Lectures de vacances, début du séjour

La pile de livres que j’ai lus pendant mes vacances prend des allures de tour de Pise et menace de tomber sur mon bureau. Il est temps que je lui règle son compte avant qu’il y ait des victimes. Comme elle est un peu haute et que certains titres se font lointains, je reviens à mes chroniques express, mais en deux parties. Pas d’ordre de préférence ici, mais plutôt une chronologie des polars qui ont accompagné mes pérégrinations, pas toujours vraiment en rapport d’ailleurs. Première portion du voyage.

À tout seigneur tout honneur, je me suis plongée en attendant l’avion qui m’amènerait vers Toulouse dans The Anniversary Man de Roger Jon Ellory. Je crois qu’on aura déjà compris que l’auteur m’a charmé; pourquoi ne pas alors lire un de ses livres pas encore paru en français?

1984, John Costello a 16 ans et rencontre Nadia. Un jour, dans un parc, ils sont attaqués par le tueur en série « Hammer of God », Nadia meurt, John survit, mais ne reprendra jamais une vie normale. 2006. Des crimes se succèdent à New York, rien de bien original là-dedans et la police ne fait pas de rapprochements, chacun étant unique. Pourtant, John Costello y voit un lien, un motif qui se dessine. En compagnie de sa collègue journaliste et d’un flic un peu revenu de tout, il se confrontera à un monstre plus difficile à attraper que les autres.

Une fois de plus, Ellory emprunte une avenue différente de celles qu’il a déjà arpentées. L’enquête est peut-être plus classique que dans les premiers avec un flic dans le rôle principal et il s’attaque au thème traditionnel du tueur en série. Sauf qu’il réussit à en faire quelque chose de plus que certains en ne parlant pas d’un seul assassin, mais de tous ceux qui ont terrifié les États-Unis. Le suspense de ce polar a été parfait pour faire passer le temps plus vite dans mon voyage transatlantique. En résumé, ce n’est pas mon Ellory préféré, mais il ne me déçoit jamais en m’offrant à nouveau un roman qui se savoure.

À mon arrivée en France m’attendait Nostalgie, quand tu nous tues de Rodolphe Fontaine que m’avait gentiment envoyé les éditions Les 2 Encres. Ne connaissant ni l’auteur, ni l’éditeur, j’étais curieuse, voire dubitative. Disons-le tout de suite, la découverte fut agréable.

On retrouve un noyé à Rouen. Chargé de l’enquête, le commandant Marius Korda pense reconnaître la victime. Avec son meilleur ami Hippolyte, ils vont replonger dans leurs années lycées pour mener à bien les recherches.

Rodolphe Fontaine a créé deux personnages sympathiques: Hippolyte, jeune homme devenu riche très tôt et qui désire juste être publié et son ami d’enfance, Marius, le flic appréciant vivre. Certes, quelques-uns de leurs traits pourraient être stéréotypés, mais on s’y fait très vite, on les accepte comme il les a écrit et j’ai aimé l’amitié qui les liait. Le crime en lui-même touche au thème classique de la vengeance, mais l’auteur réussit à mettre le petit twist qui fait la différence en plaçant la première victime dans le rôle du principal suspect. La résolution est peut-être un peu facile, se faisant lors du dernier chapitre dans une conversation entre les protagonistes. Les citations littéraires que s’échangent les deux amis tout au long du récit, même si elles sont nombreuses, ne m’ont pas déplu, titillant ma curiosité. Verdict: pas désagréable du tout sous le soleil du Lot-et-Garonne!

