Virée à Hootie Hoot
Hap Collins déprime et se pose des questions existentielles? A-t-il raté sa vie? Doit-il aménager avec sa copine, Brett ? Et de là, quand partira-t-il de chez son ami Leonard? Pendant ce temps-là, caleçons et chaussettes sales s’accumulent sous le canapé et l’ami en question est proche de péter un plomb, ce qui n’est jamais bon signe chez lui.
Heureusement, une diversion arrive. Brett reçoit des nouvelles de sa fille et elles ne sont pas bonnes. Tillie est prostituée et il semblerait que pour une fois elle essaye de s’en sortir, sans grand succès. Lorsque Brett demande à Hap de l’aider, il embarque Leonard qui ne demande pas mieux, quelques armes pour l’amusement et les voilà partis tous les trois pour un road trip qui les amènera jusqu’au Mexique.
Comme toujours avec Lansdale, on va croiser des personnages plus bizarres les uns que les autres. En vrac, un nain en costume de cow-boy, une bande de motards complètement timbrés, les Banditos Supremes et Bob le tatou qui va adopter Leonard.
Ça va se finir en guerre généralisée et il va falloir sortir les armes. Tout ne peut pas toujours se résoudre pacifiquement, surtout avec ses deux-là. Hap a bien quelques problèmes de conscience mais Leonard est là pour lui remettre les idées en place.
Et le plaisir est au rendez-vous. C’est violent et drôle à la fois, tellement gros que ça en devient loufoque. Tout le monde est un loser en puissance, et la moralité a des limites bien particulières. En gros, le monde tel qu’on le connaît mais juste la partie Texas profond, armes à gogo et psychopathes pas très sympas. Le politiquement correct en prend un coup et la vulgarité est de sortie.
Ça ne vous donne pas envie de le lire? Non, parce que vous devriez vraiment. C’est une lecture jubilatoire. Et ça finit bien sûr en apothéose. Et toute cette violence pour arriver à quel résultat? Finalement, est-ce que ça compte tant que ça défoule Hap et Leonard. Et puis le monde en est sûrement un peu meilleur. Quoique, peut-être pas… Mais Bob le tatou a au moins trouvé une maison.
« Qui a dit que j’étais en colère? répliqua Leonard. J’aime juste regarder un nain prendre une branlée. »
Joe R. Lansdale, Tape-cul, Gallimard, 2004 (Rumble Tumble, 1998) traduit de l’anglais par Bernard Blanc.
Tags: Joe R. Lansdale, Tape-cul
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14/11/2009 at 4:56
Les aventures de Hap et Leonard sont savoureuses, drôlissimes et plutôt très violentes, servies par la langue de Lansdale toujours superbement traduite par Blanc. « L’arbre à bouteilles » m’avait semblé être le plus intéressant de toute la série, surtout pour sa densité narrative.
16/11/2009 at 5:17
Pour ma part j’ai un faible pour le mambo des deux ours, celui que j’ai trouvé le plus sombre.
Mais j’ai aussi adoré tape-Cul et comme tu dis, le côté très incorrect, en particulier avec ce que va subir le nain.
Un seul conseil, si vous ne voulez pas passer pour cinglé, évitez de le lire en public, parce que les éclats de rire arrivent sans prévenir.
16/11/2009 at 11:10
il faut aussi faire attention à la manière de le présenter. Je crois que j’ai perdu l’estime des certains clients quand j’ai dit qu’un nain en costume de cow-boy se prenait une raclée et que c’était vraiment très drôle
21/11/2009 at 5:18
Je ne connais Lansdale que par Les Marécages, un bouquin extraordinaire. Bizarrement, je n’en ai pas lu d’autres. Bien que mon pote Vincent les lise tous et me dise qu’ils sont tous très bon, voire extra. Il va falloir que je m’y mette.
21/11/2009 at 11:25
Il faut vraiment essayer. Les marécages était effectivement très bon et j’avais beaucoup aimé aussi Sur la ligne noire. Mais la série Hap et Léonard fait en plus du bien aux zygomatiques.