Mort dans les îles

Ça y est, j’arrête de dire que le roman policier québécois de qualité est rare, tous ceux que j’ai lu dernièrement sont plus qu’honorables. Le genre grimpe en flèche, les éditeurs sont de plus en plus nombreux à créer leur collection polar et c’est tant mieux.
Mort du chemin des ArsèneJean Lemieux écrit également pour la jeunesse et il avait déjà quelques polars à son actif que je n’ai pas encore lu. Je devrais peut-être.
À une semaine de sa mutation à Québec, le sergent-détective André Surprenant est appelé pour une mort suspecte. Portes et fenêtres fermées, fusil posé au côté du corps, cela ressemble à un suicide. Mais pourquoi Romain Leblanc, musicien reconnu par tous, amateur de femmes, ayant juste fait un héritage et selon tous passablement égoïste se serait-il suicidé?
Surprenant n’y croit pas et est prêt à tout, y compris à se confronter à ses supérieurs pour enquêter.
Nous sommes aux Îles de la Madeleine, dans le nord du Québec, avec des tempêtes imprévisibles et des vents violents. La vie y semble dure et cela forge ses habitants. Pour comprendre la victime, il faudra que le policier creuse dans les vieilles querelles du passé et établisse les liens qui unissent les madelinots.
Jean Lemieux arrive parfaitement à nous transmettre cette atmosphère propre aux lieux isolés. Le climat y est rude et les habitants sont soudés, il est difficile de se faire une place lorsqu’on vient de l’extérieur. Les rancunes sont tenaces et les secrets lourds. On sent parfaitement le rapport de la population avec les gens de l’extérieur, ceux qui ne peuvent pas comprendre leur vie. J’ai aimé la langue aussi, certains mots et appellations propres aux îles que l’auteur nous glisse en douceur sans nous faire crouler sous les régionalismes, juste de quoi nous mettre dans l’ambiance. On aime le personnage d’André Surprenant. Il est classique bien sûr, un policier vivant mal son divorce et que la fuite de son père lorsqu’il était enfant empêche d’avancer, mais on s’y attache. Et on se laisse porter par sa ténacité à vouloir comprendre et à ne pas se laisser influencer.
Un voyage aux Îles de la Madeleine et en même temps un voyage dans l’âme humaine pour voir jusqu’où la rancune peut mener un homme.

Jean Lemieux a un site où il tient son blog pour ceux qui voudraient le connaître un peu plus.

Jean Lemieux, Le mort du chemin des Arsène, La courte échelle, 2009.

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8 commentaires sur “Mort dans les îles”

  1. Liceal Says:

    Encore un à ajouter dans ma pal….
    Ayant aimé ce qu’il a écrit en littérature jeunesse, et vu ton commentaire, je ne doute pas d’aimer son polar. Pis, ça me fera voyager jusqu’aux îles

  2. Éric Says:

    J’ai essayé de le lire, mais… bof. Je l’ai trouvé un peu « plate ». Je ne suis pas prêt à dire que le polar québécois brille de tous ses feux. Quelques éclats, çà et là, sans plus. Quand Christine Brouillet remporte le prix du meilleur polar québécois à St-Pacôme, c’est qu’il y a un problème…
    J’ai lu le dernier McKinty cette semaine. Aucune comparaison possible. Et je ne parle même pas du Pelecanos…

    • Morgane Says:

      Rien à voir je suis d’accord avec toi. Et quand Chrystine Brouillet remporte un prix, je me dis qu’ils auraient mieux fait de le donner à quelqu’un comme lui. Je ne le conseillerai effectivement pas aux amateurs de noir et autres très bons auteurs. Mais c’est du très honnête divertissement et quand on voit ce qu’il sort comme horreurs en librairie, je trouve ça déjà pas mal.

      • Liceal Says:

        Avez-vous remarquer que dès qu’il y a un festival de littérature ou un salon du livre c’est (presque) toujours Chrystine Brouillet la présidente d’honneur? Je comprends vraiment pas là. Peut-être que personne d’autre ne veut s’y coller , ou alors elle a un abonnement

  3. Éric Says:

    C’est pour ça que la critique la ménage…

    • Morgane Says:

      Je pourrais difficilement la critiquer puisque j’ai essayé d’en lire seulement un et je n’ai pas dépassé les 100 pages. Ce qui est déjà une critique en soi. Je pense quand même que le monde du polar québécois est en pleine expansion et que vont apparaître des auteurs qui prendront la place de ceux qui étaient tout le temps sur le devant de la scène. C’est pour cela que je ne peux que trouver positive la sortie de titres comme Le mort du chemin des Arsene même si on n’est pas au niveau de Pelecanos et autres auteurs de roman noir. D’ailleurs, je ne crois pas que ce soit le but recherché par l’auteur et qu’il veuille écrire dans ce genre-là.

  4. Éric Says:

    Je n’ai rien contre le polar québécois. Au contraire,il faut continuer à en écrire. Un jour, on en produira de haut calibre . Le problème, pour moi qui en lis entre 10 et 15 par mois, c’est que j’ai le choix, la production mondiale étant monstrueuse et de qualité. Et comme je paies pour les lire, je choisis les meilleurs. Avec, quelques fois, une intrusion dans le québécois. À mes frais. Pour soigner ma bonne conscience. Pour savoir de quoi je parle. Et presque toujours, je suis décu. Mais je récidive, en me disant que peut-être je vais tomber sur LE polar québécois. Par exemple, André Jacques, n’est, selon moi, pas très loin. Il n’a, en tout cas, rien à envier à quelques auteurs français publiés dans de prestigieuses maisons d’édition. Barcelo n’écrit plus de polars, et c’est dommage. Moi, les parapluies, en est un grand.


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