Que lire quand on part à Barcelone? Comme je ne fais rien comme tout le monde, c’est un Canadien anglophone que j’avais embarqué dans mon sac-cabine, pour que son hiver québécois me rafraichisse de la chaleur catalane. J’avais écouté John Farrow échanger avec Leonardo Padura lors du festival Metropolis Bleu il y a quelques semaines. De son vrai nom Trevor Ferguson, l’auteur d’origine ontarienne a publié une dizaine de romans et de pièces de théâtre ainsi que des polars sous ce pseudo de John Farrow. Il a créé le personnage d’Émile Cinq-Mars, inspecteur de la police de Montréal. Dans Ice Lake, alors que celui pêche sur un lac gelé en compagnie de son partenaire, le corps d’un homme est retrouvé sous la glace. Même s’il ne s’agit pas de sa juridiction, il ne va pas pouvoir s’empêcher de fureter, dévoilant un complot dont les ramifications s’étendent des sphères du pouvoir jusqu’aux réserves indiennes (je sais, c’est très vague, mais je ne veux pas trop en dire pour vous laisser découvrir). Il s’agit là d’un polar assez classique, pas révolutionnaire, mais qui tient bien sa place face à d’autres. On y retrouve Montréal comme on l’aime et le côté procédural fonctionne à travers la description des différents corps de police qui sont chargés d’enquêter au Québec. Farrow amène une dimension plus internationale et sociale en parlant des entreprises pharmaceutiques prêtes à sacrifier des vies humaines pour faire du profit.

Cela n’aura pas été une découverte qui m’aura renversée, mais j’ai aimé lire un roman policier québécois écrit par un anglophone, cela donne une vision légèrement différente, une autre atmosphère.

Pas très espagnol comme lecture? Ne vous inquiétez pas, je vais pouvoir me rattraper. Je ne pouvais quand même pas passer par Barcelone sans visiter la Librería Negra y Criminal. Coup de foudre immédiat pour ce lieu tout petit, mais rempli de polars et où l’on est accueilli chaleureusement et avec passion. Je suis donc repartie plus chargée qu’à l’aller avec Sabotaje olímpico de Manuel Vázquez Montalbán (ça, c’était mon plaisir), El verano de los juguetes muertos de Toni Hill et La reina sin espejo de Lorenzo Silva sur les conseils du libraire qui a su être très convaincant. Prochaine étape, les lire parce que parler espagnol, je sais, mais le lire, c’est une autre histoire!

Quand je serai grande, je veux une librairie toute pareille avec la mer juste à côté.

D’ici quelques jours, la suite des mes lectures de vacances avec un John Connolly et, enfin, La griffe du chien de Don Winslow!

R.J. Ellory, The Anniversary Man, Orion Books, 2009.

Rodolphe Fontaine, Nostalgie, quand tu nous tues, éditions Les 2 Encres, 2012.

John Farrow, Ice Lake, Harper Collins, 2001.

 

Explore posts in the same categories: Polar

Étiquettes : , , , , , , , ,

You can comment below, or link to this permanent URL from your own site.

4 commentaires sur “Lectures de vacances, début du séjour”

  1. Éric Forbes Says:

    La Ville de glace, le 1er de Farrow est, selon moi, le meilleur de la série. La dague de Cartier, le 3e, est à fuir! J’espère que tu as aimé La griffe du chien, un des meilleurs polars que j’ai lu ces dernières années. D’ailleurs, sur un sujet similaire, je viens de finir Triple frontière, de Sebastian Rotella. Même s’il n’a pas la puissance et l’envergure du Winslow, il est fort intéressant.

    • Morgane Says:

      J’irai peut-être lire le premier de Farrow alors. J’hésitais, je ne sais pas pourquoi, pour le Rotella, mais je vais sûrement le rajouter à la pile alors.
      Pour La griffe du chien, je laisse planer le suspense🙂

  2. Éliane Says:

    J’adore ce panaché de lectures internationales, merci Morgane! Et pour ta librairiepourquandtuseragrande, est-ce que la mer doit être chaude absolument? Parce que j’ai un Bas-du-Fleuve grandiose à te proposer, moi…

    • Morgane Says:

      Le Bas-du-Fleuve, c’est vrai que c’est magnifique et un jour peut-être que ça me tentera… Avec le triplé complet, chum-enfant-chien (sans oublier le chat qui est déjà là). Pour l’instant, je vais rester dans la grande ville chercher le premier élément🙂


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :