Posted tagged ‘James Ellroy’

Le polar dans le Monde

14/04/2014

Ces derniers jours, je râle devant mon écran quand je suis sur Facebook et les divers blogues polar. Je sais, ce n’est pas bien la jalousie, mais bon, c’est vrai quoi, c’est pas juste! Pourquoi tous les auteurs américains et autres passent plein de temps en France et ils ne viennent jamais chez nous? Bon d’accord, on se gèle l’hiver et on est beaucoup moins nombreux, mais ce n’est pas une raison pour ne pas nous rendre visite, c’est beau la neige et on est sympathique!

Tout ça pour dire que le festival Quais du polar de Lyon me faisait vraiment envie avec sa programmation hallucinante. Ce n’est plus la peine de bougonner, je n’y étais pas et c’est tout! Et il y a quand même avec ces évènements des avantages qui arrivent jusqu’à nous. C’est le cas de ce hors-série du Monde spécial polar que je viens de recevoir par la poste!

Bon déjà, Ellroy en couverture, moi, j’aime. Mais à l’intérieur, c’est encore mieux avec, entre autres, un article sur le polar sud-américain (ça va faire mon bonheur, ça!), une entrevue avec Maj Sjowall, un texte sur le langage du grand-banditisme et bien d’autres choses, dont quelques listes d’auteurs à suivre dans l’hexagone et ailleurs. Tentant, non?

HS Monde

Trois livres importants pour moi? Seulement trois?

21/03/2012

Bon allez, je vais encore parler de moi! Mais ce n’est pas (seulement) parce que j’ai un ego démesuré, mais surtout pour parler de livres, encore, et présenter un nouveau site culturel.

En ces temps de disette pour les émissions littéraires (et culturelles en général), ma collègue Anne-Pascale a décidé de se lancer quand même et on apprécie. Elle anime Identité littéraire que vous trouverez sur le site airelibre.tv avec d’autres vidéos sur le théâtre, la littérature ou encore la philosophie.

Le concept d‘Identité Littéraire: « Chaque lecteur à son propre parcours littéraire. Certaines lectures sont plus significatives que d’autres. Elles ont ponctué une étape de notre vie, nous ont révoltées ou complètement transportées. Chaque invité se dévoile le temps de trois livres. »

Mission pour l’invité: n’en choisir que trois dans la multitude de titres qui lui vient à l’esprit.

Je trouve l’exercice intéressant et, si fait honnêtement et sans prétention, assez révélateur du lecteur que nous sommes. J’ai donc accepté. Lorsqu’elle m’en a parlé, certains livres me sont venus spontanément à l’esprit. Puis le doute est apparu. Pourquoi lui et pas lui? Est-ce le meilleur choix? Que vais-je en dire? Après une réflexion de plusieurs jours, je suis bien sûr retournée vers mes trois choix initiaux. Comme quoi, on devrait se fier à son instinct, ça éviterait de se prendre la tête trop longtemps et on pourrait passer à autre chose.

Vous vous en doutez, mes choix ressemblent à ce blog, ce sont des polars ou ils sont très noirs. Ils sont aussi liés à des rencontres personnelles qui ont fait de moi, je crois, la lectrice que je suis aujourd’hui.

Et comme je reste très cohérente, je me rends compte à l’instant qu’ils se trouvaient déjà dans mes 10 livres présentés sur le blog de la librairie Monet. Quand je vous dis qu’ils m’ont marquée!

Cela m’aura en plus permis de les relire pour me rafraichir la mémoire. J’étais donc deux fois plus certaine de vouloir les présenter comme trois des livres importants qui ont marqué ma vie de lectrice.

Mais alors, qui, mais qui?

James Ellroy bien sûr et son Dahlia noir. J’ai encore le souvenir de ces nuits blanches!

Paco Ignacio Taibo II avec Jours de combat, premier roman où l’on rencontre l’inimitable Hector Belascoran Shayne.

