L’antiquaire mène l’enquête

Je continue mon tour du monde des littératures policières mais cette fois-ci en me rapprochant de chez moi. L’Amérique est immense et je ne savais pas trop vers où me diriger. Mexique? Dépaysant. Cuba? Chaud, chaud. États-Unis? L’embarras du choix. Et puis finalement pourquoi ne pas regarder directement ici? Parce que le Québec, c’est aussi l’Amérique.
Les lions rampants est le premier volume d’une trilogie ayant pour héros Alexandre Jobin. Major dans la police militaire, celui-ci décide de démissionner à la mort de sa femme. Marre de la misère humaine, il veut vivre tranquillement. Il reprend alors la boutique d’un vieil ami et devient antiquaire.
lions rampantsChrysanthy Orowitzn, une aide-accessoiriste pour une maison de production, vient louer des meubles pour un tournage. Elle emporte entre autres avec elle un petite statuette d’un lion rampant. Sans le savoir, elle est sur le point de déclencher une guerre sans merci entre différents groupes prêts à tout pour mettre la main sur cette statue disparue depuis des années de Slavitzine, un petit pays d’Europe centrale. Et bien sûr de se retrouver au centre du conflit mêlant motards criminalisés et néonazis. Mais Alexandre Jobin ne peut s’empêcher de prendre la défense des plus faibles, surtout quand ils ont des yeux bleu lavande. La course poursuite va les entraîner à travers le Québec en passant par l’Ontario sur fond de conflit international.
Une bonne surprise vraiment. L’action se tient bien et André Jacques dénoue lentement le fil de son intrigue assez longtemps pour nous tenir en haleine. Nous sommes à Montréal et cela se sent à travers les rues, les restaurants, les tempêtes de neige en avril. À travers le vocabulaire bien sûr aussi, mais sans se forcer comme d’autres l’ont fait, tout est naturel et d’autant plus crédible. C’est ce qu’arrive également à faire Jean-Jacques Pelletier dont j’ai déjà parlé, faire du polar québécois à grande envergure, vraisemblable et bien construit. Et c’est ce qui fait la force de ce polar, surtout quand on pense qu’il s’agit d’un premier roman.
Il y a, c’est sûr, des faiblesses, entre autres quelques longueurs, des éléments peu importants au récit qui prennent de la place et au contraire des raccourcis un peu rapides mais c’est dans l’ensemble une lecture très agréable et je suis plutôt tentée d’aller lire les deux titres suivants pour voir si André Jacques continue sur sa lancée.

André Jacques, Les lions rampants, Québec Amérique, 2000.

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3 commentaires sur “L’antiquaire mène l’enquête”

  1. Richard M. Says:

    Tu as tout à fait raison, André Jacques est un très bon auteur de polars québécois. Et en plus, je t’encourage à continuer car ses personnages prennent de plus en plus de profondeur, les intrigues sont mieux ficelées et son style s’enrichit. En ce qui me concerne, j’ai commencé par son 3e roman et ça ne m’a pas troublé. Mais évidemment, la lecture en rafale des trois premiers, nous permet de suivre l’évolution des personnages principaux (surtout leurs amours … ah le romantisme !!!!) et de mieux connaître les quelques sympathiques personnages secondaires, sa famille et ses employés.
    Les allers-retours entre Montréal (La rue St-Laurent est un personnage à elle seule), les régions du Québec et le reste du monde enrichissent et diversifient grandement la qualité du récit .
    Inutile de dire que j’attends la 4e production de cet auteur avec impatience.
    À lire pour le plaisir mais aussi pour découvrir que nous pouvons être fier de notre littérature québécoise.

    • Morgane Says:

      Tu as raison, j’ai lu le deuxième et effectivement, c’est de mieux en mieux. Mais je te faisais confiance puisque c’est toi qui me l’avais conseillé 🙂

  2. Dialog Says:

    Les lions rampants ?

    Sympathique comme mélodrame sur fond de polar.

    Pour moi, l’intrigue policière à saveur d’espionnage international n’a été qu’un prétexte.

    Me reste en mémoire une histoire d’amour impossible dans un contexte montréalais et québécois. J’y ai vu la narration d’une brève liaison sincère dans un contexte d’aventure où le héros, de chapitre en chapitre, sauve sa belle de dangers divers et se termine par une séparation réciproquement acceptée d’autant plus facilement que la belle sort de sa misère et de sa pauvreté.

    Un conte de fée caché dans un polar.

    Je ne me rappelle plus du tout des détails de l’intrigue politico-policière.


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