Échec et mat pour Dortmunder

John Dortmunder n’est pas contre l’idée qu’on lui propose du travail, comprendre un coup à faire; la semaine de 35 heures, très peu pour lui. Par contre, comme c’est un ancien flic qui lui parle de l’affaire, il apprécie beaucoup moins; et quand en plus, le privé en question a de quoi le faire chanter et l’obliger à accepter, il trouve sa vie beaucoup moins simple.

Et vous trouvez ça drôle?Surtout qu’Eppick lui propose un coup pourri d’avance. Il souhaite récupérer un jeu d’échec pesant une demi-tonne dans un sous-sol qui sert de coffre-fort à une banque. Dortmunder se dit qu’il devrait se rendre directement à la police, ce serait plus vite réglé. Eppick ayant des arguments de poids, John n’a pas vraiment le choix de s’incliner. Sa bande décide de le suivre, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver, la situation pourrait bien évoluer à leur avantage.

Les évènements ne se passeront bien sûr pas tout à fait comme prévu, mais c’est sa capacité à improviser qui fait la force du cambrioleur. N’empêche que, bien mal acquis ne profite jamais, que tel est pris qui croyait prendre, etc., etc. Westlake nous embarque dans une histoire abracadabrante et on en redemande.

Je ne suis pas une fine connaisseuse de l’auteur comme d’autres blogueurs peuvent l’être. J’en ai lu quelques-uns avec plus ou moins de bonheur. Celui-ci penche du très bon côté de la balance. Si vous cherchez du divertissement (dans le sens positif du terme, ce n’est pas toujours une insulte) bien ficelé, go for it, vous le finirez le sourire aux lèvres.

Il n’existe pas beaucoup d’auteurs capables de mettre leur héros dans une position stéréotypée au possible et de s’en sortir avec les honneurs. Westlake le réussit parfaitement, il colle Dortmunder dans une douche alors que le cambriolé rejoint ses pénates un peu plus tôt que prévu et ça marche.

Les personnages sont tous plus ou moins timbrés, on les aime d’ailleurs comme ça. Les hasards se succèdent jusqu’à rendre la situation absurde et pourtant très logique. Les réflexions personnelles de Dortmunder et les dialogues rajoutent de la légèreté et de la saveur à l’ensemble.

Idéal pour un mois de mars frisquet, on se fout dans son fauteuil et on n’en bouge plus, trop heureux de se trouver avec Dortmunder & co.

Donald Westlake, Et vous trouvez ça drôle?, Rivages, 2012 (What’s so funny?, 2007) traduit de l’anglais par Pierre Bondil.

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