Archive for the ‘Réflechissons un peu’ category

Bilan avant la fin du monde

15/12/2012

Et oui, voici revenu le temps des bilans, voire même du dernier si la fin du monde s’en vient vraiment! Mais, bon, comme j’ai vaguement un doute, je vais tout de même faire mes cadeaux de noël et puis si je me suis trompée, je n’aurai pas le temps de regretter mes achats.

Laissons les Mayas de côté et repassons au sujet du jour: le top 5 de 2012.

Comme chaque année, j’ai fait l’exercice avec mes collègues en librairie. J’avoue que j’ai eu des années où j’ai trouvé cela plus évident. L’impression est un peu la même par contre, je me dis chaque fois que j’aurai pu prendre ce titre-là ou rajouter celui-ci et il y a les livres auxquels je n’ai pas droit puisqu’ils ne sont pas sortis dans l’année. Et puis, mince, un classement, cela reste toujours discutable et propre à chacun au moment où il le fait. Et j’assume totalement. Du polar, mais pas que, un peu de québécois, du Gallmeister par deux fois et voilà le mien!

Bandeau-Morgane 2012

À la trace de Deon Meyer, Seuil

Je me souviens de Martin Michaud, Goélette

Mayonnaise d’Éric Plamondon, Quartanier

Pike de Benjamin Whitmer, Gallmeister

Le sillage de l’oubli de Bruce Machart, Gallmeister

Si je pouvais choisir un titre plus ancien, ce serait clairement La griffe du chien de Don Winslow.

Puisque j’aime bien me comparer, j’ai deux romans en commun avec Norbert Spehner dans La Presse (À la trace et Je me souviens).

Si ça vous tente, vous pouvez aussi aller voir les sélections de mes collègues, pas de polar mais que du bon. C’est ici.

Et vous, un petit top 2012?

Le polar s’installe à Québec avec QuébeCrime

04/11/2012

Pas encore de critiques. Elles s’en viennent bientôt, dont Pike, de Benjamin Whitmer, qui m’a laissé un goût amer dans la bouche. Ce qui est un énorme compliment vu le genre du roman.

Cette fois-ci, j’avais plutôt envie de vous raconter rapidement ma fin de semaine du 26 et 27 octobre. Vous vous en foutez de mes week-ends? Vous n’avez pas tort. Sauf que là, c’est très polar, alors pour ceux que ça intéresse…

Du 25 au 27 octobre se tenait la deuxième édition de QuébeCrime, festival d’auteurs de crime & mystère de Québec. J’en avais parlé dans mon dernier article et j’y suis allée, of course. Ce n’est quand même pas 3 heures de bus qui pouvaient m’arrêter.

Les rencontres se déroulaient au Morrin Centre dans le Vieux-Québec. C’était un lieu idéal puisque le bâtiment a abrité la prison commune de Québec au 19e siècle. J’aurai dû prendre quelques photos des cellules au sous-sol que j’ai eu la chance de visiter. Pas sûre que j’y aurai survécu à l’hiver, moi! À l’étage se trouve une bibliothèque en anglais. On pouvait difficilement faire mieux pour un évènement polar principalement anglophone.

L’accueil du festival était chaleureux, l’ambiance plutôt sympathique puisque les auteurs se promenaient librement dans la salle où se tenaient les rencontres, avec une longue table pour acheter les livres au fond.

Je n’ai malheureusement pas pu assister à toutes les animations, il faut bien manger et dormir parfois. J’ai privilégié les tables rondes aux lectures pour en apprendre plus sur les écrivains présents. Les sujets de la fin de semaine: « The drama of everyday life: small lives, bigger fears? », « Books to die for: What do readers read? », « Living the double life: to work and to write » et enfin pour la discussion en français: « Le polar québécois: un monde à part? ». Je ne me risquerai pas à tout raconter, ce serait probablement très ennuyeux et je ne suis pas sûre d’arriver à déchiffrer mon petit carnet noir. Je me demande d’ailleurs pourquoi je m’escrime à prendre des notes à chaque fois. Quoique, ça me permet de fixer mes idées et me donne un look journaliste. En résumé, j’ai une préférence pour deux évènements. La table ronde en français puisque j’y connaissais les auteurs et que j’ai trouvé la discussion intéressante avec la participation du public. La rencontre sur les lectures des écrivains m’a fourni une liste de livres à découvrir un peu trop longue pour ma tranquillité d’esprit.

Mes impressions générales. Les auteurs invités venaient principalement du Canada et des États-Unis avec deux Anglais (John Connolly et Mark Billingham) et un Suédois (Mons Kallentoft). Quand on les écoute parler, on a le sentiment que le métier se vit très différemment d’une langue à l’autre. Alors que d’un côté, la première tâche est de se trouver un agent, de l’autre, c’est d’éditeur dont on discute. Une constante par contre, il est partout difficile d’en vivre. Ça, c’est la partie administrative, disons. Pour le reste, j’ai entendu les mêmes préoccupations dans les deux langues, le besoin de travailler les personnages, de créer une intrigue qui se tient, de se réinventer parfois pour ne pas tomber dans la routine. Un écrivain reste un écrivain en anglais comme en français.