David Vann pour son deuxième roman Désolations. L’entrevue avec l’auteur n’y est pas pour rien bien sûr.

Pourquoi ces trois-là? Je plagie Radio Canada, Écoutez pour voir. Et restez à l’affut d’Identité Littéraire, les invités y sont tous intéressants et j’ai cru entendre à travers les branches qu’il y aurait d’autres voix blogueuses reconnaissables.

Le top de Noël

21/12/2010

Ce sera plus que probablement ma dernière note pour l’année 2010 puisque je m’envole demain vers l’Europe pour passer Noël en famille. Croiser les doigts pour moi,  je n’ai aucune envie de passer le réveillon dans un aéroport.

Et pour finir définitivement polar, voici l’exercice traditionnel du top de l’année puisque j’ai dû me prêter au jeu pour la librairie.

Alors un top 5 mais sans ordre de préférence, je n’y serais pas arrivée:

Sukkwan Island de David Vann chez Gallmeister.

Underworld USA de James Ellroy chez Rivages. D’avoir rencontré le bonhomme en question a ajouté un plaisir supplémentaire à ma lecture.

Le Camp des morts de Craig Johnson chez Gallmeister.

Salt River de James Sallis en Série Noire.

Les Anonymes de R.J. Ellory chez Sonatine.

Je vous souhaite à tous un excellent noël et pleins de polars en cadeau! Je reviens en 2011.

Monsieur Ellroy

06/06/2010

Ma première impression? Grand, définitivement. La deuxième, quelques secondes plus tard: une présence physique dans la librairie. C’est fou comment certaines personnes peuvent attirer les regards quand elles passent. C’est sûr que James Ellroy n’est pas un inconnu et que nous l’attendions tous avec impatience. Et pas seulement parce qu’il avait une dizaine de minutes de retard! Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un auteur qui a aussi profondément marqué ses lecteurs.

La salle n’était bien sûr pas tout à fait pleine, beaucoup de gens travaillent en après-midi mais on sentait ceux présents curieux de savoir ce qui allait arriver. Et je crois qu’aucun d’entre nous n’a été déçu. Soyons clair, Ellroy assure le service après-vente. Il fait son show et ça marche. Il s’est placé debout devant nous, un café à portée de main, pour lequel il a remercié d’un merci (en français) mon humble personne (petit moment de plaisir). Et il a lu. Mais alors quelle lecture! J’entends encore son cri « America! » Il vit son texte, le triture, le ralentit à volonté et le joue. Il y avait des sourires dans la salle mais surtout des auditeurs en haleine. On avait beau reconnaître le début d’Underworld USA , impossible de ne pas être à l’écoute, de ne pas suivre le rythme des phrases en anglais qui prennent une autre dimension à travers sa voix.

Les quelques questions qui ont suivi la lecture ont été rapides, le temps passait vite. Égal à ce que j’avais lu de ses entrevues, il allait droit au but.

S’il n’avait pas été auteur, aurait-il pu être policier? (drôle de question quand on connait la bio de l’homme me semble-t-il?) Non, mais il adore les flics, par contre, il n’aime pas particulièrement interagir avec le monde, donc pas un choix de carrière possible. (Non? C’est vrai?)

Que pense-t-il des adaptations de ses livres au cinéma? Ça ne l’intéresse pas, il a été payé pour ça et puis ça relance la vente des livres.

Est-ce qu’il s’est inspiré de Jack Kerouac pour le personnage de Pete Bondurant? Simple mais efficace « Jack Kerouac stinks ».

La question sur sa manière de travailler amène l’habituel « je ne lis pas les journaux, n’utilise pas Internet, ne regarde pas la télévision. »

Mais j’ai surtout aimé sa réponse lorsqu’on lui a demandé pourquoi des phrases courtes. Il n’a pas développé longuement mais les mots illustrent parfaitement son œuvre: Urgency, restless, paranoia.

Il va clore rapidement les questions d’un « Come on people, I want to meet you all ». Là encore, le professionnel en charge.

