Le kobra, serpent mortel

Vous le savez, quand j’hésite, je reviens vers mes classiques, ceux qui ne me déçoivent pas ou rarement. Et donc, si le nouveau Deon Meyer arrive, je ne me pose pas vraiment de questions et je le lis. Et c’est exactement ce que je demandais.

Dans une guest-house, trois corps sont retrouvés, assassinés de matière méthodique, des pros tués par des pros. Un quatrième homme a disparu. Qui était-il et pourquoi devait-il être protégé ?

Pendant ce temps, Tyrone Kleinbooi continue de voler tout ce qu’il peut aux touristes qui passent. Il a besoin de cet argent pour payer les études de sa sœur et pickpocket est le seul métier qu’il a appris. Alors qu’il est arrêté pour un énième larcin, tout tourne mal ; la victime disparaît et les gardes de sécurité qui le retiennent sont tous abattus. Qu’a-t-il pris qui avait assez de valeur pour provoquer tant de morts ?

KobraDans Kobra, on retrouve Benny Griessel. Toujours sobre, toujours en couple avec Alexa, un jour à la fois, ses problèmes ne sont que des problèmes normaux. Jusqu’à ce que ces crimes soient commis et que tout se complique à nouveau.

Deon Meyer continue dans sa lancée, un mélange de polar et de thriller qui ne peut que plaire. L’enquête est bien construite, chaque élément s’agence avec l’autre, page après page. Les personnages, même ceux que l’on découvre, sont assez développés pour avoir de la substance.

Le suspense est impeccable, on sent que la catastrophe arrive, que les victimes seront nombreuses, mais on ne peut qu’y assister. Et je trouve que cet auteur a un don pour les histoires multiples. Il les tisse lentement et elles se rencontrent sans heurt, de façon tout à fait crédible.

Ce qui fait passer Deon Meyer dans la catégorie des très bons, c’est le lieu qu’il implante, la situation géopolitique. Nous ne sommes pas simplement dans une enquête ou dans un thriller, il y a beaucoup plus. Nous sommes en Afrique du Sud, dans un pays ravagé par la pauvreté, marqué par l’apartheid, où la confiance dans le gouvernement et la justice est limitée. Et cela change tout pour le travail des policiers, leurs motivations ne sont pas les mêmes. Cela, Deon Meyer en parle à travers les actions de ses personnages et dans le langage qu’ils utilisent. Pas de langue uniforme, mais des expressions locales et culturelles qui nous sont traduites dans un glossaire à la fin et qui donnent toute la couleur des dialogues. Cela se ressent aussi dans la manière dont ils décident de rendre la justice.

Le tout avec une fin surprenante, même si logique, et explosive!

On le sent que je l’ai aimé, ce Kobra ? Comme d’habitude, Deon Meyer ne me déçoit pas !

Deon Meyer, Kobra, Seuil, 2014 (Kobra, 2013) traduit de l’anglais par Estelle Roudet.

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5 commentaires sur “Le kobra, serpent mortel”

  1. belette2911 Says:

    Je n’ai jamais lu cet auteur, mais j’ai son dernier, Kobra, justement !

    • Morgane Says:

      Et c’est un de ses très bons🙂

      • belette2911 Says:

        Mais j’ai intérêt à commencer par le premier, non ? Ou alors ce n’est pas trop grave de commencer par le Kobra ?

      • Morgane Says:

        Je ne suis pas de bon conseil, je lis toujours dans le désordre🙂 en plus, Deon Meyer à des personnages différents dans certains romans. À la discrétion du lecteur, donc🙂

      • belette2911 Says:

        Je suis aussi désordonnée, mais bon, parfois, je me fais violence et je suis l’ordre, ce qui est préférable !😀


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