Critiques en stock et en retard!

Bon, c’est pas tout ça, mais comme d’habitude, une pile de livres s’est invitée à mon bureau. Ce sont les livres-lus-dont-il-faudrait-que-je-parle. Ils sont souvent envahissants et certains prennent le chemin de l’étagère sans passer par la case Carnets Noirs. Les plus importants m’attendent patiemment tout en me culpabilisant du haut de leurs centimètres.

Cette fois-ci, c’est vrai, sans l’être tout à fait. J’ai effectivement lu pendant mes vacances, mais j’ai abandonné mes compagnons de papier pendant le voyage. Que la Société Protectrice des Livres me poursuive si elle veut, j’espère bien avoir fait un heureux ou deux là où ils sont. Et puis j’ai choisi le lieu avec soin; ils ne seront pas seuls dans la maison familiale.

Ils ne sont donc pas présents physiquement, mais ils se rappellent à mon souvenir afin que j’en parle quand même!

Tsunami mexicainFaisons chronologique. Le voyage a commencé avec le sourire, puisque Joe Lansdale est toujours capable de me divertir! Avouez qu’on ne peut pas fréquenter Hap Collins et Leonard Pine sans se sentir en joie. C’est méchant, violent et jouissif. Dans Tsunami mexicain, les deux amis veulent prendre des vacances: des vraies, sans armes, sans bagarres, juste eux et un ou deux bouquins sur un transat du côté du Mexique. Vous imaginez les deux compères en croisière? Non, bien sûr, et pour cause, ils attirent la poisse. Ils se retrouvent donc abandonnés à quai dans un endroit plus ou moins craignos. Au bout de quelques rencontres, ils se sont mis à dos les caïds locaux et décident de rester faire le ménage, un peu contraints par le manque d’argent pour rentrer. Du Collins et Pine tout craché quoi! Ajoutez une ou deux blessures, Hap qui tombe amoureux, ou pas, et vous avez tout pour faire un excellent livre de la série. Les dialogues sont toujours aussi drôles. Idéal pour l’avion et la chaise longue qui fait face aux vignes du Beaujolais.

Voodoo LandPour la critique suivante, je dois commencer par rappeler une faiblesse déjà admise ici: j’ai une mémoire assez pitoyable. J’ai donc pris Voodoo Land de Nick Stone sur la tablette en me disant, tiens, il m’a échappé celui-là. Good job, girl, il faisait simplement partie de ton top de l’année 2011! Comme il était arrivé en France avec moi, je l’ai relu. Et bien, je maintiens ce que j’avais écrit à l’époque. C’est un très bon livre. Nous sommes à Miami dans les années 80 et on suit Max Mingus, ancien boxeur un peu limite et son partenaire Joe Liston, un flic noir qui essaye de rester clean. Lorsqu’ils se retrouvent à enquêter sur le meurtre d’un Haïtien, ils ne savent pas qu’ils vont découvrir toute une culture où le vaudou est omniprésent et Baron Samedi mène la danse. La violence est partout, intense et difficile à regarder, mais racontée avec talent. Il n’y a pas de bons ou de mauvais, la ligne se franchit allégrement; flic pourri ou mac victime, rien n’est évident. Pour une critique plus poussée, lisez Actu-du-noir sur le sujet, il dit tout cela mieux que moi.

Dernier LaponEnsuite, dans mon voyage, il y a eu Stockholm. Pas beaucoup de temps libre par là-bas, trop de choses à voir. Cela me permet tout de même de vous parler d’une de mes lectures précédentes: Le dernier Lapon d’Olivier Truc. Klemet, enquêteur de la police des rennes, est chargé de retrouver un tambour de chaman qui a été volé au musée. On découvre dans ce livre les Samis, cette population qui vit en Laponie, à cheval sur la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Les conditions de vie sont dures, l’élevage des rennes ne nourrit plus les familles. Comme d’autres peuples autochtones, les Samis essayent de conserver leur culture, malgré l’évangélisation qui a eu lieu dans les siècles précédents, la rudesse du climat et l’alcool qui fait des victimes. Il y a des choses qui sont les mêmes partout! C’est tout cela qu’Olivier Truc raconte, en y ajoutant des personnages d’enquêteurs bien construits et un récit très prenant. Norbert Spehner était de bon conseil lorsqu’il lui a mis cinq étoiles dans la Presse. Je l’avais beaucoup aimé quand je l’avais lu, mais de voir, dans un musée de Stockholm, un de ces tambours samis me l’a rendu encore plus fort.   Tambour Lapon

