Retour aux origines

J’ai lu Origine un peu par hasard. Je l’avais reçu à la librairie et je l’avais placé dans ma bibliothèque sans même le regarder. Je l’ai commencé sans savoir vraiment à quoi m’attendre.

Nous sommes à Syracuse. Lena travaille dans l’unité scientifique de la police avec comme spécialité les empreintes digitales. Avec le temps, elle est devenue celle vers qui l’on se tourne pour toutes les affaires concernant des enfants, ce qui s’explique probablement par le fait que sa propre enfance est compliquée. Placée dans une famille à l’age de deux ans, elle ne sait rien de ses origines.

Sa curiosité est éveillée après la mort d’un bébé classé comme une mort subite du nourrisson. La mère n’y croit pas. Lena se rend compte qu’il y en a eu d’autres, trop pour être normal. Mais y-a-t-il vraiment un tueur en série qui s’en prend à des bébés et a-t-il un lien avec son passé, comme elle le soupçonne?

Voilà à peu près ce que nous dit la quatrième de couverture et ce que je peux révéler sans dévoiler l’intrigue. Le récit est fait par Lena, jeune femme à l’équilibre fragile, renfermée. Divorcée d’un mari qui l’a trompé pendant des années, vivant dans un appartement glauque, elle n’a plus de contact non plus avec sa famille d’accueil. Au cours de l’enquête, son chemin va croiser celui d’un flic qui comme elle a vécu des moments difficiles.

Ma première impression après une quarantaine de pages n’a pas été particulièrement bonne. Sans dévoiler toute l’intrigue, Lena y explique qu’elle a été découverte à l’âge de deux ans dans une forêt où elle vivait probablement avec des singes. Là, j’ai été prise d’un doute intense sur mon envie de finir le livre. Élevée par des singes? C’est une blague? Mais bon, j’ai continué et j’admets que ce n’est pas aussi simple que le début le laisse présager et que l’intrigue se complexifie. Les spectres de Tarzan et Mowgli s’éloignent pour laisser la place à un polar plus classique.

Je dois reconnaître à Diana Abu-Jaber la volonté de créer une intrigue originale autour du thème de la maternité et du besoin de connaître ses origines pour mieux se construire. Le personnage de Lena a des côtés attachants et sa fragilité la rend intéressante. Mais cela ne suffit pas et je n’ai pas vraiment été convaincue. Les personnages sont à la limite du caricatural pour certains et trop invraisemblables pour d’autres. Le fait que Lena soit le narrateur pourrait donner de la vie et du rythme au récit et pourtant, certains passages sont complétement froids et détachés alors qu’on est au milieu d’une enquête policière. Les intrigues parallèles, les échanges entre Lena et son ex-mari ou avec ses collègues sont un peu faciles et pas très originaux. L’idée de départ aurait pu être bonne mais elle n’est pas aboutie.

J’ai finalement passé un pas trop mauvais moment de lecture et j’ai eu envie de terminer sans avoir à me forcer mais la réflexion qui suit me fait apparaître clairement les faiblesses et ce n’est pas un livre que je recommanderais. Je suis peut-être d’autant plus sévère qu’il est paru chez Sonatine qui jusque là ne m’avait pas déçue alors que celui-ci n’est vraiment pas à la hauteur. Dommage.

Diana Abu-Jaber, Origine, Sonatine, 2010 (Origin, 2007) traduit de l’anglais (Américain) par Édith Ochs.

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3 commentaires sur “Retour aux origines”

  1. Éric Forbes Says:

    Quand même un peu surestimer, les éditions Sonatine. Sauf les Ellory (surtout Seul le silence, je m’explique mal pourquoi Vendetta a gagné le prix des libraires,un bon polar, certes, mais il y en a eu d’infiniment meilleurs cette année-là) pas de très grande réussites. Quelques titres dans la moyenne(Flynn, Kellerman), pour le reste, du très moyen, et j’inclus là-dedans le Shane Stevens, un polar interminable et ennuyeux qui aurait gagné à être amputé de quelques centaines de pages. Une pub agressive et des livres fort jolis ont fait, jusqu’à maintenant, leur succès. Pour ma part, après quelques titres qui me sont tombés des mains, dont le Abu-Jaber, les Gran, les Mosby, le Maitland…etc, je leur laisse jusqu’à la fin de l’année pour faire leur preuve. Un Ken Nunn est annonçé à la rentrée, ce qui est une fichue bonne nouvelle ! Peut-être se lanceront-ils dans la traduction des Harry Crews ? On peut rêver.

    • Morgane Says:

      J’allais me lancer dans la défense absolue des éditions Sonatines mais bon, je n’ai pas lu Shane Stevens, Gran ou encore Mosby. Par contre, j’ai beaucoup aimé Les lieux sombres de Gillian Flynn! En ce qui concerne Vendetta et le prix des libraires, ce n’est pas un prix polar, je trouve déjà donc énorme qu’il est reçu ce prix en général plus dans la littérature générale. Et puis selon moi, il le mérite entièrement 🙂 Je maintiens quand même que pour une jeune maison d’édition, ils font de l’excellent travail alors qu’ils n’avaient pas de grands noms pour s’appuyer au départ. Avec Ellory, ils l’ont crée et c’est très bien.

  2. Flo Says:

    J’ai lu Origine et j’ai été déçue. Je crois que l’histoire policière vampirise trop le récit. Trop c’est trop. L’auteur aurait du se concentrer sur un aspect mais là il y a tellement de détails (les singes, sa famille d’accueil, son ex mari, ses relations avec ses collègues, sa nouvelle histoire…). L’histoire de Lena se lançant à la poursuite de ses origines auraient à mon avis suffit. De plus j’ai trouvé le dénouement alambiqué mais c’est peut être parce que j’avais envie de connaître la fin mais que je l’ai fini sans motivation…


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