Afrique du Sud ou Montréal en 1893?

Je continue sur ma lancée de rattrapage. Quelles ont été mes lectures des dernières semaines (voire derniers mois) qui méritent que j’en parle ? Ou plutôt qu’est-ce que je pourrais vous conseiller si vous avez envie de polar ?

En vrilleCommençons par un voyage en Afrique du Sud avec Deon Meyer. Benny Griessel est de retour dans En vrille, mais il n’est pas au meilleur de sa forme. Un de ses collègues vient de se suicider, Benny le vit mal et dans ces cas-là, l’alcool lui semble un très bon moyen pour oublier. Ce n’est pourtant pas le moment puisque les Hawks, l’unité spéciale de la police à laquelle il appartient, sont chargés d’une enquête qui promet de faire du bruit. L’homme assassiné s’appelle Ernst Richter, il était à la tête d’un site internet qui fournit de faux alibis aux conjoints adultères. Cela donne beaucoup de suspects avec des raisons de se venger. Très vite apparaissent aussi des irrégularités dans les comptes et la manière dont ce jeune entrepreneur avait réuni l’argent pour créer sa compagnie. Il faudra à l’équipe des Hawks beaucoup de travail pour se faire une idée des véritables raisons du meurtre et ils auront besoin de Benny.

En parallèle, un viticulteur, François du Toit, déroule sa vie devant une avocate.

Comme d’habitude, le talent indéniable de Deon Meyer se niche dans sa manière de raconter deux histoires en même temps, sans nous donner la moindre idée de comment elles se réuniront. On suppose bien entendu, on se dit, c’est évident, même facile. Mais non, ce n’est jamais tout à fait ce qu’on avait imaginé.

Et puis, il dessine par touches l’Afrique du Sud, un pays à la fois ultra moderne, où les start-ups technologiques se multiplient, mais où les questions de couleur de peau et de castes sont toujours aussi présentes. C’est également la description des grands vignobles sud-africains et des familles qui les possèdent.

Finalement, il y a Benny, ce flic compliqué qui se débat avec le démon de l’alcool, en perdant régulièrement le combat. J’ai apprécié la place qu’occupait cette fois-ci son adjoint Cupido, sortant un peu du rôle simpliste qu’on lui donnait, il prend de la matière et cela le rend beaucoup plus intéressant.

En résumé, Deon Meyer est comme toujours une valeur sûre qu’on retrouve avec plaisir.

Un deuxième conseil ? Benjamin d’Hervé Gagnon. Rien à voir bien sûr, mais il faut de la diversité dans nos lectures.

BenjaminC’est le retour de notre journaliste montréalais, Joseph Laflamme. Il s’ennuie, court après l’affaire qui le remettra à la une. Nous sommes en 1893. Dans le château de Ramezay en ruine, on découvre le corps d’un homme. Que faisait-il là en pleine nuit à chercher quelque chose et l’a-t-il trouvé ? Ce sont les questions auxquelles doit répondre l’inspecteur Arcand. Il demandera l’aide de Joseph, trop heureux de pouvoir faire ses preuves à son nouvel employeur, le journal La Patrie. D’indice en indice, la situation va se complexifier avec l’apparition de groupes qui agissent dans l’ombre et d’agents de l’État qui ne veulent rien dire. The plot thickens, comme on dit en anglais.

On retrouve la formule qui plaît tant aux lecteurs d’Hervé Gagnon ; il prend un fait historique établi et installe autour une intrigue policière avec ses héros récurrents. Et cela fonctionne toujours aussi bien. Le récit est effectivement passionnant et on se demande jusqu’au bout quel secret national peut bien se cacher à Montréal.

Mais je prends surtout plaisir à retrouver les personnages qu’il a créés : Joseph Laflamme, le journaliste un peu trop porté sur l’alcool (polar et alcoolisme, on n’en sort pas), sa sœur Emma, sa fiancée Mary et l’anglais George McCreary, ancien de Scotland Yard qui l’aide dans ses aventures. Les deux femmes sont d’ailleurs moins présentes dans ce volume, ce que je regrette un peu puisque je les aime bien.

Mais le tout est très solide, comme d’habitude, et les enquêtes de Joseph Laflamme font partie de ces polars historiques qu’on retrouve avec plaisir à chaque volume.

Envie d’autres suggestions ? Stay tuned, cela viendra bientôt.

Deon Meyer, En vrille, Seuil, 2015 (Ikarus, 2015) traduit de l’afrikaans par Georges Lory.

Hervé Gagnon, Benjamin, Libre expression, 2016.

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