Assassinats et feuilleton

J’ai de la critique en retard comme d’habitude. Mais là, ça se complique, parce que je dois parler d’un livre que je n’ai plus entre les mains. Il a continué sa vie de roman et a déjà trouvé un nouveau lecteur. Alors, tête, fais ton boulot! Quand on me connaît, on sait que ça ne va pas être simple, mon chat et moi, on fait des concours pour la mémoire la plus courte, il gagne souvent, mais je ne suis pas loin derrière!

Pour une fois et sur les conseils de Richard, je me suis lancée dans un polar historique alors que ce n’est pas mon genre préféré. Disons-le tout de suite, cela valait largement la peine, Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry est une réussite. Mais avant de développer pourquoi, un mot sur le récit.

Paris, 1885. Clara est en deuil, son amant vient de mourir. Tous les regards de la capitale sont tournés vers celle que l’on surnomme La Saint-James dans l’attente de son choix d’un nouveau protecteur ou de qui aura les moyens de se l’offrir. Car oui, Clara Saint-James est ce qu’on appelle « une horizontale » même si de luxe. Elle prend son temps et, en attendant, exécute la dernière volonté de son amant, remettre une somme d’argent à un certain Victor Dupuy.

Pendant ce temps dans Paris, on retrouve des garçons assassinés, le cou ouvert, vidés de leur sang et posés sur un lit de fleurs blanches. La police ne fait pas grand-chose, car ce sont des enfants des rues, sans famille ni revenus. Parce que son jeune domestique disparaît, Clara décidera d’enquêter elle-même en demandant l’aide du docteur Dupuy.

Alors que les meurtres continuent, la population gronde et se passionne pour un feuilleton qui paraît dans un journal et dont le récit ressemble étrangement aux évènements qui secouent la ville. L’écrivain qui se cache derrière un prête-nom en sait-il plus sur ces morts?

Patricia Parry a créé des personnages originaux surtout pour cette période de l’histoire. Elle met en avant deux figures qui normalement se retrouvent en marge de la société: Clara par son choix de vie et Victor à cause de la couleur de sa peau puisqu’il est métis. Cela permet à l’auteure de nous en apprendre un peu plus sur le sort de ces hommes passés d’esclaves à libres, mais qui perdront rapidement leur droit alors qu’ils se seront battus pour la France. C’est l’occasion aussi de parler du plus célèbre d’entre eux: Alexandre Dumas père.

Le personnage de Victor Dupuy nous présente également l’état de la médecine en France à l’époque. La science avance, mais les vieilles croyances ont la peau dure, en particulier chez ceux originaires des îles. Cela est la base même de l’histoire que nous raconte Patricia Parry. Je ne veux pas en dire plus de peur de dévoiler trop de rebondissements.

Elle étoffe les personnalités au fil du récit en les complexifiant et en tissant le lien qui va les unir. Les deux héros principaux, mais également les personnages secondaires deviennent attachants, car on les visualise parfaitement.

Apprendre des choses sur une période historique est intéressant, mais cela ne suffirait pas à en faire un bon roman, il faut aussi un style. La structure choisie par l’auteure fait la différence. Deux voix se répondent, celle d’un narrateur omniscient qui nous raconte Clara et celle de Victor Dupuy dans laquelle on sent toutes ses émotions. En contrepoint arrive le feuilleton dont j’ai déjà parlé, La ligue des notaires, que l’on suit en espérant en savoir un peu plus sur l’affaire qui nous occupe. Cela dynamise la lecture puisque l’on change de point de vue.

Je me suis laissée happer par Sur un lit de fleurs blanches et une fin de semaine m’aura suffi pour le terminer. Que l’auteure soit en plus Toulousaine ne gâche rien, je suis toujours contente de parler des gens talentueux de mon coin de pays! Alors si vous avez envie d’une lecture dépaysante et bien foutue, n’hésitez pas et allez découvrir le Paris de Victor Dupuy et Clara Saint-James.

Patricia Parry, Sur un lit de fleurs blanches, Éditions du Masque, 2012.

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One Comment sur “Assassinats et feuilleton”

  1. Richard Says:

    Je suis très heureux que tu aies aimé ce roman de Patricia Parry. J’adore cette auteure et je me demande vraiment comment il se fait qu’elle ne soit pas plus connue au Québec.
    Patricia apporte quelque chose de bien différent dans le monde du polar.
    Je me fais un plaisir d’en parler !


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