Les rencontres sont rapides, une poignée de main encore debout près de la table, une signature. Pas grave, ma lecture importe plus qu’un gribouillis sur une page titre.

Et un départ aussi rapide que son arrivée. Voilà, James Ellroy a été dans la place et il a laissé une impression.

Soyons totalement honnête, on se demandait tous un peu si on aurait droit à un esclandre. Il faut dire que l’homme a une certaine réputation, preuve supplémentaire l’engueulade de la journaliste Nathalie Petrowski en conférence de presse. Elle nous le raconte d’ailleurs elle-même sur cyberpresse. À sa lecture, il semblerait qu’elle ne semblait pas vraiment savoir à qui elle avait affaire. Heu, Ellroy, madame! Mais pour nous, juste beaucoup de calme et une politesse froide correspondant parfaitement au personnage.

C’était définitivement ma journée puisque j’ai eu droit quelques heures plus tard à une autre rencontre organisée pour les professionnels. Il faut bien quelques avantages en nature au métier de libraire. Se retrouver au 36ème étage de l’hôtel Marriot avec vue sur le Mont-Royal à écouter encore une fois James Ellroy en est un. Là encore, lecture du début du roman. Je l’ai dit, cet homme fait son show, il joue son Ellroy, mais franchement, je m’en fous parce que ça fonctionne! En tout cas avec moi, et je ne crois pas que j’étais la seule. Il a parlé de son éditeur François Guérif, qui était présent, en lui rendant hommage et puis de ses lecteurs français plus nombreux proportionnellement que dans son « own fucking country ». Prenons ça comme un merci.

Dernière impression? pas de mot. Tel que je l’imaginais et en même temps plus grand à tous les niveaux. Exactement ce que je voulais, pas assez vu de lui pour être déçue (je ne l’aurai peut-être pas été d’ailleurs) et juste assez pour garder ma fascination. Impressionnant!

De quoi nous donner encore plus envie de lire son prochain livre prévu à l’automne en anglais et début 2011 en français: The Hilliker Curse: My Pursuit of Women.

Richard relate très bien cette rencontre sur Polar, noir et blanc, il y a des photos sur Train de nuit et Paul raconte avec beaucoup d’humour la soirée au Marriott sur Dum spiro, lego (la prochaine fois, on se trouve?)

Merci à Pier-Philippe Rioux pour les photos.

James Ellroy à Montréal

15/05/2010

Il y a des auteurs qu’on a envie de rencontrer parce qu’ils ont l’air sympathique et que discuter avec eux doit être passionnant. Et puis il y a les auteurs qu’on a envie de rencontrer pour l’Expérience, pour leur personnalité et parce qu’ils ont marqué la littérature d’une empreinte définitive.

Dans mes listes, James Ellroy fait définitivement partie de cette deuxième catégorie. Alors, quand on apprend qu’il vient au Québec, on se précipite.

À vos agendas! Il sera à la librairie Monet le jeudi 3 juin de 14h à 15h pour une causerie et une séance de signatures (mieux vaut réserver). En plus, pour le plus grand plaisir des amateurs, il sera accompagné de son éditeur François Guérif. Une occasion, deux grandes rencontres! Il viendra nous parler plus particulièrement de son dernier roman Underworld USA.

Et si vous êtes là, je me ferai un plaisir de vous montrer la section polar puisque c’est dans les allées de cette librairie que je déambule chaque jour. Vous me trouverez probablement pas très loin du lieu de la rencontre.

« Personne ne meurt » … ou presque

23/02/2010

Ouf, enfin, fini. C’est la première pensée qui m’est venue lorsque j’ai fermé le dernier James Ellroy. Pas comme dans déprimée: « c’était mauvais, j’en pouvais plus » mais plutôt comme dans victorieuse: « c’était dur, mais je l’ai fait ».

