Derrière les murs

Il y a des sujets qui semblent toucher plusieurs auteurs au même moment, quelle que soit leur origine; parce que c’est dans l’air du temps. C’est le cas de ces cités fermées, barricadées du monde extérieur pour ne pas se frotter à l’Autre, celui qu’on ne connaît pas et qui est, bien évidemment, dangereux. Antoine Chainas, le Français, et Ahmed Khaled Towfik, l’Égyptien, les ont mis au centre de leurs nouveaux romans.

Il n’en fallait pas plus pour me donner envie d’en parler dans ma Carte blanche à Mission encre noire! Éric n’a pas été très difficile à convaincre, c’est un fan de Chainas. À lui, donc, la lecture de Pur, le dernier né du Français chez Gallimard et à moi la découverte de l’auteur égyptien avec Utopia, publié chez Ombres Noires.

Les deux décors ne sont pas les mêmes. Chainas nous décrit le sud de la France, ses villes un peu fachos, ces riches qui refusent de voir les pauvres et les magouilles politiques qui utilisent les médias. Fiction, vraiment?

Le pays présenté par Towfik est beaucoup plus apocalyptique, roman noir, mais surtout dystopie. Partout des bidonvilles, la misère, la faim, le manque de tout, la survie comme seul objectif. Derrière les murs protégés d’Utopia, les puissants s’ennuient. Jusqu’où doit-on aller pour éprouver un peu d’excitation quand on a tout ce qu’on veut et bien plus encore?

Histoires différentes, donc, mais beaucoup de liens communs. Pour imaginer vers où nous nous dirigeons, il faut regarder notre jeunesse, et dans les deux cas, elle ne va pas bien, surtout chez les plus riches. Comme quoi, de tout avoir, ça ne résout pas la question du bonheur.

Dans les deux récits, on trouve la méconnaissance de l’autre, la peur et la haine font bon ménage aux alentours des murs. Alors, pour oublier, il y a la drogue qu’elle soit légale ou non, et la violence est la réponse à tous les maux.

Le sujet de réflexion a beau être le même, le traitement ne l’est pas, lui. Et l’écriture n’a rien à voir. J’ai, de mon côté, beaucoup aimé celle d’Ahmed Khaled Towfik, sa poésie, le rythme qu’il lui donne. Chainas est plus direct, ce qui n’est pas négatif non plus. Parce que oui, j’ai fini par le lire, Éric m’en parlait tellement que je n’ai pas résisté.

Deux découvertes donc, sur lesquelles nous avions plus à dire, mais pour cela… il va vous falloir écouter l’émission, non mais! Facile, c’est en ligne et en baladodiffusion!

Antoine Chainas, Pur, Gallimard, 2013.

Ahmed Khaled Towfik, Utopia, Ombres Noires, 2013 (Utopia, 2009) traduit de l’arabe par Richard Jacquemond.

 

Explore posts in the same categories: C'est du noir, News

Étiquettes : , , , , , , ,

You can comment below, or link to this permanent URL from your own site.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :