera capable d’arrêter cette femme vindicative. Mais il s’agit aussi d’un roman beaucoup plus politique, puisque Jacques Saussey utilise son histoire pour traiter de terrorisme et d’arme bactériologique. Et puis, il y a cette équipe de flics, bien différente de ses héros habituels, pas particulièrement efficace, ni astucieuse. Ce qui nous change un peu, avouons-le. Un polar multiple, qui ne m’a pas tout à fait permis d’oublier Lisa et Daniel (que voulez-vous, j’aime les héros récurrents !), mais qui se laisse dévorer, comme tout bon thriller. Et si vous avez envie d’en savoir un peu plus sur l’auteur, allez donc lire l’entrevue qu’il m’a accordée pour la revue Les libraires. En plus, j’aime beaucoup le titre (je peux le dire, il n’est pas de moi !).

RinzenEt puisqu’on parle des Printemps meurtriers, pourquoi ne pas discuter du petit dernier de sa fondatrice, Johanne Seymour, Rinzen et l’homme perdu ? Fini les Cantons-de-l’Est, on retourne à Montréal avec deux enquêteurs du bureau des crimes majeurs. Rien ne les réunit. Luc Paradis est célibataire, il passe ses nuits en quête de rencontres faciles dans le quartier gay, quand il n’est pas en train de taper sur un sac de boxe. Rinzen Gyatso, elle, ne ressemble à personne. Née au Québec de parents tibétains ayant fui les exactions chinoises, elle vit encore avec eux et son fils. Alors que Luc réagit vite et dans l’émotion, Rinzen, la bouddhiste, observe le monde pour mieux l’expliquer.

Ils sont chargés de découvrir qui a assassiné un vieux prêtre à la retraite. Alors que les victimes se succèdent sans rapport évident entre elles, ils devront travailler en équipe avec leur supérieur et utiliser les forces de chacun afin de comprendre les motifs du coupable.

J’ai rencontré avec grand plaisir les nouveaux personnages de Johanne Seymour. Le changement est radical par rapport à sa Kate McDougall et cela donne un tournant intéressant. Rinzen n’est pas alcoolique ni torturée (Luc suffit pour les problèmes), elle est au contraire l’équilibre parfait, même si elle se demande parfois comment faire cohabiter sa culture québécoise et celle tibétaine de ses parents. C’est d’ailleurs la particularité de ce roman de nous montrer le visage multiculturel de Montréal, avec une réflexion sur comment s’intégrer sans oublier son lieu d’origine. Quant à Luc, il est facile de s’y attacher et de vouloir que les choses s’arrangent pour cet homme qu’on sent marqué par un drame. Mais c’est peut-être mon cœur tendre qui parle !

Le coupable se dessine au fil des pages et on devine peu à peu sa personnalité et ses démons, puisque Johanne Seymour a décidé de nous faire suivre à la fois le point de vie de l’enquêteur et celui d’un homme qu’on ne connaît pas et qui observe. Ce qui nous permet de mieux comprendre la progression du récit, mais également d’être embarqué dans une course vers la vérité, qui nous oblige à accélérer notre lecture, chapitre après chapitre.

Avec une fin qui laisse présager, enfin, je l’espère, un retour probable de Rinzen et Luc.

Jacques Saussey, Le loup peint, Toucan, 2016.

Johanne Seymour, Rinzen et l’homme perdu, Libre expression, 2016.

 

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