Les plus vendus ne sont pas toujours les meilleurs

J’ai fait dans le très connu ces dernières semaines, comme si je ne pouvais pas passer outre les best-sellers que sont Michael Connelly et Donna Leon. Et je me rappelle à chaque fois que j’ai tendance à être déçue et qu’ils n’ont pas besoin de moi pour se vendre. Évidemment, ce n’était pas désagréable, loin de là, mais j’ai l’impression que ces auteurs n’arrivent plus à m’épater, comme une recette trop longtemps utilisée.

Dans la ville en feu n’est vraiment pas un mauvais Connelly, au contraire. J’avais pourtant été très échaudée après Les neuf dragons, que je trouvais digne d’un film d’action trop facile; vous savez, le genre avec Bruce Willis, des explosions et beaucoup trop de coïncidences. Celui-ci est plus subtil et s’éloigne de la vie privée de Bosch pour revenir à une de ses affaires qui l’obsède.

Dans la ville en feuNous sommes en 1992, Los Angeles est à feu et à sang, en proie à des émeutes sans précédent. La police est sur les dents, l’armée est appelée en renfort. Dans ces conditions, il est impossible d’enquêter correctement sur des homicides. Harry Bosch et son équipier ne peuvent pas s’attarder sur les lieux du meurtre d’Anneke Jespersen, une journaliste danoise dont le corps est retrouvé dans une ruelle. Le dossier va être classé rapidement.

Vingt ans plus tard, Harry a décidé d’attendre encore un peu pour prendre sa retraite et il occupe un poste au Bureau des Affaires non résolues. Il peut enfin rouvrir cette affaire qui le hante depuis longtemps et essayer de rendre la justice pour la jeune femme. En partant d’une douille recueillie sur place, des notes de l’époque et d’un appel obscur reçu par la police quelques années plus tard, Harry remonte une piste qui, il l’espère, permettra d’expliquer ce meurtre.

Les sujets abordés par Connelly ne sont pas inintéressants ; l’atmosphère pendant les émeutes de 1992 ou encore les crimes de guerre commis par les soldats américains donnent un très bon fond à l’histoire.

Le récit avance bien, augmente en puissance pour finir dans un suspense comme il se doit. Et puis il y a la vie privée de Bosch, ses rapports avec sa fille, sa copine et ses supérieurs. C’est efficace, bien fait et agréable à lire.

Alors pourquoi cette déception ? Parce que justement, c’est efficace, bien fait et agréable à lire, mais j’en attendais plus d’un auteur aussi expérimenté que Connelly. Je crois que je suis lasse de la recherche de vérité de Bosch, de sa manière de ne pas suivre les ordres puisque lui seul a raison, de son entêtement et de ses interrogations face à son rôle de père. C’est trop lisse, trop moral, trop américain peut-être ?

Conclusion, vous voulez un bon livre de plage ? Cela conviendra parfaitement.

Même son de cloche de ma part sur le dernier Donna Leon, Le garçon qui ne parlait pas. Le commissaire y enquête cette fois-ci sur le décès d’un employé de la buanderie qu’il fréquente. La mort ressemble à un accident, mais Paola, la femme de Brunetti, ne peut se faire à l’idée que personne n’ait jamais remarqué cet homme de son vivant et comme Guido obéit toujours à son épouse, il cherche des réponses.

Garcon qui ne parlait pasLà encore, je sais qu’il y a un public pour ce type de romans, mais il semblerait que ce ne soit plus moi. J’ai pris plaisir à lire, très rapidement d’ailleurs, cette nouvelle histoire. Mais je reste sur ma faim ; Venise et les plats italiens ne suffisent plus à me contenter. En outre, je crois de moins en moins à ce commissaire aux horaires plus qu’élastiques qui enquête pendant des jours sur une affaire qui n’existe pas officiellement sans que personne n’y trouve rien à redire. Tous les personnages sont attachants, mais je les connais trop et j’ai l’impression que Donna Leon n’y ajoute rien.

Je l’ai d’ailleurs lu il y a quelques semaines et en écrivant ces lignes, je ne me souviens plus de la fin (je sais que j’ai une mémoire défaillante, mais quand même !).

Enfin, c’est l’été et si vous avez envie de lire au parc, ces deux romans conviendront parfaitement; vous pourrez vous arrêter pour une crème glacée sans trop de scrupules tout en passant un bon moment puisque Michael Connelly et Donna Leon ne sont pas des amateurs. Cela suffit parfois à notre bonheur.

Michael Connelly, Dans la ville en feu, Calmann-lévy, 2015 (The Black Box, 2012) traduit de l’anglais par Robert Pépin.

Donna Leon, Le garçon qui ne parlait pas, Calmann-lévy, 2015 (The golden egg, 2013) traduit de l’anglais par Gabriella Zimmermann.

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3 commentaires sur “Les plus vendus ne sont pas toujours les meilleurs”

  1. belette2911 Says:

    Punaise, pas encore eu le temps de le lire ! Mais là, j’hésite pour le dernier Connelly..

    Pareil que toi avec les neuf dragons ! Hormis la révélation de la fin qui m’avait réveillée😉

  2. Éliane Says:

    J’ai tendance à lire les best-sellers 10 ans après leur publication… ceux-là ne feront pas exception!


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