Les ombres nous jugent

Cela fait longtemps que La proie des ombres de John Connolly traînait dans ma bibliothèque. J’hésitais, je ne sais pas pourquoi, pas tentée par l’histoire, dubitative sur le style. Je me suis finalement décidée pour me faire une idée plus juste.

Charlie Parker est contacté par Rebecca Clay qui est harcelée par un inconnu lui demandant des informations sur son père. Celui-ci, un psychiatre spécialisé dans les abus sexuels sur mineurs, a été lui-même mis en cause dans une série de viols et a disparu depuis des années. Le détective privé va découvrir que celui qui veut ses informations, un tueur nommé Merrick, pense que sa fille, disparue pendant qu’il était en prison, a été la victime du même cercle de pédophiles. Parker va mener l’enquête alors même que sa cliente n’est plus concernée car il sait qu’il doit découvrir ce qui est arrivé à Clay avant Merrick sous peine que cela finisse dans un bain de sang. Il se sent entraîné presque malgré lui vers l’horreur et les secrets passés de cette affaire.

Charlie Parker est le personnage récurrent de John Connolly. Ancien policier, poursuivi par ses démons depuis que sa femme et sa fille ont été tuées, il a du mal à faire son deuil et à vivre avec sa deuxième femme et leur fille.

John Connolly va dans le très sombre en nous entrainant dans une enquête sur un cercle de pédophiles qui sévissent depuis des années. Merrick le tueur a un sens de la morale très particulier et il est prêt à tout pour retrouver les persécuteurs de sa fille. Parker lui ressemble aussi dans un certain sens car il est prêt à franchir la ligne qui le sépare de la légalité dans ses enquêtes en appelant ses deux amis, Angel et Louis.

L’écriture est efficace, l’intrigue bien faite et John Connolly sait faire monter la tension. Cela nous parle de culpabilité, de la noirceur de l’âme humaine, de l’impunité que certains arrivent à avoir. C’est très bien fait, il n’y a rien à dire.

Et pourtant, je ne suis pas convaincue. C’est peut-être la touche de fantastique qui m’a gênée, non pas que je n’aime pas ça mais pas dans ce cadre-là. Je comprends que Connolly a voulu aller jusqu’au bout de l’idée du mal mais je trouve l’idée des ombres (des hommes creux pour ceux qui ont lu) un peu facile. Il y a bien sûr quelque chose d’original dans le récit et cependant j’ai cru lire quelque chose de déjà lu. Le détective hanté par la mort de sa famille qui n’arrive pas à vivre avec les siens ne m’a pas convaincue, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vu trop souvent ce personnage.

J’ai pris plaisir à ma lecture, John Connolly sait définitivement manier l’écriture pour happer le lecteur mais je ne suis pas conquise et je n’irai probablement pas lire ses autres romans.

Comme il s’agit seulement de mon avis, vous trouverez de très bonnes critiques sur Actu du noir ou sur Action-Suspense.

John Connolly, La proie des ombres, Presses de la Cité, 2008 (The Unquiet, 2007) traduit de l’anglais par Jacques Martinache.

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One Comment sur “Les ombres nous jugent”

  1. Catherine Says:

    J’ai lu cet auteur irlandais récemment, mais pas avec un roman policier : avec Le livre des choses perdues, un conte fantastique sombre et très bien écrit.
    Bon weekend !


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