Ce qui m’amène à ma déception de la fin de semaine, ne pas avoir vu les auteurs des deux langues échanger, puisque les tables rondes étaient séparées. J’aurais beaucoup aimé les écouter débattre de leur différence et trouver leur point commun; en particulier pour ceux qui parlent d’une même ville, comme Montréal par exemple. Et je pense que cela pourrait être la force de QuébeCrime, faire le pont entre ses deux solitudes littéraires que j’ai pu observer. Ce qui me réconforte, c’est que j’ai l’impression que ni les organisateurs, ni les auteurs ne sont fermés à l’idée. C’est plutôt que cela demande une coordination plus complexe ainsi que des appuis, comme les médias par exemple, qui viendront sûrement avec le temps. Nous n’en sommes qu’à la deuxième édition après tout.

Et j’espère vraiment que cela se fera. Parce que QuébeCrime a tout pour devenir le 3e moment fort de l’année polar au Québec avec les printemps meurtriers de Knowlton et le prix Saint-Pacôme. Ils l’ont prouvé cette fin de semaine, les auteurs sont au rendez-vous et ont des choses à dire. Cela permettrait de promouvoir encore plus le genre en offrant des rencontres différentes. Les amateurs y prendront plaisir comme l’ont déjà clairement fait ceux qui étaient présents dans la salle.

Et la groupie qui se cache parfois en moi? Elle a discuté pubs dublinois avec John Connolly (The Long Hall, sur Georges Street!), elle a pu glisser à Mons Kallentoft qu’elle aimait bien ses livres (il m’a d’ailleurs répondu que son prochain sortirait au printemps au Seuil) et pris un verre avec des auteurs québécois qu’elle apprécie. Pas mécontente de sa fin de semaine, la fille!

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Et si ça vous tente que je vous raconte à nouveau, mais en audio, j’ai participé mardi dernier à Mission encre noire sur Choq.fm. À écouter en podcast ou sur le site. Dans les deux émissions précédentes, je parlais des éditions Gallmeister et du roman de Gillian Flynn, Les apparences. Ma parenthèse radiophonique est terminée, je laisse le micro à Hélène qui revient de vacances. Par contre, je suis certaine qu’il y aura d’autres collaborations Mission encre noire et Carnets Noirs. Les deux sont faits pour s’entendre.

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Je vais quand même présenter un livre puisque je n’ai pas pu m’empêcher d’en acheter un au festival. Il s’agit en fait d’un livre des livres. Cela s’intitule Books to die for et John Connolly et Declan Burke y ont recueilli des textes d’auteurs de polars reconnus qui parlent de leur polar favori. David Peace écrit sur La clé de verre de Dashiell Hammett, Deon Meyer sur Ed McBain ou encore Jo Nesbo sur Jim Thompson. Vous avez l’idée. Je n’ai pas eu le temps de me lancer, mais ça promet d’augmenter ma liste mentale de tout ce que je n’ai pas encore lu.

« From the first page of 3 to kill, from virtually any page of Manchette, you know right away that you’re in the hands of a master, that the safe, predictable carnival ride for which you’ve paid has become more like plunging headlong and helpless down rapids. »

C’est James Sallis qui parle du Petit bleu de la côte ouest de Jean-Patrick Manchette. Comme quoi, les ponts ne sont pas difficiles à franchir parfois.

Saint-Pacôme, saveur polar

24/09/2012

À cette période, ce n’est pas seulement l’arrivée de l’automne, c’est aussi le temps de prendre l’A20 direction le Bas-Du-Fleuve pour une fin de semaine très polar!

On remettait samedi le prix de Saint-Pacôme, petit village devenu depuis 11 ans la capitale du roman policier. Allez j’avoue, j’ai une énorme tendresse pour l’évènement. Le lieu est magnifique, les gens plus que charmants et les discussions passionnantes. Et en plus, il faisait soleil! Récit d’un week-end polardeux.

To flic or not to flic

Les choses sérieuses commencent dès l’après-midi par la table ronde. Cette année, le thème en était « To flic or not to flic? ». Pour parler du sujet: deux des auteurs finalistes au prix, Richard Ste-Marie et François Gravel, Jean Pettigrew, éditeur chez Alire, un ancien policier, Réjean Joncas et le président d’honneur de cette année, Michel Dumont. À Éliane Vincent, qui animait la discussion de canaliser ces cinq bavards qui avaient tous leur mot à dire. Il semblerait donc que l’auteur de polar se doit d’être cohérent, mais surtout il ne doit pas oublier qu’il fait de la littérature. S’il relatait vraiment le quotidien d’un flic, le roman pourrait vite être d’un ennui… mortel. L’important est que le lecteur doit croire aux personnages.

