Monsieur Ellroy

Ma première impression? Grand, définitivement. La deuxième, quelques secondes plus tard: une présence physique dans la librairie. C’est fou comment certaines personnes peuvent attirer les regards quand elles passent. C’est sûr que James Ellroy n’est pas un inconnu et que nous l’attendions tous avec impatience. Et pas seulement parce qu’il avait une dizaine de minutes de retard! Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un auteur qui a aussi profondément marqué ses lecteurs.

La salle n’était bien sûr pas tout à fait pleine, beaucoup de gens travaillent en après-midi mais on sentait ceux présents curieux de savoir ce qui allait arriver. Et je crois qu’aucun d’entre nous n’a été déçu. Soyons clair, Ellroy assure le service après-vente. Il fait son show et ça marche. Il s’est placé debout devant nous, un café à portée de main, pour lequel il a remercié d’un merci (en français) mon humble personne (petit moment de plaisir). Et il a lu. Mais alors quelle lecture! J’entends encore son cri « America! » Il vit son texte, le triture, le ralentit à volonté et le joue. Il y avait des sourires dans la salle mais surtout des auditeurs en haleine. On avait beau reconnaître le début d’Underworld USA , impossible de ne pas être à l’écoute, de ne pas suivre le rythme des phrases en anglais qui prennent une autre dimension à travers sa voix.

Les quelques questions qui ont suivi la lecture ont été rapides, le temps passait vite. Égal à ce que j’avais lu de ses entrevues, il allait droit au but.

S’il n’avait pas été auteur, aurait-il pu être policier? (drôle de question quand on connait la bio de l’homme me semble-t-il?) Non, mais il adore les flics, par contre, il n’aime pas particulièrement interagir avec le monde, donc pas un choix de carrière possible. (Non? C’est vrai?)

Que pense-t-il des adaptations de ses livres au cinéma? Ça ne l’intéresse pas, il a été payé pour ça et puis ça relance la vente des livres.

Est-ce qu’il s’est inspiré de Jack Kerouac pour le personnage de Pete Bondurant? Simple mais efficace « Jack Kerouac stinks ».

La question sur sa manière de travailler amène l’habituel « je ne lis pas les journaux, n’utilise pas Internet, ne regarde pas la télévision. »

Mais j’ai surtout aimé sa réponse lorsqu’on lui a demandé pourquoi des phrases courtes. Il n’a pas développé longuement mais les mots illustrent parfaitement son œuvre: Urgency, restless, paranoia.

Il va clore rapidement les questions d’un « Come on people, I want to meet you all ». Là encore, le professionnel en charge.

Les rencontres sont rapides, une poignée de main encore debout près de la table, une signature. Pas grave, ma lecture importe plus qu’un gribouillis sur une page titre.

Et un départ aussi rapide que son arrivée. Voilà, James Ellroy a été dans la place et il a laissé une impression.

Soyons totalement honnête, on se demandait tous un peu si on aurait droit à un esclandre. Il faut dire que l’homme a une certaine réputation, preuve supplémentaire l’engueulade de la journaliste Nathalie Petrowski en conférence de presse. Elle nous le raconte d’ailleurs elle-même sur cyberpresse. À sa lecture, il semblerait qu’elle ne semblait pas vraiment savoir à qui elle avait affaire. Heu, Ellroy, madame! Mais pour nous, juste beaucoup de calme et une politesse froide correspondant parfaitement au personnage.

C’était définitivement ma journée puisque j’ai eu droit quelques heures plus tard à une autre rencontre organisée pour les professionnels. Il faut bien quelques avantages en nature au métier de libraire. Se retrouver au 36ème étage de l’hôtel Marriot avec vue sur le Mont-Royal à écouter encore une fois James Ellroy en est un. Là encore, lecture du début du roman. Je l’ai dit, cet homme fait son show, il joue son Ellroy, mais franchement, je m’en fous parce que ça fonctionne! En tout cas avec moi, et je ne crois pas que j’étais la seule. Il a parlé de son éditeur François Guérif, qui était présent, en lui rendant hommage et puis de ses lecteurs français plus nombreux proportionnellement que dans son « own fucking country ». Prenons ça comme un merci.

Dernière impression? pas de mot. Tel que je l’imaginais et en même temps plus grand à tous les niveaux. Exactement ce que je voulais, pas assez vu de lui pour être déçue (je ne l’aurai peut-être pas été d’ailleurs) et juste assez pour garder ma fascination. Impressionnant!

De quoi nous donner encore plus envie de lire son prochain livre prévu à l’automne en anglais et début 2011 en français: The Hilliker Curse: My Pursuit of Women.

Richard relate très bien cette rencontre sur Polar, noir et blanc, il y a des photos sur Train de nuit et Paul raconte avec beaucoup d’humour la soirée au Marriott sur Dum spiro, lego (la prochaine fois, on se trouve?)

Merci à Pier-Philippe Rioux pour les photos.

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3 commentaires sur “Monsieur Ellroy”

  1. Richard Says:

    Bonjour Morgane,
    Quelle rencontre, en effet !
    Tout un personnage !
    Et même si ça fait un peu « groupie », n’a-t-on pas le droit d’avoir des moments où nous redevenons des enfants devant quelqu’un qui nous raconte une histoire ?
    J’ai adoré cette rencontre !
    Au plaisir d’en vivre beaucoup d’autres !!!
    Amitiés

  2. Paul Arre Says:

    Ah c’est marrant, on se croise sans le savoir 🙂
    Il était bon le petit vin rouge… hips.


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