Plus on est de fous

Pearce vient de sortir de prison et est reparti vivre avec sa maman chérie à Édimbourg. Pour les beaux yeux de Julie (qui va bien sûr jouer la fille de l’air), il se retrouve avec une dette auprès d’un usurier pas accommodant et il doit recouvrer celle des autres pour payer la sienne. Parce qu’il est un peu plus costaud que la moyenne, disons, et que la violence ne le dérange pas outre mesure quand elle est méritée.

Robin Greaves vient d’arrêter ses médicaments, il n’aurait peut-être pas dû vu qu’il a des tendances à être schizophrène. C’est ce qu’on se met à penser quand il décide de braquer un bureau de poste avec sa femme et son meilleur ami, qui est aussi l’amant de cette dernière. Enfin, amant, pas tant que ça puisqu’elle est frigide! Comme les trois se sont rencontrés à l’hôpital psychiatrique, ça risque de mal tourner.

Pas clair? Attendez que le trio infernal fasse une rencontre malheureuse avec la maman de Pearce et vous allez voir du gros baraqué fâché.

Et c’est parti pour un récit intense puisque toute l’action se déroule en moins de trois heures. Pearce crie vengeance et se lance à la poursuite des trois cinglés. Ces derniers de leur côté vont commencer à s’entretuer puisque Robin en veut à Eddie de lui piquer sa femme et que celui-ci commence à détester Carol qui refuse d’être touchée. Emmenez le psy, y’a du boulot!

Pour rendre ce joyeux bordel encore plus bordélique, Allan Guthrie rajoute un privé qui se ferait bien une part du pognon et son adjoint qui rêve d’être Sam Spade. Et puis il y a aussi Don, mais lui, je vous laisse le découvrir tous seuls.

On hésite entre le rire et les larmes et ça fait du bien. C’est du noir tirant sur le rouge (pour le nez de clown!) plutôt bien fait. Guthrie réalise l’exploit de nous décrire la misère dans sa réalité en nous faisant sourire. Avec son personnage de Pearce, il nous promène dans les tours HLM d’Édimbourg avec leurs drogués, leurs perdus obligés de s’endetter auprès des pires usuriers pour survivre. Ascenseurs en panne, escaliers occupés, squats pourris, on n’a pas vraiment envie de s’installer. Et il y a toujours des plus cruels pour en profiter.

Pour alléger l’ambiance, il nous plonge dans la tête d’un schizophrène, et bizarrement ça marche. Il faut dire qu’il utilise bien le comique de situation: nez cassé plusieurs fois, violence gratuite et escalade d’échelle branlante. Cela aide à rendre le sordide quasiment drôle.

De l’humour typiquement outre-manche qui ne peut que nous faire penser à Ken Bruen ou Hugo Hamilton. Pour ceux qui aurait envie de noir mais pas trop quand même.

Il faut croire que les polars de fous ont la côte actuellement puisqu’en 2009, on a aussi eu droit au livre de James Grady. Mad dogs ou Comment cinq cinglés vont s’échapper de leur asile pour ne pas être accusés à tort du meurtre de leur psy. Comme les détraqués en question sont d’ex-agents de la CIA, ça promet une cavale à travers les États-Unis pleine de rebondissements.

Allan Guthrie, Fifty-fifty, Éditions du Masque, 2009 (Two-Way Split, 2004) traduit de l’anglais (Écosse) par Freddy Michalski.

James Grady, Mad Dogs, Rivages, 2009 (Mad Dogs, 2006) traduit de l’anglais (US) par Jean Esch.

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2 commentaires sur “Plus on est de fous”

  1. callophrys Says:

    je viens te decouvrir sur les conseils de Richard et comme il a bien fait de me parler de ton blog!
    tu parles avec beaucoup d’humour tout en racontant l’histoire mais sans devoiler l’important..tout un art!
    bon et bien voilà ma pile bouquins qui va encore s’allonger!!! il parait que les journees n’ont que 24H!!
    Amicalement

    • Morgane Says:

      Merci beaucoup pour les compliments. Ils vont droit au cœur. Et puis ça me fait aussi découvrir un nouveau blog 🙂


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