Surfin’ USA

Pour Boone Daniels, la vie paraît simple: il se lève, il surfe et le reste du temps, il vivote comme détective privé. Ce qui compte vraiment, c’est l’océan, les vagues et la « patrouille de l’aube » avec qui il sort chaque matin. Quatre gars, une fille, tous surfeurs dans l’âme: Hang Twelve (le petit jeune plutôt doué), Dave le Dieu de l’amour (sauveteur très Alerte à Malibu), Hight Tide (l’énorme Samoan), Sunny Day (la meilleure d’entre eux) et lui, ancien flic recyclé après une sale affaire. Cela suffit au quotidien de Boone. Mais d’après son propriétaire et comptable, cela ne paye pas les factures. Difficile donc pour lui de refuser l’offre d’emploi de Petra Hall, une avocate: retrouver un témoin qui doit comparaître. Et ça même si la vague de la décennie s’en vient sur San Diego, travail d’abord, plaisir ensuite.

Une fille passe par-dessus un balcon, pas toute seule, évidemment. Ce n’est pas le témoin de Boone mais sa meilleure amie. Celui-ci va donc continuer ses recherches en essayant d’être plus rapide que ceux qui veulent la faire taire. Et bien sûr, Boone va tomber sur de plus gros poissons qu’il ne pensait. Don Winslow s’attaque dans ce roman à un trafic bien sombre. Et il entremêle cette noirceur avec des passages pleins d’humour et des dialogues qui, comme le dit Connelly en 4ème de couverture, sont dignes de Elmore Leonard. Le récit qui démarre comme une affaire plutôt classique va rapidement se compliquer et chacun y trouvera sa place, y compris les amis de Boone.

C’est aussi pour Winslow l’occasion de parler de la Californie, de l’histoire de la côte près de San Diego, comment elle s’est construite et des immigrants qui s’y sont installés (Japonais, Samoan). Mais c’est surtout une occasion pour nous parler de surf, de sa philosophie et de sa culture. Un sacré bain version Beach Boys!

J’ai trouvé dans l’ensemble que c’était un bon polar mais sans le coup de coeur que certains ont ressenti. Peut-être que le lire après James Ellroy l’a rendu plus ordinaire qu’il ne l’est vraiment. J’ai trouvé l’intrigue bien ficelée même si un peu facile parfois mais les personnages étaient attachants et il a le courage de s’attaquer à un sujet sombre (je ne dévoilerai pas le mystère) avec habileté. Peut-être ne suis-je pas faite pour le Shaka (le signe du poing des surfeurs) car j’ai trouvé la philosophie du zen de la vague un peu lourd parfois. Toutefois, j’ai apprécié l’idée de l’auteur d’inclure un lexique des termes de surf ou samoans et hawaïens, cela participe définitivement à l’ambiance. Par contre, j’ai un gros bémol sur la traduction, en particulier des dialogues, cela participe aussi à mon manque d’enthousiasme. Des californiens qui sont véners, qui veulent faire la teuf et qui disent chtarbé, j’ai du mal à visualiser.

Dommage. Peut-être devrais-je lire les précédents en anglais pour mieux sentir l’humour et le sens de la formule de Don Winslow.

Don Winslow, La patrouille de l’aube, Éditions du Masque, 2010 (The Dawn Patrol, 2008) traduit de l’anglais (US) par Frank Reichert.

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3 commentaires sur “Surfin’ USA”

  1. Éric Says:

    Moi j’ai été très déçu. Pas du calibre des autres WInslow. J’ai beaucoup de difficulté à prendre au sérieux le surf. Voir des adultes de plus de 30 ans baser leur vie sur un sport d’ado…

    • Morgane Says:

      Allez, c’est trop facile, il faut que je fasse du mauvais esprit. Éric, des gros gaillards sur des patins qui se battent pour une rondelle, c’est pas un peu gamin, ça?
      Je l’ai dit, c’était facile 🙂
      Quel Winslow me faudrait-il lire pour apprécier l’auteur?

  2. Éric Says:

    Les gros gars sur patins sont moins idiots que les surfers, il sont payés, eux ! En fait, c’est la philosophie des surfers que je trouve un peu pré-ado: la vague, la liberté, les cheveux longs, à nous les nanas et je vous emmerde.
    Pour ce qui des autres WInslow, faut lire (dans l’ordre) la série des Neil Carey. Surtout Cirque à Piccadilly. Un chef d’oeuvre du genre.


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