Le Noir… selon Pouy

C’est un essai et en même temps, ça n’en est pas un, plutôt des réflexions organisées. Une brève histoire du roman noir est un portrait en huit chapitres du genre selon Jean-Bernard Pouy. Comme il le dit lui-même dès le début, il ne s’agit pas de faire un essai parfait avec une liste exhaustive des auteurs importants, d’autres sont là pour ça. C’est son point de vue à lui à travers les auteurs qu’il connaît et aime. Et c’est un plaisir à lire, on y apprend beaucoup mais surtout cela augmente encore la pile des auteurs-qu’il-faut-absolument-que-je-lise qui commence à avoir des allures de tour de Pise. On y trouve bien sûr (dans le livre, pas dans ma pile, enfin aussi, mais c’est une autre histoire) les classiques et évidents comme Raymond Chandler, James Ellroy ou Donald Westlake mais aussi des noms moins connus, en tout cas de moi, et des auteurs que j’ai eu beaucoup de plaisir à trouver comme Manuel Vázquez Montalbán ou Leonardo Padura. Et le tout écrit dans le style inimitable de Pouy.
Je ne suis peut-être pas tout à fait d’accord avec lui sur la disparition du polar, ce qu’il dit en termes beaucoup moins élégants mais bien plus truculents. Je crois qu’il existe encore d’excellents auteurs qui n’écrivent pas vraiment du noir. Mais en même temps, la ligne est tellement mince, les distinctions difficiles à faire et en a-t-on vraiment besoin quand le plaisir de lecture est là. Polar et Noir se réunissent souvent pour nous donner une histoire mais aussi une image de notre réel. Et puis il le dit si bien qu’on a presque envie de lui donner raison: « Alors, pour en finir totalement avec le polar, il suffit de ne plus en parler. Élémentaire, mon cher Ouatssonne, et préparez-moi donc, par la même occase, un p’tit remontant .»
Et pour finir en beauté ou commencer (j’ai triché, j’ai été lire la fin en premier) une nouvelle… noire: Sauvons un arbre, tuons un romancier! Est-ce que je peux commencer à donner ma liste? J’aurais de quoi protéger une forêt.

Et puis merci encore de la citation en ouverture de Jean-Patrick Manchette que je ne connaissais pas:

« Rions en tout cas encore une fois des feuillistes qui affirment sempiternellement de tel ou tel ouvrage qu’il est davantage qu’un « roman policier ». Le roman noir, grandes têtes molles, ne vous a pas attendus pour se faire une stature que la plupart des écoles romanesques de ce siècle ont échoué à atteindre. »

Je ne pourrais certainement jamais le dire à certains de mes clients en librairie après des commentaires ineptes mais c’est tellement bon de pouvoir le penser avec les mots d’un autre.

Jean-Bernard Pouy, Une brève histoire du roman noir, L’oeil Neuf, 2009.

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