On ne peut vraiment pas dire que Underworld USA est une lecture facile. C’est long (plus de 800 pages), dense, avec beaucoup de personnages qui se croisent et se recroisent et compliqué. Ce n’est pas un bouquin qu’on lit deux minutes dans le métro, c’est prenant et cela demande de la concentration. Lecteurs de polar du dimanche, s’abstenir.

Cela étant dit, lisez-le! Le jeu en vaut la chandelle.

Underworld USA est le dernier volume de la trilogie qui porte le même nom. James Ellroy s’attaque à la période 1968-1972. Martin Luther King et Robert Kennedy viennent d’être assassinés, Hoover accumule ses dossiers, Nixon est élu, les États-Unis changent.

Difficile de raconter ce livre sans se perdre ou sans en livrer trop. On suit trois hommes qui se promènent entre légalité et illégalité: agent du FBI, employé de la Mafia ou simple chauffeur, mateur à ses heures. Leurs pensées et leurs valeurs vont radicalement changer au fil du roman de rencontres en voyages. On observe trois femmes qui vont être les causes centrales de ces changements: noires, blanches, de gauche, elles se battent pour leurs idées. On a beaucoup dit sur les excès de James Ellroy en public lors de son dernier séjour en France et il a aussi beaucoup été discuté de ses idées politiques. Pourtant, ce que l’on voit dans ce roman, c’est comment des hommes (plutôt de droite) peuvent être changés au contact de femmes (plutôt de gauche). Ellroy dit lui-même dans l’entrevue à Mauvais Genres qu’il voulait rendre hommage à des femmes qu’il avait connu et qui, si elles ne l’avaient pas fait changé d’avis contrairement à ses personnages, l’avaient tout de même marqué. Hommage rendu à mon avis, excessives, engagées, actives, ce sont des femmes fortes que nous présente Ellroy.

À travers ces personnages, il tisse les liens entre pouvoir politique et mafia, entre les États-Unis et la République Dominicaine ou Haïti. Les militants noirs veulent agir. L’information est une force et la légalité est toujours relative.

La structure du roman est aussi originale. On nous fait le compte-rendu de ce qui s’est passé, un narrateur invisible nous raconte, alternant articles de journaux, écoutes téléphoniques, extraits de journaux intimes ou récits. On sait que toutes ces histoires vont se rencontrer et prendre une direction commune, qu’il y a un lien ténu qui se cache, il ne nous reste qu’à suivre Ellroy dans ses détours. Dans son style inimitable, il donne le ton: les répétitions fixent le rythme de notre lecture et rajoutent à la violence verbale, les dates, les titres captent notre attention. Les exclamations en pleine narration nous surprennent. C’est un roman qui, pour donner cette impression de chaos total, est au contraire parfaitement construit. Cela démontre bien à mon avis la grande habileté de James Ellroy.

Mon propos est diffus et il resterait beaucoup à dire mais cela ressemble à l’impression que m’a laissé Underworld USA. Une grande claque dans la tête, besoin d’une aspirine pour me remettre la tête à l’endroit. C’est un polar qui va me laisser des marques longtemps, on ne sort pas indemne de la description des États-Unis selon Ellroy.

James Ellroy, Underworld USA, Rivages, 2010 (Blood’s A Rover, 2009) traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias.

Les Usa selon Ellroy

09/02/2010

Pas d’inquiétude, mon silence prolongé des derniers jours n’est pas lié à un manque de lecture intéressante. Au contraire!

Je suis plongée dans le dernier pavé de James Ellroy, Underworld USA. Laissez-moi le temps de finir (il fait quand même 830 pages et c’est du dense), d’organiser mes idées et je reviens là-dessus. Pour l’instant, je ne suis pas capable d’élaborer, ma pensée s’arrête à Whouah!

Mais pour ceux qui auraient envie d’entendre James Ellroy en personne nous parler de son bouquin, il suffit d’écouter Mauvais genres ou cette autre entrevue en vidéo sur Bibliosurf. Cela éclaire l’auteur et le roman.


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