Vase afghan et tentacules

Eh là! Gabriel Lecouvreur qui va voir ailleurs! Le poulpe qui oublierait sa Chéryl? Je suis pas d’accord, moi! Et pourtant, Brigid Waterford, la rousse déjà rencontrée dans Le Vrai Con maltais* va l’entrainer loin de Paris et de sa coiffeuse préférée.

Heu, tout le monde connaît le poulpe, non? Bon, pour ceux qui ne sauraient pas encore, petite explication. Le personnage a été créé par Jean-Bernard Pouy dans La petite écuyère a cafté aux éditions Baleine en 1995. Gabriel Lecouvreur, surnommé le poulpe à cause de ses longs bras, joue les détectives, les vengeurs, les redresseurs de torts lorsque cela lui plaît, au rythme des faits divers. Beaucoup d’auteurs se le partagent, lui faisant vivre des aventures, le trainant à travers le monde. Jean-Pierre Darroussin lui a prêté ses traits. Comme le dit l’éditeur: « Le poulpe est un personnage libre, curieux, contemporain. »

Bien sûr, comme les auteurs ont été nombreux, les résultats sont inégaux. Avec Maïté Bernard, la pêche a été bonne (je sais, c’était facile).

Gabriel traverse une période grise, il traîne ses tentacules sans avoir goût à rien. Et c’est là que Brigid réapparait. Neuf ans qu’ils ne se sont pas vus et pourtant… Mais elle a des ennuis ou plutôt elle court après. Elle a trouvé le corps d’une jeune femme assassinée avec, près d’elle, un vase afghan inestimable. Laisser faire la police ne lui suffit pas, elle a ses propres projets. Elle demande alors à Gabriel de veiller sur elle. Quitter Paris semble être plutôt une bonne idée à un octopode dépressif même si jouer les gardes du corps lui donne des envies de proximité. Le voilà en grande interrogation amoureuse.

Leur enquête va les entraîner de Barcelone à Londres en repassant par Paris avec en arrière-plan l’Afghanistan et les importants trafics d’œuvres d’art qui s’y déroulent. Le poulpe se fait le témoin de la la cupidité des hommes prêts à piller le patrimoine de pays en guerre pour pouvoir le revendre au plus offrant sans une pensée pour ses habitants et l’idée de culture. Il démonte une combine à grande échelle impliquant même des salles de ventes renommées. Et tout ça, ça fâche notre Gabriel même si ces motivations dans cette affaire sont complexes.

« Il n’aimait pas ce système mafieux où le paysan afghan qui déterre une magnifique tête de bouddha et la vend contre deux jours de nourriture ignore qu’elle vaut des millions de dollars. »

Maïté Bernard porte avec bonheur les couleurs de Gabriel Lecouvreur. Alors que j’avais parfois été déçue à la lecture de certaines de ses aventures, j’ai pris beaucoup de plaisir avec celle-ci. De quoi me donner envie de découvrir une auteur que je ne connaissais pas. Le pillage des richesses culturelles? Un combat que se devait de mener ce vengeur pas si masqué.

Le poulpe en action, on aime ça. Et Cheryl? Non, je ne dirais rien, à vous de lire!

*Marcus Malte, Le Vrai Con maltais, Le Poulpe, Éditions Baleine, 1999.

Maïté Bernard, Même pas Malte, Le Poulpe, Éditions Baleine, 2010.

Et l’auteur nous fait partager son expérience poulpeuse sur Bibliosurf: ici.

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3 commentaires sur “Vase afghan et tentacules”

  1. cynic63 Says:

    Bonjour,
    Bien longtemps que je n’ai pas lu un Poulpe. Et pourtant, les premiers m’avaient plu.
    Peut-être l’occasion de s’y remettre

  2. Ys Says:

    Je viens de finir ce Poulpe et c’était pour moi le premier. Une version féminine plutôt agréable, même si je ne suis pas certaine d’en lire d’autres (de Poulpe, parce que j’essaierai peut-être Maïté Bernard).

    • Morgane Says:

      Le très bon côté du système, c’est sa diversité. Il y en a pour tous les goûts, plus de violences, plus de politiques, plus d’actions, on a le choix. Certains ont même choisi de faire enquêter Cheryl. Mais j’avoue une préférence pour le poulpe aux longs bras. À lire en particulier ceux de Jean-Bernard Pouy bien sûr.
      Pour moi, comme ils sont courts, souvent une sucrerie entre deux romans plus longs.


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