Un père protecteur

Retour aux États-Unis côté lectures avec le dernier James Lee Burke. Dans L‘arc-en-ciel de verre, l’attention de Dave Robicheaux est portée sur sept jeunes femmes retrouvées assassinées. Comme elles semblaient toutes être des prostituées, l’affaire n’est pas allée bien loin, ce sont les risques du métier diront certains flics. Pourtant l’une d’entre elles était une étudiante, sérieuse et sage, et Dave se doute qu’il y a quelque chose de pourri dans l’histoire.

Arc-en-ciel de verreIl demande donc l’aide de son meilleur ami Clete Purcell pour mieux découvrir ce qui s’est passé. Et comme celui-ci ne fait jamais les choses à moitié, cela tourne rapidement en combat violent avec Clete qui apparaît comme suspect du meurtre d’un mac et dealer.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, pendant ce temps-là, Alafair, la fille adoptive de Robicheaux, fréquente un homme que son père réprouve, un auteur issu d’une famille riche de Louisiane et que Dave soupçonne d’être de plusieurs affaires louches. Père et fille s’affrontent, elle l’accuse d’être trop protecteur et veut prouver que ses choix sont les bons. Pas facile en général d’être dans la tête de Dave Robicheaux.

J’ai déjà dit ici encore et encore le sentiment mitigé que provoque chez moi James Lee Burke. Je reconnais à chaque fois le talent de cet excellent auteur et pourtant, cela ne marche pas à tous les coups. Celui-là pencherait plus du côté positif de la balance.

Il y a évidemment les incontournables: Robicheaux est le chevalier au blanc manteau investi d’une mission et Purcell, le privé violent au bon cœur. La recette fonctionne toujours aussi bien. On a envie de les voir débusquer les coupables quitte à en abîmer quelques-uns pendant leur quête. Bien sûr, les règles ne sont pas souvent respectées et les lignes très minces franchies allègrement, mais est-ce bien grave quand il s’agit d’un salaud? C’est la question que pose Burke à chaque roman et la réponse n’est jamais évidente.

Dans L’arc-en-ciel de verre, l’auteur crée une intrigue qui va se compliquer au fil des pages (peut-être légèrement trop d’ailleurs) pour se terminer bien au-delà du simple meurtrier en série. Les magouilles sont nombreuses en Louisiane aussi et le pouvoir et l’argent continuent de faire la loi. Sauf qu’il y a parfois en face des hommes comme Robicheaux et Purcell qui ont une vision très personnelle de la justice, surtout quand on touche à ceux qu’ils aiment.

On le sait, on le sent, cela ne peut que se terminer dans une apothéose de violence qui laissera le lecteur essoufflé et Burke nous offre même quelques passages d’un mystique étrange qui donnent une couleur particulière au bayou. Une Louisiane bien différente de celle des guides touristiques.

James Lee Burke, L’arc-en-ciel de verre, Rivages, 2013 (The Glass Rainbow, 2010) traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Mercier.

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8 commentaires sur “Un père protecteur”

  1. Éliane Vincent Says:

    Je suis tout à fait d’accord avec toi : dans Burke, il y a du bon et du moins bon. Je lirai certainement celui-ci, puisqu’il semble pencher du bon bord! Et puis, en Louisiane, les maringouins sont encore pire qu’au Kamouraska, ça console!

    • Morgane Says:

      Vraiment pire? Parce que j’ai un souvenir de Kamouraska fin août à devoir vivre sous une moustiquaire🙂

      • Éliane Vincent Says:

        Tu es cruelle… et puis, en Louisiane, ils sont beaucoup plus gros! Se nourrir d’alligators, ça vous aiguise la seringue!

  2. norbert spehner Says:

    Je suis un inconditionnel de James Lee Burke, même si ses intrigues finissent par se ressembler: Robicheaux et Purcell contre une riche famille corrompue du Sud ! Ce dernier volet est un des meilleurs (avec La Nuit la plus longue et Dans La Brume électrique). J’ai bien apprécié.
    Il ne nous em…pas trop avec son alcoolisme, les descriptions ne sont pas trop longues et l’action ne manque pas. Quant à la fin,
    explosive à souhait, qui vous enverra sur le c…euh…le derrière, elle se résume pour moi à un terme codé: « Reichenbach ».
    Les initiés comprendront…Les autres souffriront pour rien !😉

    • Morgane Says:

      En fait, tu as mis le doigt là où ça fait mal dans certains. Ce sont effectivement les moments un peu longuets sur l’alcoolisme et le fait d’être sauvé qui m’énervent. Et ils sont dans celui-ci assez bien fait pour que ce soit juste bien.
      Pour le reste, l’initiée a compris🙂

      • Éliane Vincent Says:

        Ah! la rédemption… tellement américain. Agaçant, tu as raison! Quant à Reichenbach… boum!

  3. wollanup Says:

    Norbert a tout à fait raison. Tout est bon chez James Lee Burke même ses premiers romans.La sortie du très ancien « Texas Forever » le prouve une fois de plus. Bon, il est évident que c’est plus un auteur pour public masculin et que finalement il nous raconte des histoires de vieux cowboy un peu comme le regretté Elmore Leonard mais tout est bon. Et même si Robicheaux a du mal à garder une épouse, Burke est un auteur qui respecte les femmes en en faisant autre chose que des plantes vertes dans ses romans.


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