François Gravel a fait la remarque que tous racontent plus ou moins la même histoire: un ou plusieurs meurtres. Ce qui fait la différence, c’est la voix de l’écrivain. Richard Ste-Marie de son côté nous explique vouloir montrer l’humanité des policiers à travers son héros. Conclusion, le flic actuel n’est pas alcoolique, divorcé et complètement cynique, même si cela reste très présent dans l’imaginaire. Personnellement, je les préfère buveurs de bourbon à buveur d’eau, au moins dans la fiction.

À table!

En soirée avait lieu le gala en lui-même. Passons sur les détails (qui ont leur importance), la salle était très agréable, la déco lui donnant un cachet polar, et le repas était excellent. Il faut bien nourrir le corps en même temps que l’esprit. Nous avons eu droit à une présentation des trois finalistes à travers la voix de Michel Dumont (pour les Français, c’est un acteur québécois bien connu), cela mettait immédiatement dans l’ambiance.

À la fin de la soirée, les résultats tant attendus: le prix Saint-Pacôme récompense Maxime Houde pour son roman L’infortune des bien nantis aux éditions Alire. Il lui faudra faire son discours par Skype puisqu’il n’était pas sur place. Vive la technologie! Richard Ste-Marie a pu, lui, nous annoncer en direct qu’il serait de retour l’an prochain en recevant le prix Coup de coeur pour L’inaveu chez Alire également. Je suis persuadée que l’on reverra aussi François Gravel qui écrivait avec À deux pas de chez elle (chez Québec-Amérique) son premier polar. Son héroïne Chloé Perreault n’a pas dit son dernier mot.

30 romans, ça fait du monde

Côté technique. Le prix Saint-Pacôme est décerné par un jury de trois personnes, dont le gagnant de l’année précédente (il s’agissait de Martin Michaud pour cette édition). Le « coup de coeur » est le résultat des délibérations du cercle de lecture de la bibliothèque de St-Pacôme dont j’ai l’immense plaisir de faire partie. Là encore, vive la vidéoconférence!

Pour en arriver là, il nous aura fallu lire les 30 romans en lice et j’en profite pour faire un retour rapide sur la cuvée 2012. Premier constat, peut-être un peu négatif, pas de grande claque ou de découverte bouleversante. Par contre, pendant positif, beaucoup moins de textes catastrophiques! Il y a bien sûr quelques livres que je n’ai pas finis (par décision entièrement assumée), mais dans l’ensemble, le polar québécois a maintenant ses auteurs, avec leur style et leur ton propre. Le flic québécois n’est plus seulement de Montréal, il s’installe à Québec, mais également en région avec des passages par l’étranger. Les genres aussi se diversifient; enquêtes, thriller, historique, les lecteurs écolos qui veulent lire des locaux n’ont qu’à faire leur choix, il y en a pour tous les goûts!

Selon moi, le roman policier québécois peut tenir sa place fièrement sur les tablettes à côté de ses collègues étrangers. La production se multiplie et le niveau ne cesse de s’améliorer. Cela promet de belles années de lecture à venir.

Et je ne peux tout de même pas finir de parler de St-Pacôme sans quelques remerciements (c’est de voir autant de discours, ça déteint). Alors merci à Éliane pour tout, à Claudette pour l’accueil absolument parfait et au reste du cercle de lecture pour le plaisir de la discussion, on se retrouve l’an prochain!

Pas vrai pantoute!

15/09/2012

J’ai déjà écrit plusieurs fois que je ne voulais pas faire de critiques négatives. Je n’ai pas de temps à perdre et en plus, il y a plein de bons livres à défendre. Ceci étant dit, certains coups de gueule méritent d’être exprimés.

Vous imaginez bien que je ne me fâcherais pas juste pour un mauvais roman. Cela m’arrive d’en rencontrer, je les commence, les termine ou pas selon mon humeur et les abandonne dans un coin en espérant les oublier au plus vite. Non, cette fois-ci il y avait beaucoup de potentiel et même plus.

Il s’agit de Dernière nuit à Montréal de Emily St.John Mandel publié chez Rivages. Premier roman d’une Canadienne anglophone, l’action s’y passe en partie à Montréal; rien de mieux pour attirer mon attention. On y raconte l’histoire de Lilia, enlevée à l’âge de sept ans par son père et qui va fuir toute sa vie de ville en ville. De loin la suit Christopher, un détective privé engagé par sa mère pour la retrouver, abandonnant pour poursuivre son enquête sa fille Michaela. C’est aussi Eli, étudiant new-yorkais qui tombe amoureux de Lilia et voyage jusqu’à Montréal à sa recherche.

Soyons honnêtes, sur certains plans, le livre a tenu ses promesses. Jean-Marc Laherrère parle « d’un roman un peu hypnotique, qui vous attache sans en avoir l’air, tout en finesse, avant de vous laisser sur le quai, une impression douce amère dans la tête » et je suis tout à fait d’accord.

J’ai aimé les personnages crées par l’auteur, la douce folie de Lilia qui ne peut rester longtemps au même endroit, celle beaucoup plus destructrice de Christopher qui perdra sa propre famille à la recherche d’une enfant qu’il ne connait pas. Emily St.John Mandel construit son roman d’une façon très intéressante, sautant dans le temps et dans l’espace, nous rapprochant toujours plus de la raison de l’enlèvement de Lilia. Les méchants ne sont pas ceux qu’on croit bien sûr.

Un très bon polar donc sous bien des aspects. Alors pourquoi ma mauvaise humeur?

Parce que Montréal! J’ai lu qu’elle y avait vécu très brièvement. Il semblerait que cela ne lui ait pas plu, elle a le droit. Elle aurait sûrement dû y rester plus longtemps pour en parler, car sa description n’est pas la réalité. On s’en fout, me direz-vous, c’est un travail de fiction. Vrai! Mais on ne s’en fout pas quand il s’agit de toucher à la question, politique ici, de la langue. Emily St.John Mandel dépeint une ville où un anglophone ne peut pas se débrouiller, où dans la rue, les passants n’aideront pas s’il ne s’exprime pas en français. Elle ajoute même une anecdote de Michaela qui aurait dit bonjour à un enfant en anglais et en aurait perdu son emploi pour cause de loi 101. Are you kidding me? Ce n’est pas le Montréal que je connais et que j’habite au quotidien. Le quartier dont l’auteur parle, rue St-Catherine, fonctionne énormément en anglais étant très touristique. Plus loin du centre, mes voisins sont de plus en plus nombreux à vivre dans cette langue. Il n’y a pas longtemps, une journaliste 100% anglophone a même fait l’expérience de s’installer dans la métropole pendant sept semaines sans un mot de français; conclusion: "So Easy".

Je ne suis pas vindicative et je n’ai pas l’intention de faire ici un discours identitaire, je laisse cela à d’autres et ce n’est pas le lieu. Par contre, j’ai dû mal à accepter qu’une auteure véhicule une idée aussi préconçue, simpliste et fausse d’une ville et d’un peuple. En résumé: Montréal parle une langue moribonde, il y fait froid et ce n’est pas très beau. Cela aurait peut-être moins d’importance s’il n’y avait pas les réactions des médias canadiens à l’élection d’une première ministre issue d’un mouvement indépendantiste. Il existe déjà assez d’incompréhension entre les deux solitudes, il n’est pas utile d’en rajouter.

Alors voilà, cela a suffi à me détourner totalement de ce roman pourtant bien écrit et bien construit. Parce qu’en tant qu’auteure, elle a aussi une certaine responsabilité selon moi et elle est totalement passée à côté.

Emily St.John Mandel, Dernière nuit à Montréal, Rivages, 2012 (Last night in Montreal, 2009), traduit de l’anglais par Gérard de Chergé.

Merci David Vann

05/11/2011

Je disais dans mon texte précédent ne pas être une fan. C’est toujours vrai, mais bon, quand la personne en question ressemble à David Vann, je peux quand même glisser légèrement vers la groupie attitude. L’auteur de Sukkwan Island et de Désolations nous a fait l’honneur d’être à la librairie Monet mardi dernier alors qu’il passait quelques jours au Québec. On m’a proposé d’animer la soirée et j’ai très bêtement accepté sans penser à la tonne de stress que cela allait engendrer. Car très vite ont jailli les interrogations: Comment est-ce qu’on parle à quelqu’un qui a eu le Médicis? Qu’est-ce que qu’on lui demande? Et si mes questions lui paraissent stupides? Et s’il répond en trente secondes et me laisse dans un silence infini et très gênant? Cela a donné des heures d’insomnie (peut-être pas tant que ça, mais un peu quand même) à gamberger sur cette entrevue.

J’aurais mieux fait de passer ces heures-là à dormir du sommeil du juste, car recevoir David Vann, c’est comme accueillir un vieil ami de la famille.

Sympathique, généreux, peu avare en confidence, bavard, drôle, les adjectifs positifs ne manquent pas pour le décrire. La salle n’était pas très pleine (pas assez à mon goût), mais ceux qui étaient venus s’intéressaient à l’auteur et avaient lu ses romans. Il a su très vite mettre tout le monde à l’aise, y compris moi, ce qui n’était pas gagné.

Il nous a parlé de son apprentissage de l’écriture (même s’il a toujours écrit) qui s’est fait petit à petit de 19 à 29 ans avec un recueil de nouvelles dans lequel on retrouve Sukkwan Island. Il a travaillé sur ces textes parce qu’il éprouvait le besoin de s’exprimer sur le suicide de son père quand il avait 13 ans, une manière de dédramatiser la chose peut-être. En même temps, pour lui, la fiction n’est pas seulement un exutoire ou un message, il a aussi une très forte volonté esthétique et ceux qui ont lu ces livres ne peuvent que comprendre. À l’image de Gary, son personnage, il s’intéresse aux langues anciennes, au latin ou au vieil anglais. Ses phrases très travaillées reprennent des rythmes poétiques aux sonorités qui se répondent.

Professeur en création littéraire, il explique à ses élèves que les règles qu’il a lui-même apprises ne lui ont servi à rien. Par exemple, l’idée que la correction est importante; dans son cas, il n’y en a presque pas, le texte publié est souvent à peu de choses près celui qu’il a écrit initialement. Son but est d’en faire des lecteurs avant tout, le reste suivra de lui-même. Lorsque je le questionne sur ces auteurs favoris, il cite Annie Proulx, Cormac McCarthy, Elizabeth Bishop, Gabriel Garcia Marquez.

Alors que ces livres sont empreints de noirceur et de gravité, l’homme est plein d’humour et il a provoqué des rires dans la salle à plusieurs reprises. Il arrive même à faire sourire sur des sujets plus que sérieux comme les nombreuses morts violentes dans sa famille (cinq suicides et un meurtre). Comment, demande-t-il, pourrait-il écrire des comédies avec un tel bagage? Mais au récit de sa vie, on comprend mieux ses textes et sa profonde connaissance de l’âme humaine.

Il y a le rapport à la nature aussi, primordial dans ses deux livres. Contrairement aux romantiques et à l’idéologie américaine, pour lui, la nature ne sauve pas l’homme, elle ne fait pas ressortir ce qu’il a de meilleur en lui. Au contraire, plus son personnage est troublé, plus il aura un lien conflictuel avec cet environnement hostile qui l’entoure et qui n’est qu’un miroir. Il n’est pas donné à tout le monde de vivre en Alaska et après avoir écouté David Vann en parler, on se dit qu’un séjour là-bas n’est peut-être pas indispensable. Pourtant lui-même admet sa dualité, il écrit sur la difficulté des contrées sauvages et il passe une partie de sa vie à se confronter à ces éléments que ce soit dans des randonnées ou sur son voilier (il a déjà fait naufrage sur un bateau qu’il avait lui-même construit). Il a d’ailleurs choisi de vivre en Nouvelle-Zélande, justement pour sa nature et le fait qu’il y avait peu d’habitants.

Ce qui marque aussi au-delà de ses connaissances littéraires et de son humour, c’est sa grande humilité. David Vann sait la chance qu’il a eue de voir ses titres publiés. Il parle avec beaucoup de reconnaissance de ses différents éditeurs, en particulier son éditeur français, Oliver Gallmeister, qui neuf mois avant tous les autres étrangers a compris qu’il avait un excellent livre entre les mains, l’a fait traduire et l’a défendu auprès des médias. Il remercie les libraires aussi d’avoir conseillé ses romans à leurs clients.

Son discours se fait plus politique lorsqu’il en vient au sujet des Américains et de leur conception profonde qu’ils font le bien dans le monde, ce qui est selon lui un mensonge éhonté dont ils se sont persuadés. L’homme a des valeurs et il les défend. D’ailleurs, son dernier livre en anglais est le récit d’une fusillade qui a réellement eu lieu dans une école aux États-Unis; cela lui permet de parler de l’amour pour les armes de ses compatriotes.

À la fin de la rencontre, le public avait des questions et il y a répondu de façon complète comme pendant l’entrevue.

En tant que lectrice, mais aussi dans le rôle de l’animatrice, il s’agit d’une expérience que je ne suis pas prête d’oublier, David Vann vous donne l’impression à chaque instant que ce n’est pas lui qui vous fait une faveur en répondant aux questions, mais vous qui êtes trop aimable de les lui poser.

Comme première entrevue, je pouvais difficilement rêver mieux. Merci David Vann pour votre générosité. Et j’attends avec impatience la sortie de Dirt, son prochain roman, en 2012 en anglais et 2013, en français toujours chez Gallmeister bien sûr.

Pour ceux qui voudraient un compte-rendu plus complet, Richard nous a fait ça très bien sur Polar, noir et blanc, Sous un pissenlit a extrait la phrase qui l’avait marquée le plus, l’essence de la rencontre. Et si vous avez envie d’entendre l’auteur lui-même, et moi pour les questions, vous pouvez voir quelques minutes de l’entrevue ou l’écouter dans son intégralité sur Airelibre.tv.

Polar québécois, du bon et… (Saint-Pacôme volet 2)

01/10/2011

Un prix de polar québécois, c’est bien, deux, c’est encore mieux (je compte le prix coup de coeur de Saint-Pacôme). Sauf que, cela veut dire quoi, dans les faits? Être juré, quel effet ça fait? J’avais donc envie de vous donner mes impressions de l’intérieur. Non, je ne vous révélerai rien des différentes tractations qui ont eu lieu (ne t’inquiète pas Richard, je resterai muette sur tes tentatives de corruption à coup de verres de vin!). Il s’agit plutôt d’une réflexion personnelle sur le polar québécois de cette année.

Tout d’abord, soyons clair, il y avait là beaucoup de premières pour moi: première dans un jury littéraire de taille, première pour la lecture d’autant de polars québécois, sous-entendu beaucoup de découvertes et peu de points de comparaison avec les années précédentes.

Trente-quatre titres étaient en lice, cela ne veut pas dire tous les livres parus dans l’année, mais cela donne quand même un large panorama et les principaux auteurs reconnus du genre étaient dans la liste.

Premier constat et non de moindre importance: il y a vraiment du bon là-dedans, assez pour nous faire discuter longtemps sur celui qui méritait le prix coup de cœur avec des arguments tous valables. Je ne regrette absolument pas notre choix, Guillaume Lapierre-Desnoyers nous a offert une très agréable surprise avec Pour ne pas mourir ce soir, mais Martin Michaud, Jacques Côté, André Marois, Stanley Péan et quelques autres ont aussi écrits des romans d’une grande qualité qui doit être soulignée.

J’ai pu remarquer des maisons d’édition qui n’étaient pas forcément connues pour leur littérature policière (Goélette, Lévesque éditeur) se lancer ou continuer leur publication de façon tout à fait honorable.

Voilà pour le positif qui ne peut exister sans sa balance négative puisque, comme discuté à la table ronde de Saint-Pacôme, nous sommes confrontés à la loi de Sturgeon: « Quatre-vingt-dix pour cent de toute chose est du déchet. » Règle qui, selon lui, s’appliquait autant à la science-fiction dont il voulait parler qu’aux autres genres. Et effectivement, cela marche aussi au polar. On exagère peut-être le 90 % et j’ai déjà cité plus de 3,4 auteurs de la cuvée 2011, mais quand même.

D’un côté, on trouve l’auto-édition ou alors de très petits éditeurs qui ne sont pas tous parfaits, loin de là. Je vais paraître très cruelle et abrupte: dans la majorité des cas, si un livre n’est accepté par aucun éditeur, le problème ne vient pas des éditeurs, mais du roman en question. Il y aura toujours des exemples de chefs-d’œuvre qui n’auront pas été publiés, ils restent l’exception et non la règle. J’ai également remarqué que souvent dans ces cas-là, le mot d’ordre de la maison d’édition est d’être au service de l’auteur. Et là, j’ai un problème. On ne peut pas effacer le travail d’édition, c’est lui qui transforme un bon livre en excellent roman. Je crois que tout auteur a besoin d’un éditeur et de son équipe pour avoir une vue d’ensemble, faire un réel travail d’édition, de réécriture puis de correction et de révision. Enlevez cela et vous vous retrouvez trop souvent avec des auteurs du dimanche. Être éditeur est un métier, cela ne s’arrête pas à choisir un imprimeur et une couverture. Et je ne me lancerai même pas sur la politique éditoriale nécessaire à une maison pour avoir une image.

De l’autre côté, on trouve aussi des auteurs qui, à mon avis, se reposent sur leurs lauriers. Ils se sont fait une certaine renommée, sont connus du grand public et se contentent de reprendre une formule qui avait déjà fonctionné. Pas de surprises, mais pas de danger non plus. Là encore, j’ai tendance à reprocher autant à l’auteur qu’à l’éditeur qui laisse cet état de fait puisque cela continue de vendre. Dommage quand même, car je pense que d’autres lecteurs plus difficiles pourraient être attirés, mais ne le seront pas si cela sent le réchauffé.

Et finalement, il y avait les titres qui n’avaient pas vraiment leur place puisque ce n’était pas des romans policiers. Je ne suis pas puriste et je réfléchis le genre au sens large, mais cela reste tout de même un prix polar.

Voilà donc un bilan rapide de mon expérience. En résumé: quelques lectures difficiles, quelques romans pas terminés, quelques fous rires non intentionnés de la part de l’auteur suivi de fureur de ma part, mais aussi et surtout quelques excellentes découvertes. Et ce sont ces trouvailles-là qui me donnent envie de recommencer, car si on reprend la loi de Sturgeon et qu’on pense qu’il se publie chaque année au Québec quelques polars de plus, on peut espérer pour bientôt une bien belle crème de la crème!

Besoin d’un alibi?

31/01/2011

Je ne suis en général pas très portée sur les revues. Mais il faut tout de même saluer la parution d’une nouvelle venue spéciale polar: Alibi. Attention à la confusion au Québec, il ne s’agit pas de la revue bien connue Alibis mais d’une consœur française.

Tout d’abord, pour la vue, l’objet est assez beau: papier de qualité, photos léchées, format original, travail de mise en page.

Pour la lecture? J’en suis presque à la fin et tous les articles m’ont intéressée, pas si courant dans mon cas!

Le concept est intriguant puisqu’il s’agit de parler polar en mêlant fiction et réalité, littérature et faits divers. Dans ce premier numéro, on retrouve des entrevues d’auteurs (R.J. Ellory, Marcus Malte), le portrait d’Édimbourg vu à travers le regard de Ian Rankin ou encore des articles sur Guy Georges, le tueur de l’est parisien, et un tueur en série italien. Cela part dans toutes les directions pourvu que cela soit noir: littérature, cinéma, séries télé. De quoi engranger de nombreuses idées pour les soirées froides (et on va en avoir besoin avec les -20° d’aujourd’hui!).

