Attention, duo explosif

Moi quand Lansdale écrit, j’aime; comme sur Facebook, je clique automatiquement sur Like. Après, c’est sûr, il faut nuancer. Il y a le Lansdale plus sombre de Sur la ligne noire et Les marécages, absolument géniaux, et il y a ses romans sur Hap Collins et Leonard Pine, jouissifs!

Parce qu’accrochez-vous, comme d’habitude, ça dépote.

Diable rougeCette fois-ci, les deux compères sont engagés par Marvin, leur ami détective privé, pour enquêter sur la mort d’un jeune couple. La mère du garçon est persuadée qu’il est possible de trouver les coupables. En fouillant un peu, Hap et Leonard découvrent que les victimes étaient proches d’une bande de wannabe-vampires et qu’un gros paquet d’argent arrivait sous peu. Détail supplémentaire, une tête de diable rouge a été retrouvée dessinée sur la scène de crime et il y a d’autres cas. Tueur en série diabolique en liberté? Peut-être. Ajoutez à ça que Vanilla Ride, la tueuse à gages du précédent roman, est dans le décor et que nos deux héros n’ont pas que des amis et vous pouvez imaginer que ça va encore tirer dans tous les coins. Comme en outre, ils sont têtus, ils ne lâcheront pas l’affaire avant de l’avoir résolue. Surtout quand ça devient personnel!

Un Collins et Pine, ça se prend comme un cocktail coloré, c’est drôle, plus fort qu’on ne le pense, ça a un goût de vacances et en plus c’est bon. Rien de mieux pour redonner le sourire à une lectrice blasée.

Bien sûr, tout est un peu gros, c’est pour ça que c’est si chouette. Et Diable rouge ne fait pas exception à la règle. Ce que j’aime par-dessus tout dans cette série, c’est le décalage entre la violence de ses deux hommes et leur côté profondément humain. Avouez qu’ils sont attachants: Pine, le grand noir homosexuel qui tape avant de parler, mais ne peut pas vivre sans son lait et ses biscuits à la vanille; Collins, armé jusqu’aux dents, mais incapable de dormir parce qu’un chat mort n’a pas été enterré, et que ça, non, ce n’est vraiment pas correct. L’un ne se pose pas de questions, l’autre doute de ses actes à chaque instant. Deux frères inséparables, même s’ils ne sont pas d’une couleur de peau identique. En plus, Leonard m’a permis de découvrir le mot tapabord. Vous voyez le chapeau de Sherlock Holmes? Imaginez-le sur la tête d’un grand noir et vous avez le tableau. Savoureux!

Lansdale est aussi génial dans ses dialogues et ses descriptions. C’est décalé, complètement farfelu et parfait à lire! Seule petite critique et je n’aime pas jouer les râleuses de la traduction, mais c’est quelquefois nécessaire, le traducteur est tombé à quelques endroits dans le piège du trop français. Collins et Pine qui vont dans un troquet et finissent dans un bistrot, ça ne marche tout simplement pas, je soupçonne qu’il s’agit d’un diner et d’un bar. Mais ce n’est là qu’un détail qui n’enlève rien à notre équipe de choc!

« – Okay. Et le type auquel Leonard a écrasé la main? C’était un mec bien?

Je voyais ou elle voulait en venir, mais je jouai le jeu.

– C’est le connard qui a blessé la vieille dame et lui a piqué son fric.

– Eh bien voilà. Si c’est le méchant, alors toi, tu dois être le gentil. »

Joe R. Lansdale, Diable rouge, Éditions Denoël, 2013 (Devil Red, 2011) traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Blanc.

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