Des cowboys, des indiens … et des basques.

C’est peut-être, comme me l’a dit quelqu’un qui se reconnaitra, parce que je suis européenne que les grands espaces et les indiens m’impressionnent. Il faut croire que les quelques années passées sur le continent américain ne m’ont pas encore blasée. Et c’est vrai que quand c’est Craig Johnson qui les écrit, cela me touche plus encore. J’avais beaucoup aimé Little Bird, j’ai adoré retrouver le shérif Walter Longmire et tous ceux qui l’entourent dans Le Camp des morts.

Il y a un mois que les évènements racontés dans Little Bird se sont déroulés. Le shérif Longmire se remet doucement en travaillant. Mari Baroja est retrouvée morte à la maison de retraite, rien de très surprenant jusque-là. Et pourtant, l’ancien shérif Connally, qui vit là également, est persuadé qu’on a tué celle qui avait été sa femme il y a des années de cela. Par amitié envers son mentor, Walter Longmire va accepter de jouer le jeu et d’enquêter. Quand les tentatives de meurtres et les corps se succèdent, il comprend qu’il ne s’agit peut-être pas seulement d’une hallucination de Lucian Connally et qu’il va lui falloir plonger dans un passé vieux de cinquante ans.

Craig Johnson ne perd pas la main, il arrive encore une fois à nous trimballer au fin fond du Wyoming où il nous apprend sans avoir l’air d’y toucher quelques informations sur l’immigration des basques aux États-Unis au 19ème siècle.

Walter va creuser dans le passé de Mari Baroja et découvrir une existence plus que difficile dans une communauté parfois trop fermée pour réussir à s’intégrer. En même temps, il va buter sur tout ce que lui avait caché Lucian malgré leur longue amitié et entrevoir une réalité qui ne l’enchante pas.

De Gaulle parlait des français et de leurs nombreux fromages? Il ne semble pas plus facile de faire respecter la loi dans une communauté parlant plusieurs langues indiennes plus le basque. Le shérif Longmire a donc du pain sur la planche.

Craig Johnson parvient sans problème à implanter son décor et à nous guider dans ces contrées sauvages. Il écrit à la fois une enquête très bien menée avec son lot de revirements mais aussi un portrait d’une petite ville du Wyoming avec beaucoup de tendresse. Comme dans Little Bird, j’ai aimé le second degré et l’humour qui jalonnent le récit. Cela donne des dialogues plus que savoureux :

«  – T’as plus de propane?

– Le chauffage ne marche jamais quand il fait vraiment froid.

– C’est pratique.

– Oui, en été, il marche très bien. »

Encore une fois le Wyoming semble froid, abonné aux tempêtes violentes et inhospitalier pour le touriste perdu. Et pourtant ses habitants selon Craig Johnson sont drôles et pince sans rire comme on les aime. Il y ajoute la légère touche de spiritualité qui rend ce voyage en pays indien plus troublant encore. On retrouve avec beaucoup de plaisir le meilleur ami de Longmire, Henry Standing Bear, son adjointe au langage fleuri, Vic, et sa fille avocate. S’y ajouteront quelques nouveaux visages, dont un mexicain au nom basque. Mais je vous laisse découvrir cela tous seuls, tout le plaisir est dans la lecture.

Craig Johnson, Le camp des morts, Gallmeister, 2010 (Death Without Company, 2006), traduit de l’anglais (américain) par Sophie Aslanides.

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9 commentaires sur “Des cowboys, des indiens … et des basques.”


  1. Ben tiens ! on vient de me l’offrir pour la fête des pères. Que de bonheur en perspective !

  2. Richard Says:

    Et moi, on m’a offert des certificats cadeaux de chez Monet !!!!
    J’ai des enfants très perspicaces, intelligents … et qui font de bien beaux cadeaux !
    Et une amie libraire qui m’en mettra sûrement un de coté !!!
    « Little Bird » est sur ma table de chevet … Je pense que je vais les lire en rafale, pendant les vacances !
    Merci Morgane!
    Bon dimanche !

    • Morgane Says:

      Il y a des enfants qui savent quoi offrir à leurs pères, un bon livre ou un certificat-cadeau, quelle bonne idée 🙂
      Et j’ai mis un exemplaire de côté pour toi Richard!

  3. Éric Forbes Says:

    Je me reconnais !

    • Morgane Says:

      Vas-tu quand même essayer celui-ci? Peut-être que les basques vont changer la donne 🙂

  4. Éric Forbes Says:

    Mince, on ne l’a plus à la librairie ! Pas de chance !

  5. Dialog Says:

    J’avais bien aimé Little Bird. J’ai adoré Le camp des morts. Craig Johnson est un excellent conteur. Sa description des liens entre lles acteurs de son roman excellente; très peu de ses personnages sont des figurants, sauf peut-être le commanditaire du meurtrier. C’est là un de ses charmes; les dialogues anodins et savoureux entre eux sont souvent accompagnés d’apartés intérieurs du héros, réflexions qu’il ne livre qu’au lecteur.

    La plupart des personnages ont une présence bien typée, une consistance particulière propre. Sa description du paysage m’a constamment ramené à cette époque particulière de l’année où le temps s’arrête, est suspendu, où l’imaginaire se perd dans l’obscure clarté d’une neige qui tombe, tombe et tombe.


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