Le premier numéro s’attache plus particulièrement aux auteurs qui connaissent bien le milieu criminel pour l’avoir fréquenté d’un côté ou de l’autre de la barrière. Quand flics et malfrats prennent la plume, cela peut devenir passionnant. Vous reconnaitrez facilement certains noms sous les articles, des passionnés du genre qui peuvent nous en apprendre beaucoup.

S’il faut à tout prix des critiques, je n’en ferais que deux. Le prix (15 euros) me parait un peu élevé même si l’objet est beau et complet. la deuxième? Le dossier de presse parle d’un nouveau concept entre magazine et livre, soit un « magbook ». Les québécois doivent commencer à déteindre sur moi parce que ce mot-là ne me plait vraiment pas!

À part ces légers détails, pour l’instant, rien d’autre à dire à part beaucoup de bien. Mais je vous laisse aller y jeter un coup d’œil vous-même, vous la trouverez en librairie.

Malheureusement, d’après mes premières recherches, elle n’est pas encore distribuée au Québec mais je me renseigne et je vous tiens au courant.

Le cadavre est exquis quand il est servi avec une andouillette!

07/12/2010

Encore une fois, mon silence ne veut pas dire que je n’ai rien à dire mais plutôt que je n’ai pas le temps de le faire. J’espère vous raconter bientôt les évènements du salon polar à la librairie Monet et je viens également de finir le dernier Dennis Lehane, Moonlight Mile.

En attendant, pour ceux qui ne connaissent pas encore L’Exquise Nouvelle, je vous offre de la lecture directement sur votre ordinateur.

Explications des créateur eux-mêmes: "Une idée originale de Maxime Gillio proposant l’écriture d’une nouvelle façon cadavre exquis avec des vrais morceaux d’auteurs dedans. "

L’expérience durait depuis août et on pouvait suivre l’écriture au fur et à mesure sur le groupe Facebook de L’Exquise Nouvelle. La nouvelle est aujourd’hui terminée et vous pouvez la lire dans son intégralité ici. Vous y retrouverez des auteurs qui ne vous sont pas inconnus et même quelques auteurs québécois . L’idée est excellente, cela donne un récit drôle et jouissif, bordélique juste ce qu’il faut pour notre plaisir. On a l’impression que les auteurs se sont amusés et nous avec. Voilà une réponse intelligente à comment utiliser Facebook et les médias sociaux en littérature pour faire quelque chose d’original et même si l’idée du cadavre exquis n’est pas nouvelle, pouvant toucher plus d’auteurs et un public plus large. J’espère qu’ils recommenceront l’expérience.

Mais je vous laisse découvrir le tueur à l’andouillette sans plus d’explication. Une bouteille de Chinon pourrait par contre vous être utile.

Ah, au fait, la neige sur le blog c’est parce que Montréal vient de connaître sa première tempête et que j’aime ça! Par contre, je suis preneuse si un auteur de polar en mal d’exercice physique après tout ce travail intellectuel voulait déneiger devant chez moi.

Engageons-nous, lecteurs de polars!

21/09/2010

À Montréal, c’est le temps du FIL, le Festival International de Littérature. Au programme, rencontres, lectures, spectacles et hommages. On y retrouve aussi un petit volet polar, Lisez l’Europolar, avec entre autres deux tables rondes organisées samedi dernier. Il n’y a pas beaucoup d’évènements autour du policier, en tout cas pas assez à mon goût. Je ne pouvais pas laisser passer l’occasion et me voilà donc à la maison des écrivains.

La première rencontre s’intitulait Qui sont les véritables héros des romans policiers? Elle était animée par Chrystine Brouillet avec comme invités Teresa Solana, une Catalane, et Francisco José Viegas, un Portugais. Je crois que je parlerai assez peu de cette première table ronde, on m’accuserait de faire du mauvais esprit. Et puis j’aurais plutôt envie de vous dire tout ce que cela aurait pu être plutôt que ce que cela a été. C’est vrai, qu’est-ce qu’un héros de polar? Comment conçoit-on un personnage principal qui peut aussi être le tueur et tout de même le héros du livre? La question est large, car quel peut être le point commun entre Philip Marlowe, Pepe Carvalho, Adamsberg, John Rebus et tous les autres? Mes oreilles étaient grandes ouvertes, cela aurait pu être un sujet passionnant mais… dommage. Allez, j’arrête là. J’irai peut-être jeter un coup d’œil sur les livres de Viegas, l’auteur m’a plu.

Puis, pour nous permettre de relaxer avant la deuxième table ronde, une pause d’une trentaine de minutes. Petite note pour le FIL, c’est long trente minutes quand on ne connait personne, qu’on ne fume pas, qu’il n’y a pas de café, qu’on n’a pas envie de faire le pied de grue dehors et que finalement on est là pour écouter des gens parler de ce qu’on aime. Ça m’a bien permis d’avancer dans Un employé modèle, c’est sûr, mais quinze minutes auraient suffi à mon avis.