Un autre livre a marqué mes vacances, mais je le garde en tête pour plus tard. Et puis sinon, mon voyage a tout de même été l’occasion d’une révolution technologique. Mon dos se souvenant avec douleur du séjour précédent où j’avais accumulé sans penser, j’étais décidé à alléger cette année. D’où la liseuse, empruntée à une amie.

L’expérience est concluante. Je ne dis pas que j’abandonne immédiatement le papier, je tiens trop à mes étagères et je travaille entourée de livres! J’imagine par contre une cohabitation tout à fait satisfaisante entre les deux formats. Côté confort, rien à critiquer: j’ai passé une nuit, victime du décalage horaire, à lire sans problème. Le prêt en bibliothèque fonctionne parfaitement, même s’il faut fouiller un peu pour trouver ce que l’on veut et cela m’a permis de me plonger dans le dernier Donna Leon et une enquête du 87e district d’Ed McBain. En plus, Internet contient des centaines de titres libres de droits et téléchargeables. Les vieux classiques sont donc partis avec moi: le fameux docteur Fu Manchu, Sherlock Holmes ou encore Arsène Lupin. Le tout pour un poids plume dans un sac à dos. En vacances, ça n’a pas de prix!

J’ai finalement lu plus que je ne le pensais, moi!

Joe R. Lansdale, Tsunami mexicain, Gallimard, 2013 (Captains Outrageous, 2001) traduit de l’anglais par Bernard Blanc.

Nick Stone, Voodoo Land, Gallimard, 2013 (King of Swords, 2007) traduit de l’anglais par Samuel Todd

Olivier Truc, Le dernier Lapon, Métailié, 2013.

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6 commentaires sur “Critiques en stock et en retard!”


  1. Voodoo Land, c’était vraiment bien. Je me souviens avoir beaucoup apprécié le personnage du mac justement (dans le thème du mac d’ailleurs, « Pimp », à lire également)

    • Morgane Says:

      Il est effectivement intéressant. C’est un mac, on devrait le détester et pourtant… on comprend qu’il est victime aussi et que son éducation a fait de lui ce qu’il est.

  2. Richard Says:

    Content que tu sois de retour … à la maison et sur ton blogue ! Et bienvenue dans le club de ceuzzzes qui perdent la mémoire !

    J’ai expérimenté moi aussi la lecture électronique et je n’ai pas détesté l’expérience; mais j’aime bien tourner les pages …de papier.

    J’ai adoré Le dernier lapon mais la paresse a fait en sorte que je ne l’ai pas chroniqué. Alors, je me déculpabilise en lisant la tienne. Promis, je ferai le prochain roman de ce monsieur Truc.
    Bonne journée
    Amitiés

  3. norbert spehner Says:

    Les grands esprits se rencontrent et dans notre cas, c’est une rencontre au sommet ! 🙂 Tout ça pour dire que j’ai terminé non pas le Tsunami mexicain que j’ai déjà dévoré dans une autre vie, mais Diable rouge, la dernière en date des aventures de Hap Collins et de Léonard (la) Pine. Et le vieux ronchon que je suis s’est surpris à éclater de rire à plusieurs reprises tellement c’est gros, drôle et jouissif ! A ne pas manquer… Nick Stone ? Je suis un inconditionnel…Quant à Truc, il a bien mérité mes 5 étoiles. Bref, ma chère, je te félicite pour ton bon goût…Dommage, qu’on ne te lise pas plus souvent 🙂 Et on se voit bientôt à Saint Pac !

    • Morgane Says:

      Promis, je vais essayer de me botter les fesses pour qu’on me lise plus souvent 🙂 Tu as raison, Diable rouge était vraiment bon aussi, bien sûr. Je commence à avoir vraiment hâte d’être à Saint-Pacôme pour voir tout ce beau monde!


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