Encore en Italie

J’avais envie de rester en vacances et donc, avant d’amorcer la rentrée littéraire, j’ai continué mon aventure italienne avec Carofiglio et une nouvelle enquête de son avocat, Guido Guerrieri.

Dans Le silence pour preuve, un de ses collègues vient le consulter avec des clients. Leur fille a disparu six mois plus tôt et le procureur s’apprête à classer l’affaire puisqu’il n’y a ni piste ni indice. Ils demandent alors à Guerrieri de trouver quelque chose dans les dossiers pour relancer l’instruction.

Silence pour preuveCelui-ci cherche un moyen de refuser ; il est avocat, pas détective privé après tout. Mais on connaît l’homme : en étudiant les documents, il se rend compte que certains n’ont pas dit tout ce qu’ils savaient et il se laisse entraîner dans sa quête de Manuela.

Bien entendu, plus il avance et plus l’image de la jeune fille modèle décrite par les parents évolue. Une chose est sûre, elle n’aurait pas abandonné sa famille sans un mot.

Petit à petit, il va découvrir les traces d’une vie secrète un peu plus dangereuse que celle d’une simple étudiante.

Comme dans le précédent, ce n’est pas tant l’intrigue en elle-même qui m’a plu. Elle est bien construite, évidemment, sinon, cela ne marcherait pas, mais elle est relativement classique. Ce qui fait le grand plaisir des romans de Carofiglio, c’est cette plongée dans le quotidien de Guido Guerrieri et dans ses pensées. C’est un homme attachant, Guido, dans sa complexité! Il a une relation compliquée à son métier, qu’il exerce un peu par hasard parce qu’il ne savait pas vraiment quoi faire, mais qui, pourtant, lui va comme un gant. Il est seul et pas par choix, incapable de voir les avances qui lui sont faites, partageant son temps entre un sac de boxe surnommé Mister Sac et la fréquentation du bar d’une ancienne cliente.

En fait, il fait penser à un cow-boy solitaire, dans sa manière de ne pas comprendre pourquoi et comment il a des amis qui s’intéressent à lui.

Et je répéterai ce que j’ai déjà écrit dans ma chronique précédente, j’aime le ton, la façon qu’a Carofiglio de nous mettre dans la tête de son avocat tout en maintenant une distance ironique avec ses dialogues internes.

Et puis, le petit plus qui ne pouvait que plaire à la lectrice, c’est sa relation aux livres et à la culture, sa fréquentation d’une librairie de nuit, sa passion pour les films, jusqu’à connaître des passages par cœur. Ce petit plus qui fait qu’on a devant nous un personnage complexe, puisque comme il le dit à sa collègue :

« “Il n’y a pas de quoi s’inquiéter, Consuelo. Tu n’as qu’à demander à Maria Teresa. Je donne parfois l’impression d’avoir perdu la tête. Mais je suis inoffensif.”

Plus ou moins. »

Giancarlo Carofiglio, Le silence pour preuve, Seuil, 2011 (Le Perfezioni provvisorie, 2009) traduit de l’italien par Nathalie Bauer.

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