Un pays est né

1918, fin de la guerre. Les hommes commencent à rentrer au pays et veulent reprendre leurs vies où ils les avaient laissées mais rien n’est plus comme avant. Dennis Lehane revient encore une fois à Boston, cette fois-ci pour un magistral cours d’histoire. C’est une formidable épopée historique dans laquelle il nous entraîne, un monde en plein chaos confronté à la crise économique, l’épidémie de grippe espagnole, la progression du communisme et la défense des droits des noirs.
Danny Coughlin est un flic d’origine irlandaise, fils d’un capitaine de police. Chargé d’une mission dans les milieux anarchistes, il découvre le monde syndical et va devoir trouver sa place dans la police et dans sa propre famille.
Luther Lawrence est un jeune noir de l’Ohio obligé de fuir qui va se retrouver à Boston et travailler pour la famille Coughlin.
Ces deux hommes si différents vont pourtant se rencontrer dans ce monde en pleine transformation et se lier car eux deux, comme d’autres, sont persuadés que le monde peut devenir meilleur.
Dennis Lehane arrive avec beaucoup de talent à nous faire ressentir Boston à cette époque, les postes de police délabrés, la soif de liberté des immigrés et des noirs. En mêlant étroitement personnages de fiction et personnages historiques, il nous rapproche un peu plus de la réalité. C’est un espoir énorme qui porte le peuple dans les rues, le début d’une nouvelle ère pour les États-Unis, ce que retranscrit très bien le titre en français.
Une des scènes les plus marquantes restera pour moi celle du début du roman qui voit un match de base-ball opposé une équipe de noirs et une équipe de blancs au milieu des champs. Sans explications inutiles, Dennis Lehane, nous montre exactement les inégalités de l’époque, entre pauvres et riches, entre noirs et blancs et le besoin de ceux qui ont le dessous de de battre et de s’en sortir.
Et Babe Ruth, le meilleur joueur de base-ball de tous les temps, dans tout ça, me direz-vous ? Il continuait son ascension vers les sommets pour devenir une figure marquante de l’Amérique du Nord.

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, il est possible d’écouter l’émission Mauvais Genres avec l’auteur comme invité: Mauvais genres

Dennis Lehane, Un pays à l’aube, Rivages Thriller, 2009. (The Given Day, 2008). Traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

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2 commentaires sur “Un pays est né”

  1. cynic63 Says:

    Découvert ton blog grâce à un lien de publié par Jean-Marc…
    Beaucoup aimé le dernier Lehane aussi. Tu cites une scène marquante du début mais il y en a tellement que, lorsque j’ai fait mon papier aussi, je ne savais plus laquelle citer…Espérons que l’adaptation ciné sera à la hauteur…

  2. Dialog Says:

    J’ai bien aimé ce roman historique essentiellement parce que c’est l’histoire de la majorité, l’histoire des petites gens, plutôt que celle des rois et des conquérants.

    À la même époque, il se passait le même drame à Montréal. En fouillant un peu sur internet, j’ai pu découvrir comment cela s’était passé à Montréal et comment cela s’était terminé. J’ai pu constater alors que déjà à cette époque, il y avait une énorme différence entre la société et la culture issue de l’Angleterre et celle issue de la France.

    Cette différence, qui est encore actuelle, pourrait se résumer ainsi.

    Aux USA, on négocie un peu avec ceux qui troublent l’ordre établi; et s’ils ne plient pas on les casse. On les casse comme on a cassé les Indiens de 1650 à 1900; on les casse comme a cassé les Sudistes; on les casse comme on a cassé les Espagnols; on les casse comme on a cassé les Philippins; on les casse comme on a cherché a casser les Vietnamiens. On les casse comme on a cassé les Irakiens.

    En Nouvelle-France, la tradition a été de négocier; on a négocié des traités avec les Indiens; par la suite, on a négocié avec l’Angleterre; et quand on s’entendait pas, on demandait à un médiateur, à un conciliateur, à un arbitre d’intervenir.
    En 1920 à Montréal, c’est l’archevêché qui a servi de conciliateur dans la grève des pompiers et des policiers; il a empêché les effusions de sang.


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