Angelito, neuf ans et même pas peur

Je romps enfin ce long silence en ayant l’impression de commencer avec toujours cette même idée dans mes post de ces derniers mois. Mais bon, il y a des moments comme ça où on n’a pas envie, pas le temps, pas les lectures, pas l’énergie, cochez la réponse qui vous conviendra le mieux. Et puis finalement, cela faisait aussi partie de mes choix de départ: ne pas me forcer à écrire quand je n’ai rien à dire (c’est une leçon du père d’Angelito, vous allez voir, je suis logique), quitte à travailler fort pour reconquérir des lecteurs par la suite.

Tout cela pour dire que je suis de retour et voilà! Un retour même pas 100% polar, en plus. Rien ne va plus dans Carnets Noirs, mais le plaisir reste entier.

 

J‘ai neuf ans.

Je n’ai pas peur.

Quand j’étais petit, je faisais des cauchemars qui me réveillaient en criant. Mon père venait me rassurer. Maintenant, c’est fini.

J’ai grandi. Mon père dit que si je suis capable d’attacher tout seul mes lacets, alors je n’ai plus besoin d’être consolé.

Ça fait longtemps que je lace mes souliers sans l’aide de personne.

9 ans, pas peur

C’est Angelito qui parle. Angelito a neuf ans, un père voleur (de télévisions, c’est difficile, il faut vraiment s’y connaître pour voler les meilleures) et une mère infirmière psychiatrique avec les barzingues. Un jour, un homme aux chaussures noires vient chez eux et remet un paquet à son père. C’est là que tout change et que son quotidien va être bouleversé. Cela peut être dangereux la vie de cambrioleur.

En moins de cent pages, André Marois crée un univers à part entière autour d’Angelito et de ses parents. À travers les yeux du gamin, avec son vocabulaire, il nous montre une famille et ce qui leur arrive quand ça se complique dans le monde des adultes. Le lecteur, lui, décode et comprend.

Écrire un texte en faisant parler un enfant est, à mon avis, un exercice très difficile pour un auteur et André Marois y excelle. Il parvient à rester juste sans enfoncer le clou, en équilibre entre l’humour enfantin et le sérieux adulte (ou est-ce le sérieux de l’enfance et le détachement de l’âge?). On écoute avec beaucoup de plaisir, et souvent un grand sourire, Angelito raconter ses parents et sa vie.

Car, comment agit-on quand on a neuf ans et que tout change? Qu’il faut aider sa famille pour retrouver sa stabilité? Mais, Angelito n’est pas un enfant comme les autres, son père lui a enseigné à observer, réfléchir et surtout, que si on n’a rien d’intéressant à dire, il vaut mieux fermer sa grande g… Alors quand il lui faut passer à l’action, il est prêt — après tout, cela fait longtemps qu’il sait lacer ses souliers.

Dans ce très court roman, à la fois noir et drôle, André Marois (ou est-ce Angelito? ) nous donne une belle leçon d’humanité. On n’est pas obligé de tout faire comme tout le monde pour être heureux, les familles atypiques, ça marche également et parfois même mieux. On a le droit d’avoir peur aussi, surtout quand on a neuf ans, mais on peut toujours s’en sortir et la peur s’en va.

C’est le genre de roman qu’on prend plaisir à attraper dans sa bibliothèque régulièrement, pour s’y replonger et sourire aux mots de l’auteur et à la candeur naïve et tellement sérieuse du narrateur. Je cherche des passages pour en parler et je me retrouve à le relire dans son entier, à voix haute dans mon salon.

Parce que finalement, certaines questions primordiales restent sans réponse: Si on grandit pendant qu’on dort, est-ce que les nains sont insomniaques?

André Marois, 9 ans, pas peur, La courte échelle, 2010.

Pour un autre avis, Richard en parle sur son blog.

Et pour lire plus d’André Marois, vous pouvez allez sur son site ou son blog.

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4 commentaires sur “Angelito, neuf ans et même pas peur”

  1. Éliane Says:

    Je seconde absolument, Marois est un maître conteur!

  2. Richard Says:

    Bonjour Morgane,

    Nous sommes entièrement en accord !

    Merci pour le lien !


  3. voilà un billet qui donne envie !!!

  4. Dialog Says:

    Un autre auteur qui a réussi, à mon avis, à faire parler avec saveur un enfant de 11 ans, c’est Barbara Constantine dans Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom. petit roman savoureux avec des pointes de suspense, petit roman rempli de personnages attachants tels que perçus par Tom qui se débrouille avec sa mère de 24 ans, retournée à l’école, en l’aidant dans ses devoirs.


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