Et donc, retour pour la deuxième table ronde. Stanley Péan anime (magistralement) la rencontre Littérature policière, littérature engagée? avec Massimo Carlotto, un Italien, et Juan Madrid, un Espagnol. Alors, là, on me parle! Le niveau vient de monter d’un cran, la passion avec. Une heure trente d’échanges pour nous dire la corruption, la violence étatique, les dangers du capitalisme et comment le roman noir peut être l’outil idéal pour nous raconter cette réalité. Ça fait mal et en même temps qu’est ce que ça fait du bien. Avec un magnifique accent espagnol, Juan Madrid nous dit que « la littérature est politique » et il nous raconte ce que veut dire être un auteur politique en Espagne actuellement. Dans un italien rapide et aidé par son traducteur Laurent Lombard, Massimo Carlotto répond à l’auteur espagnol, parlant de la corruption italienne, de la mafia qui ne lit pas et qui donc n’attaquera pas l’auteur de fiction qui la dénonce. Il cite un auteur que je n’ai malheureusement pas noté et qui disait à peu près « j’écris pour que le mensonge triomphe ». Ça change du polar de plage, non? Ils nous expliquent que c’est une nouveau fonctionnement littéraire qui s’organise où le lecteur contacte l’auteur pour lui parler de cas précis. Une littérature engagée? Oh oui et pas qu’un peu. Je les écoute et je vois à travers eux Dominique Manotti, Manuel Vázquez Montalbán et les autres poulpes de ce monde littéraire que la société ne laisse pas indifférent et qui chacun à leur manière nous parle du monde dans lequel nous vivons.

Ouf, ça fait du bien à écouter, ça donne envie de lire encore plus de polar, enfin du bon! Et ça donne envie de se fâcher un peu aussi. Car c’est là mon petit coup de gueule peut-être complètement injuste. C’est bien que le FIL donne une place au polar dans sa programmation, même très bien. Dommage que ce ne soit pas vraiment mieux publicisé car la salle n’était pas très pleine. En plus, et mea-culpa si je me trompe, elle était peuplée en bonne partie de membres des différents centres culturels et ambassades qui participaient à l’évènement. Ça discutait sec dans mon dos en italien. L’autre partie de l’audience, sans vouloir vexer personne, se composait du public habituel des tables rondes de festivals littéraires, soit des femmes d’âge moyen (ce qui ne les empêcheraient pas de lire du polar, d’ailleurs, mais j’ai comme un doute). Ce n’est pas que je ne veux pas qu’elles soient là, au contraire. C’est plutôt que je cherche l’autre public, celui qui me ressemble et qui mange du polar au petit déjeuner. Où te caches-tu public mauvais genre pour poser tes questions pointues et passionnées? C’est un peu trop propret ici. Je me demande s’il en est de même en France et j’en doute, je lis trop de compte-rendus de rencontres sur les blogs polar.

Dommage, encore une fois. Mais ce n’est pas grave, peut-être la prochaine fois. En tout cas, moi j’y crois à des discussions passionnantes autour du polar à Montréal, et Stanley Péan, Juan Madrid et Massimo Carlotto m’ont fait entrevoir que c’était possible.

Soyons verts, lisons les auteurs locaux!

08/05/2010

Ah le polar québécois! Tout un débat vraiment. Les lecteurs savent-ils qu’il y a autre chose que Chrystine Brouillet? J’exagère mais pas tant que ça. Il y a ceux qui ne jurent que par lui, peu nombreux il faut l’avouer, et ceux pour qui tout y est mauvais, heureusement pas nombreux non plus. Et puis il y a les autres, dont je fais partie, avides d’en connaître toujours plus et ouverts aux auteurs d’ici.

Alors pour nous, Norbert Spehner a concocté un document intitulé Le roman policier au Québec.

Il y regroupe une cinquantaine de polars écrits par des québécois ou des auteurs vivants ici depuis si longtemps qu’on a oublié qu’ils venaient d’ailleurs. On y retrouve des noms que j’ai déjà eu le plaisir de lire, André Marois, André Jacques ou encore Jean-Jacques Pelletier et puis beaucoup d’autres à découvrir. Par ordre alphabétique, vous aurez droit à un tour d’horizon de ce qui se fait dans la Belle Province de Luc Baranger à Patrick Senécal en passant par Maurice G. Dantec. Et pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus, Norbert Spehner nous fait un bref historique du genre à la fin. De quoi permettre aux lecteurs québécois de reconnaître leurs auteurs et aux autres de faire quelques trouvailles loin de chez eux.

Et si en plus c’est en direct d’Internet, pourquoi ne pas y aller jeter un œil tout de suite: Le roman policier au Québec

Allez, je vous rassure, bien sûr on y trouve Chrystine Brouillet… mais pas que et c’est la diversité qui fait du bien!


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