Prague sous l’occupation

J’avais beaucoup aimé les premiers Philip Kerr, mais Hôtel Adlon étant un peu décevant, j’avais sauté mon tour à la sortie suivante. Je me suis dit que Philip Kerr méritait tout de même que je lui laisse une deuxième chance et je suis donc repartie en Allemagne nazie avec Bernie Gunther dans Prague fatale.

Parce qu’après avoir avancé dans le temps et être allé jusqu’à Cuba, Kerr retourne en 1942. Bernie est déjà passablement dégoûté des exactions des Allemands. Il revient du front de l’Est et ce qu’il y a vu (et commis lui-même) l’a rendu encore plus cynique et négatif qu’il ne l’était avant.

Prague fataleUn soir, il surprend une attaque dans la rue. Il intervient et défend une jeune femme dont il finit par s’éprendre. L’homme garde tout de même un cœur.

Il va même jusqu’à l’amener à Prague où le général Heydrich le convoque. Sur place, il apprend que sa mission est de protéger Heydrich qu’on a menacé de mort; mais très vite, c’est une enquête de meurtre qu’il mène, puisqu’un assistant du général est retrouvé assassiné dans sa chambre, porte et fenêtre fermées. On imaginerait presque Bernie avec un chapeau melon dans le rôle d’Hercule Poirot.

Sauf que nous ne sommes pas dans la verte Angleterre, mais à Prague, entre nazis qui, malgré une image unie, se battent pour le pouvoir et des tchèques qui rêvent de tuer le Reichsprotektor nommé par Hitler.

Bernie sait que sa position est délicate, il lui faut trouver le coupable et on lui fait comprendre que ce serait mieux que ce soit un étranger plutôt qu’un compagnon de guerre. Un autre que lui irait au plus simple, mais Gunther ne craint plus pour sa vie. Il pense depuis longtemps qu’il ne verra pas la fin des conflits et il n’hésite pas à se mettre ses supérieurs à dos, histoire d’en profiter jusqu’au bout.

Il devra démêler les vrais des faux complots et les collaborateurs sûrs des traîtres, une tâche plus compliquée qu’il ne le prévoit, même quand il imagine le pire.

Avec Prague Fatale, j’ai à nouveau pris plaisir à lire Philip Kerr. Il nous y décrit un Bernie Gunther comme je l’aime, oscillant entre homme juste (par exemple, lorsqu’il prend des risques pour trouver de la nourriture pour ses voisines juives) et cynique revenu de tout qui sait que la partie est perdue d’avance.

On retrouve une des forces des premiers roman: il nous montre des Allemands qui ne croient pas tous que ce qu’ils font est bien, et ce même quand ils sont nazis. Le front de l’Est fait des victimes du côté des bourreaux aussi.

La relation de Bernie avec Arianne sent le roussi dès le début, on se doute que l’un des deux va souffrir, même si on se demande lequel.

L’intrigue autour du meurtre est en fait très (trop?) simple s’il n’y avait pas le contexte historique, mais on se laisse prendre et surprendre jusqu’à la fin.

Est-ce que j’ai adoré? Je n’irai pas jusque là, mais j’ai tout de même pris plaisir à retrouver Bernie Gunther et j’ai particulièrement aimé les dialogues où il malmène les hauts dignitaires nazis. Je dois être un peu comme lui, on sait que ça ne changera rien, mais ça fait du bien quand ça arrive.

Philip Kerr, Prague fatale, Éditions du Masque, 2013 (Prague fatale, 2011) traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.

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One Comment sur “Prague sous l’occupation”

  1. Richard Says:

    Un hasard !!
    J’ai écrit ma chronique sur « Prague fatale », aujourd’hui même !
    Nous sommes assez d’accord !
    Bonne soirée … avec ton nouveau « bébé » !!


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