Message dans une bouteille

Les sorties se bousculent, les lectures s’accumulent et je me rends compte que j’ai parfois loupé des épisodes. J’hésite, et puis je me dis que tant pis, je les lirai à la retraite ou lorsque je serai riche et que j’arrêterai de travailler (c’est ça, rêve ma fille, une libraire qui devient riche, haha!)

Toujours est-il que je n’ai pas eu le temps de lire Profanation de Jussi Adler Olsen que déjà la troisième enquête du département V sort en librairie. Comme j’avais beaucoup aimé Miséricorde, le premier volume, je m’y suis mise tout de suite avant de me laisser submerger par le reste des parutions. Tant pis pour la chronologie, je passe directement à la nouveauté.

DélivranceLe duo est devenu trio avec l’ajout de Rose, secrétaire tout à fait particulière. Carl Mørck est toujours aussi tourmenté. Son ex-femme, un peu trop intense, veut revenir à la maison et il a accepté que son meilleur ami, qui est paraplégique, s’installe chez lui, malgré le sentiment de culpabilité qui l’envahit à chaque fois qu’il le regarde. En plus, on essaye de le faire déménager de son bureau au sous-sol où il se cache pour être le plus inactif possible. Finalement, diriger le département V n’est pas si reposant, alors que les enquêtes non résolues lui semblaient plus tranquilles.

Cette fois-ci, l’affaire est encore plus bizarre. Une bouteille a été trouvée sur les côtes écossaises, elle a été oubliée pendant quelques années dans un commissariat local avant d’être envoyée au Danemark puisque le message qu’elle contient est formulé en danois. Le jeune qui l’a écrit lance un SOS. Canular ou vrai crime? À l’équipe du département V de le découvrir.

Jussi Adler Olsen utilise dans Délivrance un peu la même structure que dans son premier polar. On lit à la fois l’enquête et des éléments se déroulant à différents moments, mais qui, on le sent, prendront tous leurs sens avant la fin du livre.

J’ai trouvé que le roman était assez lent à se lancer, au risque de me perdre un peu, mais lorsque le rythme s’accélère, on est accroché et on suivra Mørck et l’assassin jusqu’au bout pour voir le dénouement.

Comme dans ma précédente lecture, ce sont les personnages qui évoluent autour de la figure centrale qui m’ont le plus intéressée. Mørck est en effet assez classique finalement dans son rôle de flic à problèmes. Par contre, Assad, son assistant, a pris de l’envergure, il est de plus en plus présent et c’est tant mieux. Une part de mystère demeure sur sa vie d’avant et la manière dont il s’est retrouvé au Danemark, mais il prouve qu’il peut être à sa façon un excellent policier, allant jusqu’à élucider une enquête pour ses collègues des étages supérieurs.

Le meurtrier aussi est intéressant, on le comprend peu à peu en le découvrant et en observant jusqu’où peut le pousser sa folie. Le mobile est peut-être un peu facile, on se laisse toutefois prendre par l’intrigue.

Adler Olsen crée un équilibre fragile entre affaire sérieuse et personnages hauts en couleur. Cela peut parfois paraître trop gros comme avec Rose et sa soeur Yrsa, mais on finit par accepter tel qu’il est l’univers de l’auteur, qui nous donne un peu d’air frais dans une enquête relativement noire.

Délivrance est peut-être moins un coup de coeur que Miséricorde, mais j’ai tout de même adopté Adler Olsen et j’essaierai cette fois-ci de ne pas rater le quatrième.

Jussi Adler Olsen, Délivrance, Albin Michel, 2013 (Flaskepost Fra P, 2009) traduit du danois par Caroline Berg.

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6 commentaires sur “Message dans une bouteille”

  1. Éric Forbes Says:

    Tout ce qui t’as agaçée dans ce livre m’a encore plus agaçé que toi, ce qui fait que j’ai détesté ! J’aime que l’auteur nous parle de la vie personnelle de ses protagonistes, mais trop c’est comme pas assez, comme qu’on dit par chez nous ! Et puis Rose et sa soeur jumelle sont d’une telle invraissemblance, que ç’en est affligeant. Sans compter l’intrigue qui s’étire sur 300 pages de trop(y’a des éditeurs qui ne font pas leur travail). Sans compter les motivations ridicules du tueur… Bref, je ne lirai plus de Alder-Olsen. Déjà que le 2e de la série était très ordinaire…
    Je suis en train de lire: Il faut tuer Lewis Winter, de Malcom Mackay, chez Liana Levi. Un chef d’oeuvre de concision. Comme quoi il n’est pas nécessaire de faire long pour faire bon!

    • Morgane Says:

      C’est noté pour le conseil.
      Heureusement que je n’écris pas de fiction, j’aurai peur de toi🙂 Et moi qui me trouve dure parfois! Mais je ne dis pas que tu as tort d’ailleurs, même si j’ai quand même pris du plaisir à ma lecture et que des éléments m’ont permis de passer par dessus les faiblesses.

  2. Éric Mission Encre Noire Says:

    Adopter un auteur de polar…ça se nourrit de nouveautés de toute manière ces bêtes là, non ?

  3. Éliane Vincent Says:

    Entre deux critiques aussi rigoureuses et opposées, que faire d’autre que lire et décider soi-même! Pour ma part, je sors de Geneviève Lefebvre (La vie comme avec toi) et j’en suis encore toute retournée… elle m’a fait un gros gros effet!

  4. MIC Says:

    « MISERICORDE » est un polar banal avec peu de personnages en scène et un unique flash-back. Dès lors, en reliant les deux, on devine rapidement la solution, et la deuxième partie du livre par conséquent est sans surprise et passe beaucoup moins vite. Un polar très surestimé à mon goût. MIC.


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