L’automne en hiver

Je pense que je vais faire comme tout le monde et commencer à me plaindre de cet hiver sans réelle neige avec un froid qui fait le yoyo. Ça n’y changera rien, mais ça me défoulera et me fera oublier mon rhume qui squatte. Heureusement que ça ne m’empêche pas de lire, je deviendrai beaucoup plus impatiente. J’ai donc enchaîné quelques romans sans avoir le temps d’en parler, mais je me rattrape.

Mons Kallentoft nous revient avec son personnage de Malin Fors pour sa troisième saison, Automne. Jerry Peterson, un riche avocat issu d’un milieu modeste vient d’être assassiné à Lund. Enfant du pays parti travailler à Stockholm, il a fait fortune et a décidé de s’installer dans sa région. Profitant de la situation difficile de la famille noble du coin, il a acheté le château de Skogså, s’attirant au passage leur haine d’avoir pris le domaine familial. Cette fois, ce ne sont pas les suspects qui manquent, l’homme était détesté d’à peu près tout le monde. Et pourtant, sans indices ou presque, il faudra beaucoup de travail à Malin et son équipe pour trouver les coupables.

Dans ce troisième livre, Malin Fors est plus fragile que jamais. À la fin d’Été où sa fille avait failli être assassinée, elle s’était installée à nouveau avec son amour de jeunesse. Aujourd’hui, rien ne va plus, ses démons la rattrapent et l’alcool, qui était déjà présent, devient une solution à toutes ses angoisses. Il lui faudra agir si elle ne veut pas perdre son emploi et sa famille.

L’intrigue est intéressante, elle nous fait rentrer dans les mentalités des petites villes avec leurs châtelains immuables, leurs abus de pouvoir et les haines ancestrales qui en découlent. Difficile pour la police d’enquêter quand les raisons remontent à des dizaines d’années. En plus, la bourgeoisie et son argent ont remplacé la noblesse, rien ne change vraiment.

Les allers-retours entre passé et présent impriment un rythme à la lecture. À travers des évènements datant de plus de quarante ans, on comprend un peu mieux comment on a abouti à la situation actuelle et aux crimes qui se commettent.

Encore une fois, mon goût me fait lire rapidement ses passages presque poétiques où la victime s’adresse à Malin Fors. Ils ne sont pas toujours particulièrement utiles à l’intrigue mis à part le fait qu’ils donnent une atmosphère un peu fantomatique et une aura étrange à Malin Fors comme si elle pouvait écouter ce qui n’est plus là (alors qu’elle est beaucoup trop dans le cirage cette fois-ci).

C’est le côté personnel qui m’a beaucoup moins plu. Je le sais juste (noyer dans l’alcool ses peurs n’est pas une nouveauté), mais je crois qu’il y a assez de flics alcooliques dans le circuit. Qui plus est, j’ai trouvé la réaction de sa hiérarchie peu réaliste; les abus sont visibles, ses collègues la ramassent évanouie dans son salon, elle conduit en état d’ivresse et pourtant, elle enquête toujours, on l’envoie même en Espagne pour un séjour professionnel au soleil. Il me semble simplement que ce que l’on pardonne à un Rebus ou un Hole me paraît moins crédible sur la mère de famille qu’est Fors. C’est peut-être moi qui aime trop mes stéréotypes!

Malgré ses quelques défauts, cela reste toutefois une lecture très agréable qui vous fera passer un bon moment. Et en cette période de froid qui favorise l’envie de s’installer sur son canapé, on ne demande pas mieux.

Mons Kallentoft, Automne, Serpent à plumes, coll. « Serpent noir », 2011 (Höstoffer, 2009) traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss.

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7 commentaires sur “L’automne en hiver”

  1. Éric Forbes Says:

    Je ne l’ai pas terminé, celui-là. Contrairement aux deux premiers. Trop ennuyant et, comme dit monsieur Spehner, un peu trop matantisé ! Moi j’aime bien les flics alcooliques. Plus que les végétariens qui carburent à l’eau distillée, du moins. Hole et Rebus conduisent en état d’ébriété ? Naaan ! impossible ! Ou alors, s’ils le font, c’est qu’ils supportent bien l’alcool, eux !
    Je viens de finir le dernier Robert Crais, pas encore sorti ici. Crais, c’est comme les bonbons-pataes de ma mère, rien d’extraordinaire, mais diablement réconfortant !

    • Éric Forbes Says:

      Bonbons-patates, avec un 2e ‘t’. Délicieux mélange de sucre à glacer, de patates et de beurre de peanut !

      • Morgane Says:

        Spécialité locale? Je ne suis pas sûre qu’un palais importé apprécierait (le beurre de peanut, on nait avec ou pas!), je devrais peut-être essayer 🙂

    • Morgane Says:

      C’est peut-être mon problème avec Malin Fors, elle a l’alcool triste. Rebus, ça c’est de la tenue!

  2. Éric Forbes Says:

    Ingrédients
    1 pomme de terre, cuite
    3 1/3 tasses (700 g) sucre à glacer
    3 c. à table (45 ml) beurre d’arachides

    1 Dans un bol, piler la pomme de terre cuite. Ajouter peu à peu le sucre à glacer.
    2 Il est normal que la préparation soit liquide au début. Le tout va épaissir et devenir une pâte.
    3 Mettre un peu de sucre à glacer sur l’aire de travail et abaisser la pâte à 1/8 pouce (0,3 cm) environ.
    4 Ajouter un mince couche de beurre d’arachides partout sur la pâte. Rouler la pâte.
    5 Couper en bouchées.


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