Qui était-elle?

Il y a les livres que l’on a choisi, repéré, attendu, et puis il y a les autres. Ceux qu’on lit presque par hasard. Il m’arrive parfois de recevoir des services de presse (les petits avantages du métier de libraire) que je n’ai pas demandé, parce que le distributeur veut pousser un auteur ou que le représentant y croit. Je dois avouer que je ne les lis pas toujours, certains ne sont définitivement pas à mon goût. Mais de temps en temps, un m’intrigue assez pour que je l’ouvre. Ça a été le cas pour Comme deux gouttes d’eau de Tana French. C’est le fait que ce soit un polar irlandais se déroulant à Dublin qui m’a d’abord attirée, j’avais envie de retrouver la ville où j’ai habité. Après John Harvey, il faut croire que je suis d’humeur nostalgique. Et puis on connaît quelques irlandais plutôt doués dans le polar et ça méritait bien d’être essayé. Avec en plus une auteur qui a gagné le prix Edgar Allan Poe, je ne me lançais pas totalement dans l’inconnu.
Ce ne fut pas le coup de foudre, la plus grande claque de ma vie ou un bouleversement. Par contre, je l’ai lu dans mon week-end et j’y revenais toujours avec plaisir. Donc efficace et plaisant à lire? Certainement.Comme deux gouttes d'eau
Cassie Maddox est flic à Dublin, elle a débuté sa carrière comme infiltrée, jouant le rôle d’une étudiante du nom de Lexie Madison pour une enquête sur un trafic de drogue. Des années plus tard, elle est aux services des violences domestiques et cette histoire fait partie du passé.
On trouve alors le corps d’une jeune femme lui ressemblant… comme deux gouttes d’eau (d’où le titre, un peu facile à mon avis). Le nom inscrit sur ses papiers est Lexie Madison. Elle vivait dans une grande maison avec quatre autres étudiants plutôt particuliers. Qui est-elle vraiment? Personne ne le sait.
Cassie va alors reprendre du service comme agent infiltré dans une situation délicate: jouer le rôle de Lexie Madison auprès de ses amis et reprendre sa vie pour découvrir qui l’a poignardée et pourquoi.
Il y a bien sûr des facilités dans le récit, l’idée du sosie a déjà été utilisée et le groupe d’amis est tout droit sorti d’un film romantique (plutôt noir en l’occurrence). On comprend très vite qu’ils ont quelque chose à cacher et bien sûr l’enquêtrice en mal être ne peut s’empêcher de se sentir attirée par le petit groupe. Et pourtant malgré une liste de défauts qui pourrait me prendre une page, je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir embarquée par l’histoire et d’avoir envie d’arriver à la fin pour découvrir le fin mot de l’histoire.
Nos lectures dépendent définitivement de notre état d’esprit et il faut croire que j’avais besoin de quelque chose qui me change d’horizon et m’emmène ailleurs. Donc pas une grande lecture mais quelque chose que je pourrais sûrement proposer à mes clients amateurs de « lecture facile qui change les idées et que je veux savoir la fin » (ce type de lecteur étant courant dans le rayon polar). Ça fait du bien de temps en temps.

Tana French, Comme deux gouttes d’eau, Michel Lafon, 2009 (The Likeness, 2008) traduit de l’anglais (Irlande) par François Thibaux.

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2 commentaires sur “Qui était-elle?”

  1. Pierre Says:

    Entièrement d’accord avec toi : « nos lectures dépendent définitivement de notre état d’esprit ». Combien de fois un livre moyen tombe à pic lorsqu’on a la tête paresseuse ou le moral sur « moyen », et combien de fois un bon bouquin nous tombe des mains, parce que l’humeur n’y est pas… Voilà qui doit nous aider à relativiser nos propres jugements sur nos lectures, ou nous inciter à, comme tu viens de le faire, avoir l’honnêteté de le reconnaître.
    Et en plus, ça m’a donné envie de le lire, ce bouquin. Peut-être l’envie de changer d’horizon, moi aussi, et d’être emmené ailleurs, le temps d’un week-end…

    • Morgane Says:

      Merci pour le terme d’honnêteté, cela me touche. C’est vrai que je trouve dommage parfois de ne pas vouloir admettre qu’on a aimé un livre même si on est capable de critiquer sa qualité. Le plaisir peut être varié et parfois coupable. Il semblerait que cela soit plus facile à admettre au cinéma (on a tous notre film culte absolument mauvais) qu’en littérature. Et puis il faut bien lire de temps en temps des polars moins bons pour faire sortir du lot les perles rares.


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