On y retourne ou pas ?

J’étais partie pour me lancer sur deux livres, mais finalement le premier a pris toute la place, je garde donc l’autre pour plus tard.

Le mot-clé de ma critique sera « mitigé ». Ce qui est dommage, car j’utilise cet adjectif ou un de ses synonymes chaque fois que je parle d’un roman de Rick Mofina; j’ai vérifié dans les textes des précédents. Mais je m’explique plus en détail.

Sans retourTout commence par un braquage dans une bijouterie. Le casse tourne mal et les voleurs partent avec une cliente. Tom Reed est envoyé sur l’affaire et il découvre que l’otage n’est autre que sa femme. La suite sera une longue course-poursuite où les flics (et Reed) vont essayer de comprendre qui sont les braqueurs et pourquoi ils gardent Ann avec eux. Sans retour est la quatrième enquête mettant en scène le journaliste Tom Reed et le policier Walter Sydowski et je continue à le lire malgré des doutes récurrents, peu sûre moi-même de mon avis final.

Tout d’abord le positif, j’ai trouvé que celui-ci était meilleur que le précédent, peut-être parce qu’il prend moins en compte les technologies qui ont vieilli depuis l’écriture des romans. Encore une fois, Rick Mofina parvient à m’embarquer dans son histoire et je deviens bon public pour suivre ce qui va arriver. Il a cette aptitude à me faire oublier mes critiques le temps de la lecture, ce qui, avouons-le, est déjà plutôt bien.

Sauf que, une fois le livre terminé, je me souviens des reproches et des doutes. Et je crois que si je continue à lire Mofina quand même, c’est que je suis sûre qu’il a la capacité de se surpasser. La base est solide, il suffit de l’améliorer. Mais ma foi vacille un peu plus à chaque fois.

Ses deux héros sont bien foutus, que ce soit Sydowski dans son rôle de flic d’un certain âge en train de repenser sa vie ou bien Tom Reed, accroc à l’information, incapable de profiter de sa famille comme il le devrait. Les personnages secondaires qui les entourent sont attachants aussi.

Par contre, on pourrait une fois de plus faire sans d’autres personnages mis en avant la durée d’un roman. Mofina n’a pas le temps de les travailler et on en oublie les principaux, ou alors on se dit qu’ils ont du potentiel et ils ne sont plus là à l’épisode suivant. Cela lui permet toutefois dans Sans retour de faire la critique d’une télévision sensationnaliste qui a perdu le sens de la déontologie journalistique.

Il arrive à instaurer un suspense rapide puisqu’on sait que la vie d’Ann est en jeu, mais sans comprendre réellement pourquoi. La tension disparaît un peu quand l’auteur se balade d’une situation à l’autre et c’est dommage. Les interrogations profondes de Reed sur sa carrière et sa famille commencent également à être un peu redondantes.

On le sent, j’ai un avis partagé sur ce roman, tellement que ma critique en est tout aussi bancale, la fille est déstabilisée. Ma première lecture a été rapide et s’est faite avec plaisir. En travaillant sur ce texte, je relis des extraits et je ne sais plus. Le conseiller ou pas ? That is the question. Disons que si vous êtes comme moi, capable de vous lancer dans une histoire en oubliant le reste, allez-y. Si par contre, vous êtes du genre à analyser au fur et à mesure, vous risquez d’être déçu.

Rick Mofina, Sans retour, Éditions Alire, 2014 (No Way Back, 2003) traduit de l’anglais par Luc Baranger.

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One Comment sur “On y retourne ou pas ?”

  1. norbert spehner Says:

    Mofina est un bon « artisan » qui connaît les ficelles du métier. Il livre un thriller à la nord-américaine presque entièrement centré sur l’action, avec un bon suspense mené dans les règles de l’art. Oui, il y a bien sûr une « critique » de la télévision et du journalisme à sensation, mais encore une fois ça n’est pas un auteur à thèse et tout cela est abordé de manière superficielle, presque caricaturale. On est dans le « divertissement », sans plus, un divertissement efficace si on ne se pose pas trop de questions. Sinon, je crois bien que les trois quarts des polars contemporains ne tiendraient pas la route car, dans ce type de récit très conventionnel, il faut le dire, pour que l’intrigue fonctionne, il faut qu’il y ait des coincidences, que ça soit un peu ou beaucoup arrangé avec le gars des vues: quelles sont les chances statistiques que 1) ce soit la femme du héros qui soit enlevée 2) que le preneur d’otage ait justement, comme ça tombe bien, un compte à régler avec ce même héros…On accepte ou pas ces prémisses…Ne nous leurrons pas, nous sommes , une fois de plus, dans le conte de fées noir, dans la plus pure fantasy, pas dans le réalisme social !
    D’où probablement, ton « incertitude », fort compréhensible dans les circonstances.
    Ton côté ludique accepte, joue le jeu, ton côté  » fille songée » non !
    C’était mon quart d’heure philosophique ! Et Joyeuses Pâques: mes melleurs oeufs !


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