Sláinte!

Ou à votre santé en irlandais. Pat Coyne était flic jusqu’à ce qu’un incendie lui brûle les poumons et le mette en congé prolongé. Séparé de sa femme Carmel qu’il essaye (plutôt) maladroitement de reconquérir, il étire ses journées entre séances chez sa psy et pintes au pub. Et lorsque son fils met les pieds là où il ne fallait pas et commence à avoir des ennuis, il décide de l’aider, le tout à sa manière.
C’est noir comme la Guinness et c’est très drôle, de l’humour grinçant jouissif avec en plus des répliques en gaélique pour nous plonger direct dans une pinte de stout.
Dans un récit entrecoupé pour passer d’un personnage à l’autre, l’auteur nous fait faire un tour des repas pris du fish and chips graisseux au sandwich avalé, avec une scène d’anthologie, le déshabillage d’une pomme de terre en robe des champs qui devient quasiment sensuelle. Et après ça on dit que les irlandais n’ont pas de culture culinaire.
L’intrigue n’a pas vraiment d’importance et finalement, on se rend compte que Pat Coyne est très rapidement débordé par les événements mais ses réflexions sont à la fois tellement savoureuses et justes, qu’il nous parle de l’Irlande actuelle, de sa situation économique, de l’immigration illégale ou bien encore de la folklorisation des danses irlandaises, qu’on adore le suivre dans ses délires.
Et puis petite mention pour la traductrice qui prend la peine de nous expliquer la géographie interne du pub irlandais, tout un voyage!

Hugo Hamilton, Triste flic, Phébus, 2008 (Sad bastard, 1999) traduit par Katia Holmes.

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4 commentaires sur “Sláinte!”

  1. cynic63 Says:

    Quel chouette roman que ce « triste flic »…C’est vif, jouissif parfois méchant à souhait. Et puis, il y a un style chez ce Hamilton. Ca fait un bien fou malgré la noirceur de certaines pages…

    • Morgane Says:

      C’est toute l’Irlande, ça ! Il suffit de lire Ken Bruen, noir, très noir, sombre et pourtant, de l’humour grinçant parfois. L’abus de Guinness peut-être?

  2. cynic63 Says:

    Ca doit être ça…J’adore aussi Ken Bruen mais, j’en parlais à Jean-Marc, je ne suis jamais déprimé à la fin d’un Ken Bruen malgré le côté désespéré….

  3. Dialog Says:

    C’est une des vertus du polar que de pouvoir décrire certaines phénomènes désespérants ou sans issue de la vie réelle sans risquer d’être traité de pessimiste. L’humour contribue à les accepter comme telles et à adoucir la douleur de notre impuissance à changer quoi que ce soit à ces situations quotidiennes qui semblent continuellement en chambranle.


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