Quitter l’île de Brännö

Tout commence par une voiture vide, abandonnée près du pont d’Älvorg. Un coup de feu a été tiré à l’intérieur mais pas de corps et pas de sang. Plus tard, ailleurs, un homme a des problèmes avec son voisin qui écoute la musique trop fort. Des vies se croisent: un écrivain, un politicien, un truand. Quel lien les unit, y en-t-il seulement un?

Au milieu de tout cela, le commissaire Erik Winter craint pour sa santé et a un sérieux mal de tête, sa relation avec sa femme s’en ressent et sa mère rentre d’Espagne, rien n’est simple. Il lui faut en outre gérer ses coéquipiers, eux-mêmes confrontés à leur vie personnelle pas toujours facile à accepter.

Comme dans certains romans précédents, le récit alterne entre passé et présent sans presque l’indiquer. L’enquête va les amener trente ans plus tôt, avec la disparition d’une jeune fille qui n’a jamais été élucidée.

Le rythme d’Edwardson est lent, il nous promène d’une personne à l’autre, de situation en situation. Le suspense se crée sans même que le lecteur s’en rende compte. Ce n’est clairement pas une lecture pour les amateurs de thriller à l’américaine. Et pourtant, ils manqueraient quelque chose.

L’intrigue est parfaitement montée, on dénoue les fils qui unissent les personnages un par un, sans se presser, jusqu’au dénouement final, brutal et définitif. L’ambiance est installée presque sans y penser mettant le lecteur mal à l’aise, gêné sans même savoir pourquoi. L’atmosphère est sombre. Jusqu’à quel point un policier peut-il se lier avec un gangster? D’autres auteurs se sont déjà posés la question mais Edwardson y touche avec son ton si particulier. Il parle aussi de vengeance, de sang-froid et du passé qui ne nous lâche pas.

Erik Winter est à l’opposé des héros habituels du polar, sauf peut-être dans son lien à l’alcool qui soigne les migraines mieux que personne. Il est élégant, distingué et semble totalement détaché et pourtant, lui aussi veut comprendre, toujours.

Åke Edwardson, Presque mort, JC Lattès, 2009 (Nästan Död Man, 2007) traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud.

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6 commentaires sur “Quitter l’île de Brännö”

  1. Paul Says:

    Cela donne bien envie de s’y plonger, mais je vais devoir patienter car j’ai un peu de retard dans la série Winter… entre autres.

    God natt!

    • Morgane Says:

      J’avoue que c’est une série que je n’ai pas lu dans l’ordre. Il m’en manque quelques uns au milieu. Peut-être quand j’aurai plus de temps.

  2. cynic63 Says:

    J’ai lu des avis partagés sur Ewardson. Apparemment, les volumes sont inégaux mais comme je ne connais pas (juste de nom), il faudrait peut-être fouiller chez d’autres pour se faire déjà une première idée. Je crois que Marc Villard a évoqué plusieurs volumes sur son site. A suivre donc

    • Morgane Says:

      Je dois dire qu’il ne s’agit pas de mon type de polar préféré, ce n’est pas assez rapide à mon goût. Mais j’y vois tout de même beaucoup de qualité dans le texte et l’intrigue.

  3. christophe Says:

    j’accroche pas trop avec Edwardson et, personnellement, celui-ci, lent et convenu m’est tombé des mains !


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